D’après les prémices de cette réunion qui s’est tenue à New York le 25 septembre passé sous le nom de « Groupe d’appui et de soutien au Liban », il semble que la communauté internationale se soit mobilisée pour plancher sur le cas du Liban, devenu, à force de trébucher, un pays à problèmes et à risque de déstabilisation.
En revoyant de plus près notre parcours politique depuis plus d’une cinquantaine d’années, nous remarquons que les chutes, les problèmes et les risques sont en majorité l’œuvre des Libanais eux-mêmes, ou plus exactement de ceux qui veillent à la destinée du Liban : soit les politiciens de tout bord.
N’est-il pas honteux pour nous, Libanais, de voir la communauté internationale et la Banque mondiale s’ébranler pour venir à notre aide, alors que nous, cupides et ignorants que nous sommes, nous nous cantonnons à nos slogans et nous nous figeons dans le blocage de notre système politique et de nos institutions étatiques, jusqu’à pousser le pays à la dérive ? Nous, Libanais, qui sommes fiers de notre culture, de notre civilisation, de notre ouverture et rayonnement sur toute la planète, de notre vie sociale et mondaine, de notre climat, etc., eh bien, oui, nous sommes meurtris de voir des nations et des peuples amis s’attrister à notre sort.
Nos responsables politiques, soutenus et financés par divers pays, ne sont pas ignorants de ce qu’ils font, mais traîtres dans le vrai sens du mot, puisqu’ils cachent des intentions et des buts dans l’intention de mettre à bas le système politique actuel, pour le remplacer par un autre qui convient mieux à leurs partenaires. C’est de nouveau, comme le disait fort bien feu Ghassan Tuéni, la guerre des autres sur notre sol.
Devant le clivage sunnito-chiite que nous vivons, les chrétiens du Liban ont une obligation : celle d’assumer leurs responsabilités auprès de leurs alliés musulmans des deux tendances, puisqu’ils sont déjà liés à eux par des parcours contractuels, pour les amener à s’élever au-dessus des intérêts de leurs partenaires et à adopter les seuls intérêts du Liban.
Pour en arriver là, il faudrait que les chrétiens eux-mêmes laissent de côté leurs aspirations et leur rêve de la première magistrature. Qu’ils s’unissent et travaillent d’un commun accord pour le bien du pays, le bien de ses chrétiens et des chrétiens de tout l’Orient arabe. S’ils arrivent à s’unir, ils formeraient une entité ferme et compacte, capable d’un côté de raffermir leur présence et d’asseoir leur volonté, et d’un autre de remonter le moral des chrétiens d’Orient pour leur permettre d’éviter les flèches des mouvances pseudo-nationales et islamistes.
Nous n’avons finalement qu’à prier : mon Dieu, pardonnez-leur à tous car ils ne savent pas tout le mal qu’ils font au Liban.
Émile SFEIR
Ingénieur

