Rosette, qui est mère d’une fillette d’un an, se prépare à s’envoler dans quelques jours pour la capitale française afin d’intégrer un atelier d’écriture scientifique et de traitement des données, qui débutera le 25 novembre et s’étalera sur une semaine, à l’Université de Cergy-Pontoise. « Grâce à l’AUF, je vais pouvoir jouir d’un accompagnement individualisé de mon projet. Pouvoir publier avant d’avoir fini mon doctorat est un point très positif. Je pourrais ainsi faire connaître mes travaux aux spécialistes », se réjouit-elle.
L’intégration des nouvelles technologies dans l’enseignement
Son bac en poche, Rosette complète une licence puis une maîtrise en biologie à l’USJ et décroche un Capes (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire) de l’UL. Elle se tourne par la suite vers l’enseignement scolaire de la biologie, certes, mais également de la physique et de la chimie. « J’aime le contact avec les étudiants. Chaque élève est diffèrent. Et cette hétérogénéité m’enrichit et constitue un défi pour moi puisqu’elle me pousse à analyser mes pratiques et à modifier mes méthodes », poursuit-elle avec douceur et conviction.
La jeune femme prend une courte pause des études après l’obtention de sa maîtrise pour préparer la naissance de sa fille. Aujourd’hui, elle poursuit ses travaux de thèse, le diplôme étant prévu pour 2015. « Le doctorat, je l’avais en tête depuis le début. Pour un double objectif : d’abord pour mon propre enrichissement personnel puis pour ma carrière afin de pouvoir enseigner à l’université », confie Rosette dont la thèse est encadrée par deux codirecteurs, le Pr Fady el-Hage, doyen de la faculté des sciences de l’éducation de l’USJ, et Françoise Poyet, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université Claude-Bernard-Lyon 1 (IUFM) et chercheure en psychologie cognitive.
« J’espère que les nouvelles technologies seront de plus en plus intégrées dans le curriculum libanais et dans les pratiques éducatives des différentes disciplines, surtout scientifiques », conclut-elle avec espoir. Et bien qu’elle admette l’existence de difficultés dans l’enseignement de la biologie au Liban telles que « l’absence d’équipement, le manque de formation sur les nouvelles méthodes d’enseignement, le refus chez certains enseignants d’intégrer la technologie dans l’enseignement et leur obstination à se limiter aux méthodes conventionnelles », elle est optimiste quant à l’avenir de l’enseignement des sciences au Liban. Rosette Nahed conclut : « Les étudiants sont curieux. Ils veulent apprendre. Toutefois, ils veulent tout rapidement. C’est la génération du zapping, comme sur Internet. »

