Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif lors de sa rencontre avec l'émissaire international Lakhdar Ibrahimi à Genève le 7 novembre 2013 avant le début des discussions sur le nucléaire iranien. AFP PHOTO/ UN HO/ VIOLAINE MARTIN
Des discussions "extrêmement complexes" sur le programme nucléaire controversé de l'Iran se déroulaient jeudi à Genève avec l'examen d'une proposition iranienne en échange d'une assouplissement des sanctions économiques, selon les négociateurs.
"L'autre partie a accepté le cadre proposé par l'Iran, à savoir le premier pas, le dernier pas et les pas intermédiaires et maintenant nous pouvons aborder les détails", a déclaré Abbas Araghchi, qui dirige l'équipe des négociateurs nucléaires iraniens, à la télévision d'Etat. Il y a des réunions plénières et des réunions séparées, et ensuite une tentative de rédiger un texte commun entre le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et Mme Catherine Ashton, la diplomate en chef de l'Union européenne, qui préside les travaux, a précisé M. Araghchi.
"Nous avons un travail difficile devant nous. Les positions des deux parties ont des différences importantes et il ne sera pas facile de rapprocher ces positions mais ce qui est important, c'est que les deux parties ont la volonté de le faire", a-t-il ajouté, estimant qu'il est trop tôt pour dire si les points de vue se rapprochent.
Pour la presse iranienne, il a souligné que "la suspension de l'enrichissement est notre ligne rouge". "L'enrichissement, c'est certain, va continuer en Iran", a ajouté M. Araghchi, cité par l'agence Isna.
"Les deux parties doivent prendre des mesures de confiance mutuelle, nous prendrons (des mesures) de même poids que celles que prendra l'autre partie dans la reconnaissance de nos droits et la levée des sanctions", a-t-il affirmé.
"Phase sérieuse"
Michael Mann, le porte-parole de Mme Ashton, a indiqué de son côté que "les discussions sont extrêmement complexes et entrent maintenant dans une phase sérieuse".
"La première session a été bonne", a-t-il dit en référence à une réunion plénière jeudi matin qui a duré 45 minutes. Les discussions comportent un volet politique et un volet technique, a rappelé M. Mann en indiquant qu'il y a toujours un accord entre tous les participants pour ne pas communiquer sur leur contenu pour le moment.
(Lire aussi : Nucléaire iranien : un accord international pourrait intervenir "cette semaine")
Les négociateurs de l'Iran et des 5+1, les membres permanents du Conseil de sécurité (Etats Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne) plus l'Allemagne, se retrouvent pour essayer de sortir de près de dix ans de confrontation sur ce programme, soupçonné par les Occidentaux de créer une capacité à produire l'arme nucléaire.
Une nouvelle rencontre bilatérale entre Mme Ashton et le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif était programmée dans l'après-midi. M. Zarif a annulé pour cela un déplacement en Italie.
Un premier accord, considéré comme "un premier pas" du côté américain, pourrait concerner l'enrichissement d'uranium avec en contrepartie un allègement "limité, ciblé et réversible" de sanctions qui pèsent gravement sur l'économie iranienne, avait indiqué mercredi un officiel américain.
Les Israéliens pessimistes
Israël a levé un coin du voile sur le contenu des discussions appelant mercredi les grandes puissances à rejeter une éventuelle proposition de l'Iran, qualifiée de "mauvaise".
"Au cours des dernières heures, Israël a appris qu'une proposition allait être faite aux 5+1 à Genève dans laquelle l'Iran cessera toutes ses activités d'enrichissement (d'uranium) à 20% et ralentira ses travaux sur le réacteur à eau lourde d'Arak, en échange d'un allègement des sanctions", a déclaré un responsable israélien à l'AFP. "Israël pense que c'est un mauvais accord et va s'y opposer fermement", a ajouté ce responsable, s'exprimant sous couvert de l'anonymat
Les négociateurs sont sous pression à Washington, avec un Congrès de plus en plus impatient de durcir les sanctions économiques contre l'Iran et à Téhéran, avec l'aile dure du régime, opposée à toute concession sur l'enrichissement d'uranium qu'elle considère comme un droit. Elle se déclare également très suspicieuse quant aux intentions américaines.
Les Occidentaux et Israël sont déterminés à stopper le programme iranien d'enrichissement d'uranium, soupçonné d'être destiné à fabriquer une arme atomique, ce que nie Téhéran qui revendique son droit au nucléaire civil.
"Les cinq membres du Conseil de sécurité et la communauté internationale" disent : "l'Iran peut parfaitement avoir le droit d'utiliser le nucléaire civil mais la bombe atomique, non", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.
Pour mémoire
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"L'autre partie a accepté le cadre proposé par l'Iran, à savoir le premier pas, le dernier pas et les pas intermédiaires et maintenant nous pouvons aborder les détails", a déclaré Abbas Araghchi, qui dirige l'équipe des négociateurs nucléaires iraniens, à la télévision d'Etat. Il y a des réunions plénières et des réunions séparées, et ensuite une tentative de rédiger un texte commun entre le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et Mme Catherine Ashton, la diplomate en chef de l'Union européenne, qui préside les travaux, a précisé M....


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