Des rebelles lourdement armés combattant l’armée loyaliste dans le quartier de Salaheddine à Alep, hier. Karam aL-Masri/AFP
La Russie a reçu hier des représentants du régime syrien et maintenu son invitation à la Coalition nationale de l’opposition.
À Moscou hier matin, la délégation gouvernementale syrienne a eu des entretiens à huis clos au ministère des Affaires étrangères, dont rien n’a filtré. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a indiqué avoir l’intention de rencontrer cette délégation quand elle aurait « achevé l’essentiel de son programme » de négociations. Une source diplomatique a indiqué que cette rencontre aurait lieu aujourd’hui. En attendant, Bouthaina Chaabane, conseillère de Bachar el-Assad, le vice-ministre des Affaires étrangères, Fayçal Moqdad, et le responsable des Affaires européennes au ministère syrien, Ahmad Arnous, ont eu hier des entretiens avec les vice-ministres russes des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov et Mikhaïl Bogdanov. L’ambassadeur de Syrie à Moscou, Riad Haddad, a affirmé parallèlement que le manque de financement et l’activité des rebelles gênent la mise en application du programme de démantèlement des armes chimiques du gouvernement de Damas.
La Russie s’était dit prête le 6 novembre à accueillir une rencontre informelle à Moscou entre des représentants du régime syrien et de l’opposition, au lendemain d’une réunion infructueuse à Genève entre l’émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi et les représentants russes et américains, qui visait à fixer une date pour une conférence de paix. « Tous doivent venir à la conférence (Genève 2), a fortiori les Syriens eux-mêmes, sans la moindre condition préalable », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans un entretien publié hier sur le site du journal Rossiïskaïa Gazeta.
La Coalition nationale syrienne, principale organisation de l’opposition, avait annoncé le 11 novembre son accord pour des négociations de paix à Genève, à condition que le président syrien Bachar el-Assad remette ses pouvoirs et soit exclu de toute phase transitoire. La Russie, alliée de la Syrie à laquelle elle livre des armes, s’est toujours opposée à ce type de conditions, tout en niant défendre le pouvoir personnel de Bachar el-Assad.
Le chef de la Coalition, Ahmad Jarba, invité à Moscou hier au moment même où devait s’y trouver la délégation gouvernementale syrienne, a du reste décliné l’invitation dimanche, se disant « très intéressé » mais demandant de choisir une autre date, selon un de ses conseillers. M. Lavrov a cependant maintenu hier la proposition de la Russie. « Si notre proposition de nous rencontrer à Moscou est encore d’actualité, nous la maintenons », a-t-il déclaré devant la presse.
(Analyse : Assad en position de force avant un hypothétique Genève 2)
Genève 2 en décembre ?
Dans ce contexte, une nouvelle rencontre de préparation est prévue à Genève le 25 novembre. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a déclaré hier à Vilnius qu’il prévoyait l’ouverture de la conférence de paix sur la Syrie, plusieurs fois reportée, à la « mi-décembre ». Un quotidien syrien proche du pouvoir, al-Watan, a affirmé jeudi dernier que cette conférence devrait débuter le 12 décembre à Genève.
Sur le terrain, le chef du Liwa’ el-Tawhid, l’un des plus importants groupes rebelles syriens, blessé la semaine dernière dans un raid aérien, est décédé, ont annoncé hier l’opposition et l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Le raid aérien de jeudi dernier mené par l’armée du régime avait aussi tué le chef des renseignements de la même formation qui compte 8 000 hommes. Proche des Frères musulmans et financé par le Qatar, ce groupe a rejeté l’autorité de la Coalition nationale de l’opposition, estimant qu’elle était complètement déconnectée de la réalité sur le terrain. Après l’attaque, Liwa’ el-Tawhid a arrêté 30 personnes soupçonnées d’être des informateurs du régime de Bachar el-Assad. Ancien négociant en céréales, Abdel Qader Saleh fait partie des dizaines de milliers de civils qui ont pris les armes contre le régime après la militarisation de la révolte, en réaction à la brutale répression menée par les troupes d’Assad. Considéré comme un islamiste « modéré », en comparaison aux jihadistes qui ont déferlé en Syrie à mesure que le pays s’enfonçait dans la guerre, il prônait un « État islamique issu d’élections libres », affirmant respecter les minorités religieuses du pays.
Par ailleurs, les ministres européens des Affaires étrangères ont salué hier « l’extraordinaire générosité » des pays voisins de la Syrie dans l’accueil de millions de réfugiés ayant fuit le conflit syrien. « L’UE salue les autorités et la population, surtout du Liban et de la Jordanie, mais aussi de la Turquie et d’Irak, pour leur soutien et leur extraordinaire générosité envers les personnes fuyant le conflit », ont indiqué les ministres dans les conclusions de leur réunion mensuelle à Bruxelles. Elle appelle ces pays « à maintenir la politique des frontières ouvertes » alors que plus de deux millions de syriens ont déjà quitté leur pays.
Eclairage
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L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
En ordre de bataille pour sonner le tocsin et donner le coup de grace . Bandar doit degager .
18 h 30, le 19 novembre 2013