La page Silvio Berlusconi est-elle tournée en Italie ? Chassé du Parlement, l'ex-Premier ministre entend bien continuer à peser en politique et perturber, par tous les moyens, l'action du gouvernement pour l'heure débarrassé d'un allié encombrant. « Il ne faut jamais oublier qu'en dépit de tout, il a encore à ses côtés six à sept millions d'électeurs fidèles. Tant qu'il pourra compter sur ces suffrages et ses ressources financières et médiatiques, le Cavaliere n'est pas fini », écrit le professeur Roberto D'Alimonte dans les colonnes du Sole 24 Ore. « Son vrai problème, c'est de réussir à conserver la fidélité de ces électeurs », conclut-il.
Silvio Berlusconi a d'ailleurs promis mercredi de continuer son « combat » politique, devant des milliers de partisans venus le soutenir devant sa résidence au moment du vote sur sa déchéance. « Même sans être parlementaire, on peut combattre pour notre liberté », a-t-il clamé devant ses partisans enthousiastes.
Le passage de Silvio Berlusconi et de ses élus réunis dans Forza Italia (FI) à l'opposition ne met pas en danger le gouvernement. Au contraire, selon le Premier ministre Enrico Letta, la coalition gauche-droite au pouvoir est désormais « plus soudée ». L'exécutif dispose d'une majorité parlementaire suffisante, grâce à l'appui des ex-partisans modérés du Cavaliere qui ont fait scission et se sont regroupés au sein du Nouveau centre droit (NCD).
« Il ne faut jamais dire cependant que c'est la fin de la capacité de Silvio Berlusconi de peser sur l'opinion publique du pays », met en garde le professeur de philosophie politique Giacomo Marramao. « Berlusconi parle à une couche sociale très importante, celle des indépendants, qui n'est pas faite seulement des grands entrepreneurs mais aussi des petits artisans, restaurateurs. Berlusconi leur parle d'une chose que les Italiens ressentent fortement, l'excès des impôts », ajoute M. Marramao. Selon certains experts, le Cavaliere cherchera sa revanche dans les urnes lors des élections européennes de mai 2014 avec une campagne populiste attaquant notamment les impôts et la politique d'austérité de l'Union européenne.
(Source : AFP)


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