Le nucléaire iranien, la guerre civile de Syrie : deux dossiers dont les ramifications s'étendent bien au-delà du Proche et du Moyen-Orient, ce qui leur vaut d'être considérés comme les principaux foyers de tension dans le monde. Et voilà que, comme par un coup de baguette magique ( et même deux ! ) la paisible, la placide cité de Genève, cette discrète ONU-bis, devient le théâtre de percées spectaculaires sur l'un et l'autre de ces casse-tête. Dimanche y était scellé en effet un accord proprement historique entre l'Iran et la communauté internationale ; et dans deux mois s'y retrouveront, pour la première fois autour d'une même table, les protagonistes du conflit syrien.
C'est énorme, bien sûr, mais il y a encore loin du happy end. La liste des invités au Genève syrien reste à établir, comme d'ailleurs la place du président Bachar el-Assad dans le processus transitoire pavant la voie à un règlement définitif. Intérimaire par définition est, quant à lui, l'accord sur le programme nucléaire iranien qui prévoit, en gros, une étroite surveillance onusienne sur les usines et laboratoires de la République islamique en échange d'un allègement des sanctions internationales contre celle-ci, la suite des tractations devant intervenir dans six mois.
Pour énormes que soient elles aussi les incertitudes, chacun des deux camps pavoise : ce qui est, après tout, de bonne guerre. Barack Obama, qui s'est positionné aux antipodes de George W. Bush, et qui préfère dialoguer avec l'adversaire plutôt que de le bombarder, peut ainsi se targuer d'avoir, pour le moins, contenu le programme militaire iranien ; à quoi Téhéran répond qu'il n'en est absolument rien, et que c'est au contraire la pugnacité d'un Iran pénétré de ses droits qui s'avère aujourd'hui payante.
Mais par quel prodige les cris de victoire de certains Libanais dépassent-ils en décibels ceux des Iraniens eux-mêmes ? Par la grâce de cette vieille et funeste loi voulant que l'on est invariablement, ici, plus royaliste que le roi d'à côté : en l'occurrence, plus véhément et intraitable que Khamenei en personne; et à l'occasion, plus pasdaran et même plus bassidj que les éditions originales. Que l'on aille ou non vers un Iran plus modéré – cela, l'avenir le dira – le Hezbollah a visiblement choisi de jouer indifféremment l'escalade, tant verbale que matérielle. À quoi rime en effet ce raid de jeunes hooligans opéré lundi sur l'Université Saint-Joseph de Beyrouth ? Quel message d'intimidation, voire de menace, a-t-on voulu faire passer avec ce remake, sur deux roues, des déploiements de chemises noires ?
Davantage encore que les stratégies de défense, que les obédiences à l'étranger, et même que la participation active de la milice aux combats de Syrie, c'est un tel comportement, fait d'arrogance conquérante, de défi, qui représente la plus grave, la plus profonde des fractures dont souffre le tissu national libanais. Quelle société vivable – et viable – dans ces conditions ?
Bagatelle, tout compte fait, que le nucléaire iranien : le casse-tête, le vrai, risque fort d'être ces insaisissables atomes crochus entre Libanais.
C'est énorme, bien sûr, mais il y a encore loin du happy end. La liste des invités au Genève syrien reste à établir, comme d'ailleurs la...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef