Au sujet du marché immobilier américain, deux arguments s'affrontent. Primo, les prix explosent, preuve qu'une nouvelle bulle immobilière est en formation. Secundo, le nombre de logements construits reste historiquement bas, preuve que l'immobilier est loin d'avoir repris. L'apparente contradiction de ces deux points peut être facilement expliquée si l'on considère que les États-Unis sortent d'une gigantesque bulle immobilière qu'il a fallu six ans pour dégonfler. Le secteur de la construction subit encore les contrecoups de ses excès passés. Quant aux prix des maisons, si leur rebond est fort cette année, ils sont encore très loin de leurs niveaux de 2007. Notons que durant la bulle, l'indice des prix Case-Shiller avait connu 46 mois consécutifs de croissance annuelle à deux chiffres; aujourd'hui, on n'en est qu'à 6 (graphe ci-dessous). La confiance des constructeurs a certes reculé un peu depuis août tandis que les taux d'intérêt hypothécaires ont fortement rebondi depuis juin. Cela étant, les permis de construire de septembre et octobre (les deux mois seront publiés ensemble, shutdown oblige) sont attendus en légère hausse par rapport à août. S'il y a un tassement, il sera sans doute temporaire.

