Gérard de Villiers, chez lui à Paris, en sepembre 2007. AFP/PATRICK KOVARIK
L'écrivain Gérard de Villiers, auteur des "SAS" et phénomène de l'édition française, est décédé jeudi à Paris à 83 ans "des suites d'une longue maladie", a annoncé vendredi dans un tweet son avocat Eric Morain.
"Il avait souhaité que son décès soit annoncé comme cela", a précisé à l'AFP Me Morain, qui était son avocat depuis une quinzaine d'années.
"Le Prince Malko Linge est orphelin : l'écrivain Gérard de Villiers est décédé hier à Paris à 83 ans des suites d'une longue maladie", a annoncé l'avocat sur twitter.
Pour Eric Morain, annoncer ainsi son décès était une sorte de "pied de nez", de la part de quelqu'un qui n'avait jamais écrit le moindre "tweet" et rédigeait tous ses SAS sur une machine à écrire datant de 1976.
Christine de Villiers, l'épouse de l'auteur et elle-même dirigeante des éditions Gérard de Villiers, a confirmé sa disparition. "En mai on lui avait diagnostiqué un cancer du pancréas avec des métastases au foie", a-t-elle indiqué par téléphone à l'AFP. "Sur les dernières semaines il restait conscient mais très fragile. Il n'avait pas supporté la chimiothérapie", ajoute Mme de Villiers. "C'est exactement la mort qu'il ne voulait pas".
Début février, le New York Times l'avait consacré comme "l'auteur de romans d'espionnage qui en savait trop". Il venait de passer dix jours en Afghanistan, théâtre de ses deux SAS à venir, les 198e et 199e de la série.
"Conteur d'histoires pour adultes", il était aussi un "passeur d'informations", a indiqué Me Morain, ajoutant que "les services ont maintes fois utilisé des SAS pour faire passer des messages à leurs homologues".
Alors que la série SAS affiche aujourd'hui 200 titres, Gérard de Villiers déclarait récemment ignorer le nombre exact de livres vendus depuis 1965 et la publication de "SAS à Istanbul", le premier de la collection, il y a près d'un demi-siècle: "Sans doute entre 120 et 150 millions tous pays confondus", avançait-il.
Le Liban, source d'inspiration
Le Liban a été une vraie source d'inspiration pour le père de Malko, Gérard de Villiers ayant écrit "Mort à Beyrouth" (1972), Les fous de Baalbek (1984), "Vengeance à Beyrouth" (1993), La manip du Karin A (2002), Rouge Liban (2007) et "la Liste Hariri"(2010).

En 2003, notre collègue du service culture, Edgar Davidian, avait rencontré l'écrivain globe-trotter dont la recette du succès est fondée sur trois ingrédients : un zeste d’érotisme (à ce sujet il confiera "oui, oui j’aime beaucoup les femmes" et qualifiera les Libanaises d'"élégantissimes"), de l’action et une excellente connaissance des pays décrits.
Une connaissance acquise grâce aux informations glanées au gré de ses nombreux voyages et repérages, mais aussi grâce à un réseau fourni d’amis, de journalistes et de diplomates.
Parmi les nombreuses personnes qu'il avait rencontrées à Beyrouth, notre collègue Scarlett Haddad, journaliste et analyste politique.
"On ne pouvait pas lui dire n'importe quoi, il fallait être très précis. On ne pouvait pas, par exemple, lui dire +on dit que+, il devait savoir qui était ce +on+. Sur les sujets qu'il traitait, il connaissait non seulement les côtés politique et sécuritaire, mais aussi les mentalités et les gens. Il prenait le temps de rencontrer les gens", explique Scarlett Haddad qui l'a rencontré à deux reprises.
"Mes livres reflètent 80% de la réalité", avait-il déclaré à L'Orient-Le Jour en 2003, ajoutant : "Je suis si précis dans mes descriptions que mes livres ont servi de guides à certains lecteurs".
"Il connaissait très bien le Liban et la jet-set libanaise. Pour lui, ce petit pays était une source d'inspiration inépuisable. Il était aussi toujours très content de venir ici car il trouvait au Liban des informations sur toute la région", poursuit Scarlett Haddad.
En 2003, il qualifiait le Liban de "pays de tolérance" et estimait que "les Libanais pourraient être des bouddhistes". Il affirmait aussi à notre collègue garder des souvenirs impérissables de la société libanaise, notamment ce dîner en pleine guerre où, même bombardée, une maison de grande tenue mondaine sert le repas au jardin quand le salon est encore fumant des éclats des roquettes… Image certes surréaliste mais illustrant avec éloquence la flexibilité des Libanais. Alors qu'on lui demandait un dernier souhait, Gérard de Villiers avait répondu : "Que les lecteurs libanais continuent à me lire et que le Liban continue à se reconstruire tout en demeurant un exemple de cohabitation."
Pour mémoire
Gérard de Villiers : Les Libanais sont doués pour la survie… (Réservé aux abonnés)
"Il avait souhaité que son décès soit annoncé comme cela", a précisé à l'AFP Me Morain, qui était son avocat depuis une quinzaine d'années.
"Le Prince Malko Linge est orphelin : l'écrivain Gérard de Villiers est décédé hier à Paris à 83 ans des suites d'une longue maladie", a annoncé l'avocat sur twitter.
Pour Eric Morain, annoncer ainsi son décès était une sorte de "pied de nez", de la part de quelqu'un qui n'avait jamais écrit le moindre "tweet" et rédigeait tous ses SAS sur une machine à écrire datant de 1976.
Christine de Villiers, l'épouse de l'auteur et elle-même dirigeante des...

