Selon une étude récente, les sujets porteurs de la variation génétique TREM2 (1 % de la population) perdent plus rapidement les tissus dans le cerveau. Photo tirée du site www.topnews.in
« Chez les sujets porteurs de cette variation génétique TREM2, nous n’avons jamais constaté un rythme aussi rapide de perte des tissus dans le cerveau », indique Paul Thompson, professeur de neurologie et de psychiatrie à l’Université de Californie du Sud, principal auteur de la recherche.
Les sujets sains perdent moins d’un pour cent de leur matière cérébrale par an. Cette perte est compensée en partie par une régénération des neurones résultant de la stimulation mentale, explique Paul Thompson, soulignant que les symptômes de la maladie d’alzheimer commencent à se manifester quand environ 10 % des tissus cérébraux ont été détruits.
« Il s’agit de la première étude à utiliser un scanner du cerveau pour montrer les effets de cette variation génétique et c’est étonnant », ajoute-t-il. Cette mutation, dont la découverte avait été annoncée en janvier 2013, accélère la perte des tissus cérébraux à un rythme incroyablement rapide. Les personnes porteuses de cette variation génétique, environ 1 % de la population, perdent 3 % de leurs neurones par an, indique Paul Thompson.
Les auteurs de l’étude ont comparé les IRM (imagerie par résonance magnétique) de 478 adultes d’une moyenne d’âge de 76 ans pendant deux ans en Amérique du Nord. Ce groupe se composait de 283 hommes et de 195 femmes. Quelque 100 participants étaient atteints de la maladie d’alzheimer, 221 souffraient de légers problèmes cognitifs et 157 étaient en bonne santé.
Ils ont observé que les porteurs de la mutation génétique TREM2 avaient perdu de 1,4 à 3,3 % supplémentaires de leur tissu cérébral à un rythme deux fois plus rapide que ceux qui n’avaient pas cette variation de ce gène. Les pertes étaient surtout concentrées dans le lobe temporal et l’hippocampe, des zones jouant un rôle important dans la mémoire.
« Cette mutation du gène TREM2 semble multiplier par trois ou quatre le risque de développer la maladie d’alzheimer, estime le Dr Thompson. Cela devrait aider à recruter des personnes porteuses pour mener des essais cliniques afin d’évaluer des traitements potentiels et cela pourrait permettre de parvenir plus rapidement à des résultats tangibles. »
La maladie d’alzheimer affecte quelque 36 millions de personnes dans le monde. Un nombre qui ne cesse d’augmenter sous l’effet du vieillissement de la population.
Une maladie dégénérative
C’est en 1906 que l’Alzheimer a été décrit pour la première fois, par Aloïs Alzheimer, neuropsychiatre allemand. Au Liban, on estime à plus de 35 000 les personnes qui en souffrent.
L’Alzheimer est une maladie dégénérative caractérisée par une perte progressive et rapide des cellules du cortex cérébral responsable des fonctions supérieures, comme la mémoire, le langage, l’orientation, l’intelligence et la communication.
Plus de la moitié des cas d’Alzheimer sont observés chez des personnes âgées de plus de 80 ans. Dans certains cas toutefois, la maladie peut survenir à un âge plus jeune.
La maladie dure plusieurs années au cours desquelles la situation du patient se détériore, dont les troubles de mémoire touchent au début les faits récents. Avec l’évolution de la pathologie, des événements plus anciens sont oubliés. Puis surviennent d’autres complications comme la perte du sens de l’orientation, les troubles du langage, la difficulté à manipuler les gestes quotidiens et à reconnaître les personnes et les objets qui l’entourent. À cela s’ajoutent des troubles du calcul et de la logique. Au stade final de la maladie, le patient est alité.
Les causes de la maladie sont encore ignorées. Les spécialistes expliquent que le facteur héréditaire joue un rôle limité dans la survenue de la maladie, affirmant que c’est l’âge qui constitue le principal facteur de risque.
En ce qui concerne le traitement, il est symptomatique, mais ne peut pas ralentir l’évolution de la maladie ou la stopper.

