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À La Une - Syrie

Les forces d'Assad s'emparent de Qara dans la région de Qalamoun

Moscou relève davantage de "réalisme" dans la position de l'opposition syrienne, mais pas assez...

Un enfant syrien a été secouru de l'effondrement d'un immeuble mardi 19 novembre 2013 dans la ville d'Alep. Karam al-Masri/AFP

Les forces de Bachar el-Assad ont repris le contrôle de la ville de Qara, dans la région clé de Qalamoun, sur la route stratégique entre Damas et Homs, coupant ainsi un peu plus les liaisons des rebelles avec le Liban, rapportent mardi les médias officiels syriens.

 

Les troupes gouvernementales avaient lancé vendredi l'assaut contre cette ville du Djebel Qalamoun, non loin de la ville à majorité chrétienne de Maaloula, à environ 80 km au nord de Damas. Selon l'agence de presse officielle Sana, qui cite une source militaire, l'armée a fait état de la mort d'"un grand nombre de terroristes", terme désignant dans le registre officiel les rebelles combattant le régime syrien.

 

L'armée syrienne a entrepris de "sécuriser" l'autoroute qui permet de connecter la capitale au "pays alaouite", sur la côte méditerranéenne, notamment pour pouvoir y transporter les armes chimiques que Bachar el-Assad s'est engagé à envoyer à l'étranger en vue de leur destruction.

 

La prise de Qara est un nouveau coup dur pour la rébellion dont un chef charismatique est mort lundi. Le dirigeant du groupe Liwa al-Tawhid, Abdel Qader Saleh, âgé de 33 ans, a succombé à des blessures infligées lors d'un raid de l'armée jeudi. Il avait été "le premier instigateur de manifestations pacifiques dans la province d'Alep, puis le premier assaillant des bastions des gangs d'Assad" dans la deuxième ville du pays, a affirmé la Coalition de l'opposition syrienne, en soulignant qu'il était "un symbole vivant dans les coeurs des syriens".

 

Connu sous le nom de Hajji Marea, Abdel Qader Saleh a été le fer de lance de la bataille d'Alep à l'été 2012, à la tête de Liwa al-Tawhid un groupe d'environ 8.000 combattants proche des Frères musulmans.

Connu et respecté dans la région, décrit par les militants comme une personne "très charismatique", il avait rompu avec la Coalition de l'opposition en exil, estimant qu'elle était complètement déconnectée de la réalité sur le terrain. "C'était une personnalité très, très importante dans la région d'Alep, mais il était aussi considéré par beaucoup en syrie comme une figure de la révolution", a affirmé Charles Lister, analyste à l'IHS Jane's Terrorism and Insurgency Centre.

 

 

(Eclairage : À l’Escwa, on planifie déjà la reconstruction de la Syrie d’après-guerre)

 

 

Un missile touche la mairie d'Alep

Parallèlement sur le front d'Alep, quatre personnes ont été tuées mardi par des missiles ayant touché la mairie de la ville, dans le nord de la Syrie, a rapporté l'agence officielle Sana. La Commission générale de la Révolution syrienne, un groupe de l'opposition syrienne, a fait état d'une attaque au canon de l'Armée syrienne libre (ASL), principale formation rebelle.

 

Par ailleurs, dans le centre de Damas, un obus de mortier est tombé près de l'hôpital du Croissant-Rouge, blessant six personnes et endommageant des voitures, selon Sana. Des obus tombent régulièrement sur des quartiers de Damas, des tirs imputés par le régime aux rebelles syriens.

Les autorités syriennes ont adressé jeudi un message à l'ONU dans lequel elles accusent les insurgés de tirer des obus sur la population civile et ont réclamé que la communauté internationale prenne "les mesures nécessaires pour assécher les ressources du terrorisme".

 

(Analyse : Assad en position de force avant un hypothétique Genève 2)

 

 

Réalisme et compromis

Sur le plan diplomatique, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé mardi que son pays a relevé davantage de "réalisme" dans la position de l'opposition syrienne, mais veut la mise sur pied d'une plateforme commune et "constructive" pour Genève-2.

 

La Russie, alliée du régime de Damas auquel elle livre des armes, a intensifié ses efforts en vue d'une conférence Genève-2 qui pourrait se tenir à la mi-décembre.

 

"Quand toutes les revendications seront mises sur la table de part et d'autre, on pourra mettre sur pied des compromis en faisant des concessions mutuelles. On n'en est cependant pas encore là, car bien qu'on observe de plus en plus de signes de réalisme dans les rangs de l'opposition, (celle-ci) n'a toujours pas formé de délégation qui représente l'ensemble de la société syrienne", déclare M. Lavrov dans un entretien publié par le journal Nezavissimaïa Gazeta.

"La Coalition nationale syrienne, qui est soutenue par des puissances régionales et occidentales en qualité de principal représentant du peuple syrien - ce qui est manifestement excessif, car cette coalition ne représente pas même toute l'opposition- tente de monopoliser ce processus", ajoute M. Lavrov. "Mais le problème est qu'il n'y a pas de plateforme constructive sur laquelle on puisse réunir tous les opposants", souligne le ministre russe.

 

"L'opposition syrienne de l'intérieur, qui contrairement à celle de l'extérieur que représente la coalition, a une vision proposant de maintenir un Etat syrien laïque et pacifique, respectueux des droits des citoyens. Il est important de s'unir sur une plateforme de ce type", poursuit Sergueï Lavrov.

 

Le chef de la diplomatie russe doit s'entretenir mardi avec les membres d'une délégation gouvernementale syrienne, qui a mené de premières consultations lundi. Rien n'a filtré des entretiens entre les représentants du régime syrien et les vice-ministres russes des Affaires étrangères.

 

La Russie avait également invité le chef de la Coalition nationale syrienne, Ahmad Jarba, à se rendre à Moscou du 18 au 21 novembre. Celui-ci, tout en se disant "très intéressé", a décliné et demandé une nouvelle date pour ne pas se trouver dans la capitale russe en même temps que les responsables gouvernementaux.

 

 

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