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Liban - Éclairage

Train sur les rails craint dérapages...

L'accord préliminaire sur le nucléaire iranien a eu l'effet d'un séisme pour de nombreux dirigeants du monde. Si certains ne cachent pas leur inquiétude, d'autres saluent un grand pas vers un nouvel ordre régional, mais tout le monde s'accorde à dire qu'il est de la plus haute importance. Un diplomate arabe en poste au Liban considère, lui, que la conclusion de cet accord était toutefois prévisible depuis le fameux coup de fil entre le président américain Barack Obama et le nouveau président iranien Hassan Rohani après la visite de ce dernier aux Nations unies. Le diplomate affirme aussi que cet appel téléphonique a été suivi de contacts bilatéraux entre les États-Unis et l'Iran, parallèlement aux négociations officielles entre, d'un côté, les 5 plus un et, de l'autre, l'Iran. Ces réunions avaient pour objectif de faciliter la conclusion d'un accord, et le quotidien français Le Monde en parlait dans son édition d'hier.


Le diplomate arabe en poste à Beyrouth est convaincu que les deux parties, les États-Unis et l'Iran, étaient décidées à ouvrir une nouvelle page dans leurs relations, mais attendaient le moment propice et le bon scénario. L'Iran, qui a atermoyé pendant huit ans sur le dossier nucléaire en utilisant l'ancien président Ahmadinajad comme repoussoir pour l'Occident, a décidé de saisir l'occasion de l'élection présidentielle de 2013 pour adresser un message de bonne volonté au reste du monde. En réalité, son programme nucléaire avait atteint un niveau irréversible, juste avant la fabrication de la bombe. Aussitôt, l'ayatollah Khamenei a d'ailleurs émis une fatwa condamnant la possession et la fabrication d'une bombe nucléaire. Pour l'Iran, l'heure était donc venue de négocier en position de force, après avoir consolidé ce qu'il appelle « l'axe de la résistance » et après avoir étendu son influence dans plusieurs pays de la région, se rendant ainsi pratiquement incontournable. Sachant en même temps que sa crise économique intérieure devient de plus en plus grave et qu'il faut donc songer sérieusement à obtenir la levée des sanctions internationales.


Pour les États-Unis, il a bien fallu reconnaître que l'Iran est incontournable au Moyen-Orient et qu'il représente l'une des clés de la solution dans plusieurs dossiers brûlants, allant de l'Irak au Liban (à cause du Hezbollah), en passant par l'Afghanistan, le Yémen et la Syrie... De plus, l'évolution de la situation dans les pays arabes a montré aux États-Unis que les régimes qui leur sont alliés ne sont pas vraiment fiables : l'Irak vit au rythme des explosions, la Syrie est devenue une terre de jihad, la Libye sombre dans le chaos où l'ambassadeur américain a été tué, le Yémen est instable, Bahreïn reste secoué par une opposition pacifique mais tenace, l'Égypte est divisée et débordée par ses problèmes intérieurs. De même, les pays du Golfe, alliés traditionnels indéfectibles des États-Unis, ne sont plus des partenaires économiques intéressants puisque tous les investissements juteux y ont déjà été faits et les ressources exploitées. En pleine crise économique, les États-Unis ont besoin de marchés et de nouveaux investissements. L'Iran est justement un paradis quasiment vierge, sans parler de son rôle et de son poids régional. La décision de renouer le dialogue rompu en 1979 a donc été prise par les deux parties qui considéraient qu'il est désormais dans leurs intérêts mutuels...


Le diplomate arabe en poste à Beyrouth rappelle toutefois que les États-Unis auraient voulu des négociations globales, et Barack Obama, dans son fameux coup de fil, a tenté d'en convaincre son interlocuteur Hassan Rohani. Mais ce dernier avait préféré avancer par petits pas pour pouvoir tester la bonne volonté chez l'autre et bâtir ainsi un climat de confiance. Le président iranien a ainsi suggéré de commencer par le dossier nucléaire, et s'il avance dans le bon sens, les deux camps pourront alors s'attaquer à d'autres dossiers. Mais là aussi, la décision est déjà prise, même si l'Iran se fait un peu prier. Selon le diplomate arabe, les grandes lignes des solutions sont en train de se dessiner et il est clair qu'en Syrie, en particulier, les États-Unis ne veulent absolument pas que le pouvoir tombe entre les mains des takfiristes. Il devrait y avoir au final une conférence internationale, qu'il s'agisse de Genève II, ou III, ou plus, qui servira de parapluie à un dialogue interne pour redistribuer le pouvoir dans ce pays. Tous les développements vont dans ce sens, même si les combattants sur le terrain n'en sont pas conscients. Et c'est justement pour cela que les solutions adoptées prennent du temps pour se concrétiser.


