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Toutes oreilles dehors

Chut, Israël nous écoute !

 

C’est ce que vient de découvrir avec stupeur, indignation et même un début de panique, une république notoirement ouverte pourtant à tous les vents, et cela depuis fort longtemps. Les annales judiciaires regorgent en effet de cas d’espionnage pour le compte de l’ennemi.


Ce qui est tout de même nouveau, c’est le caractère ostensible, voyant, flagrant jusqu’à la provocation, de l’appareillage électronique high-tech qui vient d’être mis en place par Israël tout le long de sa frontière avec notre pays : pylônes bardés d’antennes, connectés à des stations radars et autres systèmes de détection et d’analyse et capables d’infiltrer la totalité de nos réseaux téléphoniques ; le tout inspecté, comble de sophistication, par une escouade de robots.


Au cri d’alarme lancé mercredi par le président de l’Assemblée Nabih Berry s’est ajoutée la diatribe antiaméricaine d’un haut responsable du Hezbollah, qui a qualifié l’ambassade des États-Unis de nid d’espions. L’accusation surprend par sa candeur, tant elle paraît superflue en effet après la révélation des écoutes qu’opère à l’échelle planétaire, et jusque chez ses plus proches alliés, la superpuissance US.


Cela dit, que faire pour mettre en échec les gigantesques oreilles installées à notre frontière sud, autrement que par une plate et inefficace plainte à l’ONU? C’est sur cette question que doit plancher, lundi, la commission parlementaire des Télécommunications. En attendant, ce viol insolent de l’intimité et de la sécurité des Libanais appelle les observations suivantes :


* Le violeur se double cette fois d’un exhibitionniste, ce qui est contraire à toutes les règles de l’espionnage. Or en étalant de la sorte son matériel de surveillance et d’interception, Israël ne fait pas qu’affirmer avec insolence sa suprématie, comme il le fait en s’appropriant impunément l’espace aérien libanais. À dessein ou non, et par le plus grand des paradoxes, l’État hébreu vient en réalité d’accréditer les thèses de sa bête noire, le Hezbollah, qui, s’érigeant en État dans l’État, s’est doté en effet d’un réseau privé de télécommunications, filaire et souterrain, en invoquant précisément la nécessité, pour la résistance, de se mettre à l’abri des écoutes israéliennes. À quelle fin un aussi bizarre coup de pouce alors que le débat interne sur la question est loin d’être épuisé ?


* Pour grave qu’elle soit, l’alerte aux grandes oreilles ne devrait occulter en rien un autre débat, non moins brûlant, et qui a trait celui-là à certaines données téléphoniques que le ministère des Télécommunications refuse, sous divers prétextes, de communiquer aux Renseignements des Forces de sécurité intérieure. Bizarre à son tour, une telle réticence, puisque que de telles informations aideraient puissamment à la capture, ou du moins à l’identification, d’auteurs d’attentats terroristes. Et de plus en plus bizarre quand on sait que cette même agence, tenue pour suspecte par le Hezbollah et ses alliés, a surpassé – et de loin – toutes les autres officines de renseignements en matière de démantèlement de réseaux d’espionnage israéliens.

 

Issa GORAIEB

Chut, Israël nous écoute !
 
C’est ce que vient de découvrir avec stupeur, indignation et même un début de panique, une république notoirement ouverte pourtant à tous les vents, et cela depuis fort longtemps. Les annales judiciaires regorgent en effet de cas d’espionnage pour le compte de l’ennemi.
Ce qui est tout de même nouveau, c’est le caractère ostensible, voyant, flagrant jusqu’à la provocation, de l’appareillage électronique high-tech qui vient d’être mis en place par Israël tout le long de sa frontière avec notre pays : pylônes bardés d’antennes, connectés à des stations radars et autres systèmes de détection et d’analyse et capables d’infiltrer la totalité de nos réseaux téléphoniques ; le tout inspecté, comble de sophistication, par une escouade de robots.
Au cri d’alarme lancé...