Réunis jeudi matin en assemblée générale, les clubs de football professionnels français de Ligue 1 et Ligue 2 ont décidé à l’unanimité de se mettre en grève le week-end des 30 novembre et 1er décembre. Jean-François Maunier/AFP
« Nous sommes devant un mouvement historique, à l’unanimité, avec une vraie détermination pour sauver le foot, avec un week-end sans match à la fin du mois de novembre », a lancé Jean-Pierre Louvel, président de l’Union des clubs professionnels (UCPF), à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire de son instance, jeudi à Paris.
La dernière grève du foot français remonte à 1972.
Avec ce mouvement, les clubs de 1re et 2e division veulent « confirmer leur opposition résolue au projet de taxe à 75 % », a poursuivi le patron des clubs de foot pro.
« Soyons conscients du drame que vit le foot, nous sommes le seul pays qui taxe des entreprises qui perdent de l’argent, a souligné M. Louvel. Je souhaite que notre action fasse évoluer les politiques sur cette mesure. »
La perte cumulée des deux divisions (1re et 2e div.) est de 108 millions d’euros en 2011-2012 en cette période de crise, selon les chiffres du monde pro.
Les clubs demandent aux pouvoirs publics l’abandon du projet de taxe. Un rendez-vous entre les patrons du foot français et le président de la République, François Hollande, est prévu la semaine prochaine, sans doute jeudi.
Un calendrier qui laisse encore le temps aux protagonistes pour de tenter de sortir de la crise en douceur.
« Au bord de la falaise... »
« S’il n’y a pas de consensus – par consensus j’entends des paroles qui se traduisent en actes – trouvé avec le président de la République, nous continuerons l’action quelle que soit la forme, a prévenu M. Louvel. S’il n’y a pas de consensus, de toute façon, quand on est au bord de la falaise, tout est possible. »
Le dialogue avec les pouvoirs publics s’annonce ardu. Matignon a ainsi affirmé hier qu’un club de football était traité, au regard de la taxe à 75 %, « comme une entreprise comme une autre ».
La réaction de l’opinion publique sera tout aussi compliquée, alors qu’un récent sondage montrait que 82 % des Français avaient une mauvaise image des Bleus, trois ans après la fameuse grève de Knysna.
Le Parti communiste français (PCF) a ainsi ouvert le feu, dénonçant un « lobbying scandaleux ».
Une opinion publique difficile
Pour faire comprendre le message véhiculé par cette « journée blanche », les clubs pros vont « organiser des opérations avec tous les fans de football », a ajouté M. Louvel. Une journée portes ouvertes dans les stades, où responsables et dirigeants recevront les supporters pour leur expliquer le mouvement.
Le match vedette du week-end de grève, du 29 novembre au 2 décembre, est un Paris SG-Lyon le dimanche soir qui devait être diffusé par Canal+. La réaction des diffuseurs télé sera d’ailleurs très attendue : peuvent-ils porter plainte contre les clubs pour demander réparation ?
Les députés ont voté vendredi dernier la nouvelle mouture de la taxe à 75 % pour les très hautes rémunérations. La taxe fait partie du projet de budget 2014 devant ensuite être examiné au Sénat avant de revenir vers l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot.
Cette « contribution exceptionnelle de solidarité » est assise sur la fraction de la rémunération supérieure à un million d’euros versée par les entreprises. Elle s’appliquera uniquement pendant deux ans, sur les rémunérations de 2013 et 2014.
Les présidents de clubs enragent contre ce nouveau dispositif qui représenterait une charge totale de 44 millions d’euros pour la L1. Une estimation basée sur les hauts revenus d’environ 120 joueurs des 14 clubs concernés, selon un argumentaire du foot pro que s’est procuré l’AFP.
Car les clubs ne sont pas seuls dans ce combat.
Mercredi, toutes les composantes du football professionnel – Ligue de football professionnel (LFP), syndicats des clubs (UCPF), des joueurs (UNFP), des entraîneurs (Unecatef) et des administratifs (UAF) – avaient décidé d’un boycott jusqu’à nouvel ordre de la commission sur la compétitivité du foot (dite du « foot durable ») mise en place par le ministère des Sports le 25 septembre.
(Source : AFP)


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