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Liban

Trafic d’organes parmi les réfugiés syriens : la communauté médicale réfute les allégations du « Der Spiegel »

Le ministère de la Santé a déféré au parquet le dossier relatif à l'article.

Le ministère de la Santé affirme qu’aucune transplantation sur des patients arabes n’a été pratiquée au Liban au cours des douze derniers mois. Archives/AFP

L'article publié récemment par le Der Spiegel sur un éventuel trafic d'organes parmi les réfugiés syriens au Liban ne cesse de susciter des remous, notamment au sein de la communauté médicale, qui dénonce des « imprécisions » dans les informations publiées dans cet article, lesquelles pourraient même « être montées de toutes pièces ».


Dans son édition du 13 novembre, le quotidien allemand en ligne avait rapporté l'histoire d'un jeune réfugié syrien, Raïd, qui aurait vendu un rein pour subvenir aux besoins de sa famille. Selon la journaliste allemande Ulrike Putz, le jeune homme aurait reçu 7 000 dollars par le biais d'intermédiaires. Dans l'article daté de Beyrouth, la journaliste affirme que le rein sera vendu 15 000 dollars et que les intermédiaires perçoivent entre 600 et 700 dollars pour chaque vente. Toujours selon le Der Spiegel, quelque 150 reins auraient été vendus au cours des douze derniers mois à des patients arabes, européens et américains, les greffes ayant eu lieu dans des « cliniques clandestines ». La journaliste cite également dans son article Luc Noël, spécialiste des greffes au sein de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui aurait affirmé que les conditions au Liban « sont idéales pour que le marché » du trafic d'organes « prospère tranquillement ».


« Cet article est basé sur de fausses allégations », affirme à L'Orient-Le Jour le directeur général du ministère de la Santé, le Dr Walid Ammar. Il explique que le ministère « a essayé en vain d'entrer en contact avec la journaliste ». « Nous lui avons envoyé des messages sur son courriel, sur Facebook et Twitter, mais elle n'a jamais répondu, ajoute-t-il. Le ministre de la Santé a déféré le dossier au parquet qui doit convoquer la journaliste pour les besoins de l'enquête. »


Le Dr Ammar indique en outre que le ministère et le Comité national libanais pour le don et la greffe des organes et des tissus (NOOTDT) ont contacté les centres spécialisés dans les greffes d'organes au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, au Koweït et en Jordanie. « Les responsables de ces centres ont tous démenti qu'un de leurs patients ait eu recours à une transplantation au Liban au cours des douze derniers mois, insiste-t-il. Ils ont même remis en cause la véracité des informations de la journaliste allemande. »


En ce qui concerne les propos tenus par le Dr Noël, le directeur général du ministère de la Santé indique que le responsable à l'OMS « a démenti avoir tenu un pareil discours ». « Dans une lettre officielle, le Dr Noël affirme que ses déclarations ont été déformées et qu'il n'avait pas mentionné le Liban », souligne le Dr Ammar.

 

Un chiffre exagéré
« Cent cinquante greffes est un chiffre exagéré, s'insurge de son côté le Dr Antoine Stéphan, vice-président du NOOTDT. Il est très difficile, voire impossible, qu'un tel nombre passe inaperçu. J'aurais compris qu'un ou deux cas soient passés clandestinement, cela peut se faire même en Europe ou aux États-Unis, mais 150 ! »
Il convient de noter qu'une personne ayant reçu une greffe d'organe doit être mise sous immunosuppresseurs pour éviter le rejet de l'organe. « Or la demande pour cette classe de médicaments n'a pas augmenté au cours de l'année écoulée », fait remarquer pour sa part Farida Younane, coordinatrice nationale au NOOTDT.

Elle précise qu'un des chirurgiens contactés dans les pays arabes a même « douté de l'authenticité de la photo utilisée dans l'article du Der Spiegel ». « En effet, pour prélever un rein, l'incision doit être pratiquée dans le dos et non au niveau de l'abdomen, comme c'est le cas sur la photo utilisée dans l'article, poursuit Mme Younane. Ce chirurgien estime aussi que la couleur au niveau de la plaie fait davantage penser à de la Bétadine qu'à du sang. »
Mme Younane tient à préciser par ailleurs que le NOOTDT s'occupe « du don d'organes après la mort uniquement ». « Dans le cas de transplantations reçues d'un donneur vivant, le dossier est étudié par un comité éthique et un autre médical au sein de l'ordre des médecins, relève-t-elle. Le NOOTDT doit toutefois être informé de ces transplantations pour compléter le registre du don d'organes. »


Le président de l'ordre des médecins, le Dr Antoine Boustany, rejette de son côté les allégations de la journaliste allemande, affirmant qu'une enquête plus approfondie doit être menée pour tirer au clair ce dossier. Affaire à suivre...

 

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L'article publié récemment par le Der Spiegel sur un éventuel trafic d'organes parmi les réfugiés syriens au Liban ne cesse de susciter des remous, notamment au sein de la communauté médicale, qui dénonce des « imprécisions » dans les informations publiées dans cet article, lesquelles pourraient même « être montées de toutes pièces ».



Dans son édition du...

commentaires (3)

Une enquête s'impose...! qui à raison...? ,par rapport à quelles preuves factuelles vérifiables..Der Spiegel ou la dite communauté médicale locale....?D'ailleurs pourquoi le ministre de la santé ne porte ' il pas plainte contre ce journal...?

M.V.

12 h 43, le 29 novembre 2013

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Commentaires (3)

  • Une enquête s'impose...! qui à raison...? ,par rapport à quelles preuves factuelles vérifiables..Der Spiegel ou la dite communauté médicale locale....?D'ailleurs pourquoi le ministre de la santé ne porte ' il pas plainte contre ce journal...?

    M.V.

    12 h 43, le 29 novembre 2013

  • Bravo enfin et au nom du Liban que le ministère de la Santé nie et refute tout trafic d’organes parmi les réfugiés syriens ce qui pouvait nuire à notre réputation .

    Sabbagha Antoine

    11 h 18, le 29 novembre 2013

  • Je pensais que ce journal qui a fait des "revelations" sur l'assassinat de Hariri pere etait infaillible ?? ah ! pardon , il s'agit de la communaute medicale , ah bon donc pas de tpi, tsl snm, qvs etc... pour les auteurs de ces crimes !!! ahhh booonnn !!!!!! recherchez les beneficiaires de ce traffic , comme on doit rechercher la source du salafowahabisme .... allie au sionisme ... si , si , si .....

    FRIK-A-FRAK

    11 h 02, le 29 novembre 2013