Le diplomate arabe reconnaît que cette nouvelle entente qui renverse le paysage et les équilibres régionaux ne plaît pas à tout le monde. Il y a désormais une convergence d'intérêts entre les pays du Golfe, et en particulier l'Arabie, et Israël. D'ailleurs, le quotidien officiel saoudien al-Riyad le reconnaissait lui-même pour la première fois dans son édition d'hier. Chacun de son côté, Israël et l'Arabie vont donc tenter d'entraver ce processus. D'abord en aidant encore plus les combattants intégristes en Syrie et ailleurs. Mais le diplomate arabe suggère aussi de regarder attentivement ce qui se passe au Pakistan, le pays « sunnite » qui détient la bombe atomique. Avec Nawaz Sharif qui a passé de longues années d'exil en Arabie, le royaume wahhabite estime avoir une nouvelle carte en mains dans sa bataille contre l'influence grandissante de l'Iran dans la région. De plus, le Baloutchistan, qui constitue une des plus grandes provinces pakistanaises et dont une partie se trouve en Iran avec une population à majorité sunnite, pourrait être le théâtre privilégié d'une tentative de déstabilisation interne de la République islamique.


Le train a donc beau être mis sur les rails, il y a encore des risques de dérapage, mais contrairement à ce qu'affirment les milieux du 14 Mars, le Hezbollah et ses armes ne font pas partie des négociations actuelles. Selon le diplomate arabe, leur sort est lié à celui du conflit arabo-israélien. Et ce dossier-là n'est pas près d'être réglé.

 

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L'accord préliminaire sur le nucléaire iranien a eu l'effet d'un séisme pour de nombreux dirigeants du monde. Si certains ne cachent pas leur inquiétude, d'autres saluent un grand pas vers un nouvel ordre régional, mais tout le monde s'accorde à dire qu'il est de la plus haute importance. Un diplomate arabe en poste au Liban considère, lui, que la conclusion de cet accord était toutefois prévisible depuis le fameux coup de fil entre le président américain Barack Obama et le nouveau président iranien Hassan Rohani après la visite de ce dernier aux Nations unies. Le diplomate affirme aussi que cet appel téléphonique a été suivi de contacts bilatéraux entre les États-Unis et l'Iran, parallèlement aux négociations officielles entre, d'un côté, les 5 plus un et, de l'autre, l'Iran. Ces réunions avaient pour objectif de...
commentaires (8)

Lire Scarlett Haddad, c'est vraiment très instructif. Du pur jus de l'intelligence analytique! Bravo

Ali Farhat

01 h 12, le 27 novembre 2013

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Commentaires (8)

  • Lire Scarlett Haddad, c'est vraiment très instructif. Du pur jus de l'intelligence analytique! Bravo

    Ali Farhat

    01 h 12, le 27 novembre 2013

  • Tres interessant Scarlett....

    Michele Aoun

    20 h 33, le 26 novembre 2013

  • Si comme le prétendent ces diplomates?, "le hézébbb et ses armes ne font pas partie des négociations actuelles, et que leur sort est lié à celui du conflit Israélo-arabe" ; on peut en déduire ainsi que le dossier nucléaire iranien n'a rien à voir avec ce conflit Israélo-arabe ou avec le conflit Israélo-musulmans ni même Israélo-régional, et qu'il ne serait donc qu'un conflit 5 + 1 vs iranien ! Yîîîh, comment peut-on Gober ça ? Yâ hassratâââh !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    16 h 12, le 26 novembre 2013

  • En me chamaillant avec un ami sur l'Iran et ses forces , a cours d'arguments reels il me dit en dernier recours comme quand on a plus rien a ajouter : "va donc vivre a Teheran" . Il ne pensait pas si bien dire , devant le rush des occidentaux a se rendre a Teheran , c'est fabius qui annonce la couleur et dit les sanctions seront levees debut decembre , lui qui disait pas d'accord sans NOS conditions venait de realiser que les us non sionises avaient massacre a l'arme de destruction massive tous les "autres" investisseurs , bien avant la signature de l'accord , Ce diplomate arabe est fiable , et je conseillerai a mes compatriotes libanais entrepreneurs ( pleonasme) de courir illico presto a Teheran ouvrir une ou plusieurs affaires et de ne point laisser ces occidentaux en situation de crise aigue ( c'est la ou elle se trouve en fait )les depasser sur le fil.L'Iran pays fier ouvrira les portes a nos libanais plus vite et plus efficacement qu'aux occidentaux , ne nous laissons pas endormir encore une fois, subir la propagande des predateurs occidentaux et rater le coche. Le monde sourit aux courageux bosseurs et a l'intelligence , aujourd'hui au M.O , where else on trouve cela ? en bensaoudie ? soyons serieux! en Europe ? on veut pas se moquer, mais ... en asie ? trop difficile . En afrique ? il faut etre vaccine ! J'arrete la , je vais reserver pour Teheran et suivre le conseil de mon ami , Scarlett je vous prends un ticket en fist class ??

