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La Dernière

Le raffinement d’un parapluie parisien, confectionné pour durer des années...

Création
OLJ
16/11/2013
Le parapluie, un bien de consommation non durable qui se perd, se casse et se rachète ? Le maître d’art français Michel Heurtault en fabrique, lui, dans les plus beaux matériaux, pour être transmis de génération en génération. Par une grise journée d’automne, à Paris, le long du viaduc des arts, un quartier de l’Est parisien rénové sur le lieu d’une ancienne voie ferrée, qui abrite créateurs et artisans d’art. Les passants défilent, abrités sous des parapluies noirs, devant la boutique de Michel Heurtault. « Tous ces parapluies sont faits en Chine », lâche l’artisan, âgé de 48 ans.
Il semble d’autant plus fier de son travail : il fabrique ombrelles et parapluies pour les particuliers et pour le cinéma. Il les restaure aussi.
« Chez nous, tout est fait main, ce qui est unique », vante-t-il. Il œuvre dans l’arrière-boutique avec son apprenti de 21 ans. Il est une illustration de ces métiers d’art qui perdurent en France sur le marché du haut de gamme, grâce à des savoir-faire anciens et des matériaux d’une grande qualité, quand les usines ferment les unes après les autres, victimes de la concurrence des pays émergents, engendrant chômage et mécontentement social. Il a créé son entreprise en 2008, mais certains de ses outils datent de plus d’un siècle. Ne dites pas à Michel Heurtault qu’il est parasolier car ce mot désigne, selon lui, le valet qui porte le parasol. Il préfère se décrire comme « créateur en parasolerie ». « Le parapluie est ma passion de toujours », raconte-t-il, sourire aux lèvres. « C’était mon jouet préféré quand j’étais petit. Ca me fascinait; ma mère trouvait ça curieux ! » Il raconte qu’il démontait les parapluies, en prenait deux pour n’en faire qu’un.  Aujourd’hui, ses créations attirent des clients du monde entier. La pièce la moins chère, chez les femmes, coûte 250 euros. Elle est faite de soie, avec une poignée gainée de cuir. Les motifs sont écossais, il y a aussi un imprimé bandana. Il faut compter au moins 490 euros chez les hommes. À ce tarif-là, on peut avoir un élégant parapluie de gentleman, en twill de soie, avec un manche en érable qui a été déformé jour après jour pour se courber jusqu’à devenir une poignée. À la pointe, pas de plastique mais de la corne. « Dans les années 50, on ne perdait pas son parapluie, on en prenait soin », relate Michel Heurtault. « Mais aujourd’hui, une fille achète un parapluie à 10 euros, le casse, en rachète un à 10 euros. Ça ne va pas pouvoir durer. »

 « Anoblissement par le mérite »
Autre univers, à la maison Heurtault, les clients peuvent opter pour du « sur-mesure », choisir leur poignée, leur tissu, leur motif, leur bois précieux. Une princesse du Qatar s’est laissée tenter par une poignée recouverte de galuchat, un cuir de raie, pour un coût dépassant les 8 000 euros.
Michel Heurtault travaille également pour le cinéma. Il a fabriqué des ombrelles pour Cendrillon, film en cours de tournage avec Cate Blanchett, ainsi que pour un film de Woody Allen tourné cet été sur la Côte-d’Azur. C’est également lui qui a fait ombrelles et parapluies pour les films Adèle Blanc-Sec, de Luc Besson, et Les Adieux à la reine, de Benoît Jacquot. Michel Heurtault, qui a commencé comme costumier, qui a fait des corsets pour Christian Dior, qui a travaillé à l’opéra, vient d’être nommé maître d’art. Il recevra le titre le 15 novembre. « C’est le plus haut titre pour un artisan. Je le prends comme un anoblissement par le mérite », dit-il fièrement.
(Source : AFP)

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