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Liban - Université

Le campus de la rue Huvelin fermé hier « pour résorber la tension »

Avertissement de Nadim Gemayel au Hezbollah : « La prochaine fois, nous répondrons ! »

Le campus de la rue Huvelin, hier. Un espace compartimenté en territoires politiques et confessionnels.Photo Michel Sayegh

Au lendemain de la vive tension qui a surgi lundi entre étudiants du Hezbollah et leurs camarades du 14 Mars, le campus des sciences sociales de l'USJ (Huvelin) est resté fermé, « pour résorber la tension », selon un communiqué publié par l'administration universitaire.


Le rectorat de l'USJ a tenu à rappeler « l'envergure nationale historique » de l'université, dans les termes mêmes utilisés par sa charte, soulignant que l'institution n'est « au service exclusif ni d'une classe sociale, ni d'une communauté, ni d'une idéologie ».


Ces précisions ont été rendues nécessaires par d'excessives affirmations selon lesquelles l'USJ « est l'université de Bachir Gemayel », laissant croire que l'espace universitaire était « territoire » chrétien.
La territorialisation du conflit avait d'ailleurs commencé à l'intérieur du campus des sciences sociales, trop exigu pour le nombre d'étudiants qu'il reçoit, où les jeunes de la faculté de gestion se sont taillé des espèces de lieux de regroupement plus ou moins exclusifs, selon leur appartenance politique. Les rivalités avaient été exacerbées par les résultats des élections estudiantines, jeudi dernier, remportées par le 14 Mars, dans cette même faculté.


En dépit du communiqué de l'USJ, les forces politiques impliquées dans l'incident ont campé sur leurs positions, le Hezbollah minimisant l'incident et accusant les partis représentatifs des chrétiens de l'avoir monté en épingle pour se renflouer politiquement aux yeux de leur opinion, et le 14 Mars accusant le Hezbollah d'avoir « encerclé » le campus et de chercher, par des procédés d'intimidation, à imposer son hégémonie sur le campus et la vie académique.

 

Avertissement de Nadim Gemayel
La réaction la plus grave à la tension de lundi est venue du député Nadim Gemayel qui, à l'issue d'une réunion du « bloc de la Libre décision » dont il fait partie (bloc des députés d'Achrafieh), a lancé un avertissement très clair au Hezbollah, menaçant d'envoyer ses propres « casseurs » pour faire face aux éléments extérieurs à l'USJ, si l'incident se reproduit.
« Le débat politique sera pacifique à l'intérieur de l'université, ou la bagarre aura lieu avec nous à l'extérieur », a-t-il affirmé.
« Ce n'est pas un incident isolé », a renchéri Nadim Gemayel, relevant que, parmi les étudiants du Hezbollah présents à l'extérieur de l'enceinte universitaire, figurait un jeune qui venait d'être suspendu pour trois semaines pour avoir brandi un pistolet lors d'une rixe en début d'année.


De son côté, la section estudiantine du Parti national libéral a publié un communiqué dénonçant les propos tenus hier par le député hezbollahi Hassan Fadlallah, affirmant à ce propos que les partisans du Hezbollah ont bel et bien « assiégé le campus et ont bloqué les routes menant à l'université, empêchant les étudiants d'arriver au campus ». « Nous les fils du président Camille Chamoun attendons au tournant tous ceux qui auraient la vélléité de s'en prendre à notre université et à nos régions », conclut la section estudiantine du PNL.


Selon des témoins, des éléments du Hezbollah étrangers au campus s'étaient postés lundi à l'extérieur de l'université, défiant les étudiants restés à l'intérieur et essayant d'y pénétrer en escaladant les barrières ou en descellant la grille d'entrée. Les étudiants restés sur le campus n'avaient pu le quitter que sous la protection de l'armée et des FSI, appelées en renfort.

Ces incidents, ajoutent les témoins, ont commencé au soir de jeudi dernier quand, après la défaite du 8 Mars aux élections estudiantines, les vitres de certains véhicules avaient été brisées, tandis que des tagueurs écrivaient sur le mur d'enceinte du campus des slogans à la gloire de Habib Chartouni, l'assassin de Bachir Gemayel, et qu'un drapeau du Hezbollah était hissé sur un poteau électrique.


Le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, avait accusé lundi les forces de l'ordre d'avoir fait preuve de complaisance à l'égard du Hezbollah, ou bien d'en être intimidées, estimant qu'il aurait été de leur devoir de procéder à des contrôles d'identité afin d'expulser du quartier les jeunes qui n'avaient pas de cartes universitaires.