    FRIK-A-FRAK

    11 h 55, le 26 novembre 2013

  • (suite) En revanche, ce que dit cet article à propos de la fiabilité des régimes arabes du Golfe est tout à fait exact, ce qui justifie l'attrait financier et économique de l'Iran en période de crise. On parle de levée de sanctions, de réduction de taux d'enrichissement d'uranium, tout cela n'est que du détail qui sera difficile à contrôler mais qui sert à ne pas vraiment dévoiler les plans politiques et économiques qu'il y a derrière. Quant aux paranos israéliens, ils devront comprendre un jour que la stratégie de la politique internationale qui consiste à donner priorité à la protection de l'Etat d'Israël est néfaste pour tout le monde. Et les Libanais, pour leur part, vont devoir accepter de voir leur pays sacrifié sur l'autel de cette valse de négociations avec le concours des mercenaires du Hezbollah. Pour certains, c'est une victoire. C'est déplorable.

    Robert Malek

    11 h 41, le 26 novembre 2013

  • On n'a pas attendu le devin diplomate arabe pour savoir qu'Américains et Iraniens sont d'accord depuis bien longtemps, depuis l'époque d'Ahmadinéjad, sur le nucléaire. L'équilibre éloigne les conflits, voilà pourquoi il n'y a absolument aucune raison pour qu'un bloc possède l'arme nucléaire et pas l'autre. Il n'y a pas que l'Iran qui soit un acteur incontournable dans la région, ce sont toutes les puissances et toutes les obédiences qui sont incontournables pour régler les crises. Aujourd'hui on a concrétisé ces accords, en jouant sur les mots bien entendu (c'est la loi de la politique), mais tout le monde s'attendait à un tel dénouement. On peut toujours se lancer des fleurs, féliciter et applaudir les uns et les autres si ça fait plaisir, ça ne mange pas de pain. N'empêche que l'Iran poursuit sa consolidation de l'axe satanique qui plombe notre pays par le biais de la milice illégale.

    Robert Malek

    11 h 40, le 26 novembre 2013

  • J'EN RIS ENCORE... BARAK OBAMA A TENTÉ DE CONVAINCRE ROHANI MAIS CELUI-CI A PRÉFÉRÉ ALLER À PETITS PAS... COMPRENEZ EXACTEMENT LE CONTRAIRE ! JE SUIS POUR CET ACCORD ET POUR D'AUTRES À VENIR AVEC L'IRAN. MAIS OUBLIER À DESSEIN QUE CE SONT LES SANCTIONS QUI ONT AMENÉ LES IRANIENS À CHANGER DE STRATÉGIE ET À DISCUTER AVEC LE GRAND SATAN C'EST ESSAYER D'INDUIRE LES LECTEURS DANS L'ERREUR. DÉCULOTTAGE, IL Y EUT EN SYRIE... DÉCULOTTAGE, IL Y EUT EN IRAN... ET NON POINT DES VICTOIRES DIVINES IMAGINAIRES ! CE COMPLEXE À PRÉSENTER LES DÉBANDADES COMME DES VICTOIRES EST DES PLUS RIGOLOS. ET LES INVESTISSEMENTS OCCIDENTAUX DANS LES PAYS DU M.O. PRÉSENTÉS TOUJOURS COMME DES VOLS DES RICHESSES DE CES PAYS DEVIENNENT DES INVESTISSEMENTS "JUTEUX"... CHERCHEZ "LES ERREURS" !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    08 h 15, le 26 novembre 2013

  • ben dis donc,il en a dit des choses le "diplomate arabe"... très drôle. Et je ne sais pas si vous avez remarqué la finesse du coup du sort des armes du Hezb...sacré diplomate! et il a parlé des mobylettes des hooligans? le diplomate "arabe"?parce que ,pour une fois qu'un "diplomate" arabe dit quelque chose,faudrait peut-être nous faire profiter de ses lumières!A mon avis,ce diplomate arabe existe comme moi je suis le Pape...

    GEDEON Christian

    03 h 31, le 26 novembre 2013

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