Selon le quotidien, les forces spéciales turques sont intervenues le mercredi 16 octobre dans la ville d’Aazaz, à quelques kilomètres à l’intérieur du territoire syrien, en proie depuis plusieurs semaines à de violents combats entre forces jihadistes et autres groupes rebelles hostiles au président Bachar el-Assad.
Ce commando est parvenu à en extraire les neuf otages libanais et à les ramener sur le sol turc sans prendre part aux combats, a précisé Sabah sans citer de sources.
Les neuf avaient été capturés en mars 2012 en Syrie par des rebelles syriens hostiles au régime de Damas alors qu’ils rentraient d’un pèlerinage en Iran. Ils ont été libérés samedi et ont pu regagner Beyrouth à l’issue d’une négociation orchestrée par la Turquie et le Qatar.
L’information de Sabah intervient alors que le chef des services secrets turcs, Hakan Fidan, fait l’objet de vives critiques aux États-Unis et en Israël notamment.
Le quotidien américain Washington Post l’a accusé la semaine dernière d’avoir livré à l’Iran une dizaine d’espions iraniens travaillant pour les renseignements israéliens, le Mossad. Ankara a démenti catégoriquement ces accusations.
M. Fidan est un proche conseiller et un fidèle du chef du gouvernement islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan.
Les otages racontent
À Beyrouth, Ali Termos, l’un des otages libérés, raconte à l’AFP avoir été déplacé à treize reprises au cours de ses 17 mois de captivité en Syrie et dit avoir subi comme une véritable « torture psychologique » les multiples promesses de libération.
« Mes nerfs étaient à bout. J’ai compté que nous avons été déplacés treize fois, peut-être plus », raconte ce père de trois enfants.
« Ils ont dit que nous serions libérés des centaines de fois. Mais ils mentaient et à chaque fois nous changions d’endroit et il n’y avait pas de libération », assure-t-il.
« Vous savez, les abus moraux et psychologiques, les atteintes à la dignité (...), c’est pire que la maltraitance physique », affirme un autre ex-otage, Ali Abbas. Le jeune homme lâche au sujet de ses ravisseurs : « Ce ne sont même pas des humains. Tout ce qui leur importe c’est l’argent. » La brigade qui a détenu les neuf Libanais a reçu 100 millions d’euros dans le cadre de l’échange survenu, selon le quotidien al-Chark al-Awsat.
« Onze des endroits où ils nous ont emmenés étaient détruits par les bombardements et les explosions, et plusieurs fois nous avons pensé que nous allions mourir », assure-t-il.
Ali Termos lui aussi reçoit dans sa maison, entouré de sa femme et de ses enfants proposant café et biscuits au flux ininterrompu de connaissances venues le saluer.
Dans ses souvenirs, la plupart des endroits où ils ont séjourné étaient des positions rebelles situées près de la frontière turque. Parmi ces lieux, une tente en plein soleil ou encore une pièce équipée du strict minimum.
Les deux ex-otages ont assuré à l’AFP n’avoir jamais été battus ou torturés par leurs ravisseurs. Un troisième, Ali Cheaib, a affirmé quant à lui à la télévision al-Manar du Hezbollah avoir été frappé, les rebelles l’accusant d’être un responsable du parti chiite.
Ali Abbas se rappelle avec émotion du dénouement de ces longs mois de captivité. Un sac sur la tête, les otages ont été conduits vers une destination inconnue. Dans une pièce un homme les attendait. « Vous êtes en sécurité en territoire turc », a-t-il lancé.
« Cela a été un moment merveilleux. Je ne peux pas le décrire », assure Ali Abbas.


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