 

Pharaon : Une agression préméditée
Pour sa part, à l'issue de la réunion du bloc de la Libre décision, le député Michel Pharaon a dénoncé ce qu'il a considéré comme « une agression préméditée des étudiants du Hezbollah contre leurs camarades » et demandé aux forces de l'ordre « d'empêcher les provocations ».
Le député Michel Aoun est rapidement passé sur l'incident, estimant que l'administration universitaire en assume une part de responsabilité « en empêchant tout débat politique sur le campus ».
Le bureau des Forces libanaises à Beyrouth a publié de son côté un communiqué dans lequel il a réfuté les affirmations de Hassan Fadlallah, précisant que c'est « l'administration du campus qui en a expulsé des fauteurs de troubles bien connus », et que l'idée que ces derniers en étaient sortis de leur propre gré, pour observer un sit-in pacifique, « est une pure fable ».

 

Rester les bras croisés ?
« Est-ce que Hassan Fadallah croit vraiment que nous allons assister, les bras croisés, aux groupes partisans venus terroriser les étudiants ? » a ajouté un communiqué publié par le bureau FL.
Le Hezbollah ne parviendra à modifier « ni le visage de l'université, qui restera celle de Bachir Gemayel (puisqu'il en est diplômé), ni celui du Liban », a conclu le texte.
Réuni au bureau du député Boutros Harb, le bloc des indépendants au sein du 14 Mars a déploré pour sa part les « slogans provocateurs » clamés par les étudiants « ayant perdu les élections sur le campus » (allusion au Hezbollah et au 8 Mars), sans compter « le grave blocus imposé par les étudiants de ce camp à leurs camarades et le fait qu'ils se soient fait aider par des éléments partisans non étudiants » (allusion au Hezbollah). Le bloc a également dénoncé « la mollesse des forces de l'ordre face à une grave atteinte à l'ordre public ».
Pour l'organisation des jeunes du PSP, enfin, « aucune université ne doit devenir une arène » politique ou confessionnelle. Elle a invité sur ce plan les étudiants à faire preuve de « vigilance », en ces circonstances délicates que traverse la région. Le PSP a stigmatisé « l'accaparement politique d'un espace académique » par une faction.

 

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Au lendemain de la vive tension qui a surgi lundi entre étudiants du Hezbollah et leurs camarades du 14 Mars, le campus des sciences sociales de l'USJ (Huvelin) est resté fermé, « pour résorber la tension », selon un communiqué publié par l'administration universitaire.
Le rectorat de l'USJ a tenu à rappeler « l'envergure nationale historique » de l'université, dans les termes mêmes utilisés par sa charte, soulignant que l'institution n'est « au service exclusif ni d'une classe sociale, ni d'une communauté, ni d'une idéologie ».
Ces précisions ont été rendues nécessaires par d'excessives affirmations selon lesquelles l'USJ « est l'université de Bachir Gemayel », laissant croire que l'espace universitaire était « territoire » chrétien.La territorialisation du conflit avait d'ailleurs commencé à...
commentaires (5)

JUSTE POUR "RÉSORBER LA TENSION" ? NON POINT POUR L’ÉRADIQUER COMPLÉTEMENT ?

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

13 h 23, le 27 novembre 2013

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Commentaires (5)

  • JUSTE POUR "RÉSORBER LA TENSION" ? NON POINT POUR L’ÉRADIQUER COMPLÉTEMENT ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 23, le 27 novembre 2013

  • LA RUE S'EST TRANSMUÉE DANS LES UNIVERSITÉS ! FAUT BIEN CHANGER LEURS NOMS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 55, le 27 novembre 2013

  • Ca fera du bien de fermer pour quelques temps. Le temps de calmer les esprits de nos matieres grises .

    FRIK-A-FRAK

    11 h 34, le 27 novembre 2013

  • Pour résorber la tension il faudra faire taire la politique et cesser de part et d 'autre d 'utiliser les étudiants comme marionnettes .

    Sabbagha Antoine

    09 h 37, le 27 novembre 2013

  • On peut se demander si cet épisode milicien protagonisé par des éléments du Hezbollah, étudiants et non-étudiants, au campus des sciences sociales de l'USJ, ne s'inscrit pas dans la phase de mobilisation sectaire toute spéciale à laquelle procède le Hezbollah pour couvrir son implication en Syrie et le prix très cher qu'il y fait payer à sa communauté. En exemple, la perte regrettable la semaine dernière de huit de ses cpombattants qu'il envoie à la mort dans "la 35e province iranienne". Dans le même sens et suite à l'accord de Genève sur le nucléaire, voilà les hauts responsables du Hezbollah plus "victorieux" que les iraniens, "plus pasdaran et même plus bassidj que les éditions originales", dit M Issa Goraeib dans son éditorial de ce jour, Pasdaranissimo. On a la nette impression que tout cela fait partie d'un stratagème de mobilisation. Mais que celui-ci aille jusqu'au risque de causer un conflit et des chocs sectaires en une université et dans un secteur de Beyrouth, c'est le sommet de l'irresponsabilité. Malheureusement, le député Hassan Fadlallah s'y est encore engouffré davantage, au lieu de procéder à l'apaisement.

    Halim Abou Chacra

    06 h 44, le 27 novembre 2013

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