« Americanah », ou les diverses façons d’être noir aux États-Unis
OLJ /
le 12 octobre 2013 à 00h00
La Nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, auteure du best-seller L’Autre moitié du Soleil, se sert de son expérience personnelle pour explorer dans Americanah, son troisième roman, les différentes façons d’être noir aux États-Unis. Le rire de cette femme de 36 ans à la voix grave et au port de tête altier résonne dans les locaux exigus de sa maison d’édition nigériane, à Yaba, un quartier populaire et animé de Lagos : « Je ne suis pas une Americanah ! » s’exclame-t-elle. L’expression nigériane « Americanah », explique-t-elle, « fait référence à ces gens qui ont été aux États-Unis et qui se sont américanisés ». Son dernier roman raconte les péripéties d’Ifemelu, une étudiante nigériane aux États-Unis, et l’expérience parallèle de son amoureux de jeunesse en Grande-Bretagne. À travers les interrogations d’Ifemelu, Mme Adichie dissèque la société noire de l’Amérique d’aujourd’hui et les quiproquos qui découlent d’un passé que les jeunes immigrés africains ne partagent pas avec les Noirs américains. L’auteure, qui vit aujourd’hui entre son Nigeria natal et les États-Unis, se souvient avoir vécu des situations similaires, « quand on attendait d’(elle) qu’(elle) comprenne que les blagues sur les pastèques ou sur le poulet frit étaient racistes » parce qu’elles font référence à des stéréotypes sur l’alimentation des Noirs américains. « Une fois que j’ai commencé à me documenter et à poser des questions, j’ai compris certaines choses d’un point de vue intellectuel, mais il y en a d’autres qu’on ne peut pas ressentir parce que ce n’est pas notre propre histoire. » Mme Adichie garde un souvenir précis de son premier retour au Nigeria, après quatre ans d’université aux États-Unis. Elle se rappelle avoir regardé par le hublot, et « avoir été saisie par tous ces toits rouillés et par ce paysage, comme une sorte de patchwork (...) et ce côté non planifié, désorganisé m’a rendue si heureuse. Je me suis dit : je suis chez moi ! ». Quelques minutes après sa sortie de l’aéroport, elle se souvient aussi avoir été rapidement irritée par certaines choses, comme la façon de conduire ou la saleté. Mais aujourd’hui, le Nigeria reste le seul endroit où elle se sent chez elle.
La Nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, auteure du best-seller L’Autre moitié du Soleil, se sert de son expérience personnelle pour explorer dans Americanah, son troisième roman, les différentes façons d’être noir aux États-Unis. Le rire de cette femme de 36 ans à la voix grave et au port de tête altier résonne dans les locaux exigus de sa maison d’édition nigériane, à Yaba, un quartier populaire et animé de Lagos : « Je ne suis pas une Americanah ! » s’exclame-t-elle. L’expression nigériane « Americanah », explique-t-elle, « fait référence à ces gens qui ont été aux États-Unis et qui se sont américanisés ».Son dernier roman raconte les péripéties d’Ifemelu, une étudiante nigériane aux États-Unis, et l’expérience parallèle de son amoureux de jeunesse en Grande-Bretagne. À travers...
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