L’autre Syrie
De tout temps nous étions familiers avec l’ouvrier syrien journalier qui comblait la demande de main-d’œuvre bon marché dans l’agriculture et le bâtiment. Puis on a eu l’invasion militaire de triste mémoire à laquelle mit fin « la révolution du Cèdre ». Récemment, ce sont les réfugiés syriens, poussés hors de leur pays par les événements sanglants. Les statistiques nous révèlent que un million deux cent mille d’entre eux auraient franchi nos frontières. C’est énorme pour un si petit pays qui compte déjà 500 000 Palestiniens et 500 000 Sri Lankais, Philippins, Éthiopiens, etc. venus travailler chez nous. Je vous laisse la joie de calculer ce qu’il reste au citoyen autochtone comme espace vital... Il y a quelques jours, l’invasion a pris un autre visage : l’art syrien a envahi nos cimaises. Entre Marouan, peintre syrien vivant à Berlin, Omar qui tente à partir de Beyrouth d’aider ses compatriotes, et les artistes divers qui exposent leurs œuvres chez Artheum ou bien ailleurs, les Libanais sont confrontés à un aspect de la culture syrienne, tourmentée, parfois difforme, souvent violente mais ô combien expressive, que peu entrevoyaient. J’imagine que c’est cette invasion-là qui les conforte le mieux.
Ah si tous les artistes du monde pouvaient se tenir la main !
Dolly TALHAMÉ
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Les limites de l’immunité
La question de l’immunité, que ce soit pour un parlementaire ou un ministre, est-elle devenue sans limite dans notre cher pays ? Une question grave, que se pose chaque citoyen après le scandale de détournement de fonds publics qui a éclaté au grand jour entre deux ministres au sein du gouvernement démissionnaire : Mohammad Safadi et Nicolas Fattouch. Ces ministres devraient être immédiatement traduits en justice après leurs aveux, sauf si le détournement est devenu un sujet de fierté et si, au nom du système tribal, chacun en se réfugiant derrière sa confession devient intouchable. Si la justice reste ainsi impuissante et timide face à tous ces dossiers comment espérer encore, si vous avez un procès en souffrance depuis plus d’un demi-siècle, concernant un bien maritime, le gagner avec tout ce trafic d’influence. Et comment aussi, pour un procès d’importance mineure (un droit de passage dans un petit village sur lequel un juge refuse de trancher), pouvez-vous rêver d’obtenir gain de cause ? Le pays, chers responsables, est en chute libre économiquement et politiquement. Un vide effarant le menace, avec des députés et ministres inexistants. On ne peut que remercier l’armée pour son rôle d’arbitre, sauf que, avec la loi de la jungle qui sévit partout, aucune force ne pourra tenir le coup longtemps.
Nazira A. SABBAGHA
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Abattre un... condamné à mort
Les États états-uniens appliquant la peine de mort sont confrontés à une pénurie de barbituriques pour mener à terme leurs exécutions, les forçant à se tourner vers des produits alternatifs non homologués et non agréés. Ainsi, deux hommes ont été exécutés récemment au Texas (antre des Bush) avec un anesthésiant pour... animaux. Quelle ironie !
Il faudrait actualiser les dictionnaires, car il est désormais acceptable de dire en bon français : « Abattre un condamné à mort. »
Sylvio Le BLANC
Montréal (Québec)
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Au péril de leur vie
Par désespoir, on décide de tourner le dos à son pays, croyant découvrir ailleurs le havre de paix et de sécurité auquel on aspire. C’est cette décision qu’avaient prise les habitants du Akkar en risquant l’aventure pour fuir la misère et l’insécurité venues frapper à leur porte. Peut-on blâmer ces pauvres gens d’avoir osé entreprendre ce voyage périlleux à destination de l’Australie, sans avoir envisagé les risques qu’ils encouraient entassés sur un bateau de fortune qui finit par céder aux intempéries de l’océan sans avoir atteint l’eldorado dont ils rêvaient? Cette tragédie venue endeuiller des familles entières illustre le contexte difficile de la vie du citoyen (et qui finira par englober un plus grand nombre de victimes), tant qu’une solution fiable continuera de tarder. Après tout, ne sommes-nous pas à bord de ce bateau de malheur, à l’image de notre pays chavirant, sans boussole, à la merci d’une tempête, pour finir par s’engloutir au fond de l’océan ? Le sauvetage de notre nation, de notre avenir incertain, est entre les mains de nos responsables qui doivent réagir réalisant la gravité du danger qui nous menace. Ils doivent cesser de camper sur leur position, empêchant ainsi la formation d’un gouvernement que nous voulons compétent et capable de redresser les institutions défaillantes de notre pays qui risquent de s’effondrer du jour au lendemain.
Hilda DADOURIAN


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve