Les parlementaires iraniens, volontairement ou sur impulsion du guide suprême Ali Khamenei, ont exprimé un très large soutien aux récentes initiatives du nouveau président, Hassan Rohani, visant à sortir la République islamique de son isolement diplomatique, rapportent les médias iraniens. M. Rohani a rencontré les parlementaires pour leur rendre compte de son voyage à New York, où il a mené une offensive de charme à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies et a conclu son déplacement par une conversation téléphonique avec le président Barack Obama.
230 des 290 élus du Majlis ont signé une déclaration exprimant leur soutien à M. Rohani, dont les initiatives visent à donner l’image « d’un Iran fort et pacifique qui cherche par le dialogue et l’interaction un règlement aux problèmes régionaux et internationaux ». Le Parlement iranien, en grande majorité conservateur, est dominé par des factions loyales au guide suprême de la révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei. Cette prise de position confirme un peu plus que M. Rohani, un religieux perçu comme modéré, dispose de l’appui et de la confiance de la classe dirigeante iranienne. Le président du Majlis, Ali Larijani, l’a félicité pour son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, mais il n’a fait en revanche aucune allusion à sa conversation avec M. Obama.
Lundi, le chef des gardiens de la révolution, Mohammad Ali Jafari, avait jugé prématurée la conversation téléphonique avec le président américain, signe d’un certain malaise et peut-être d’un début de fronde de la frange dure du pouvoir iranien. M. Rohani, qui a pris ses fonctions en août, avait certes le feu vert de M. Khamenei pour tendre la main à Washington, mais en prenant au téléphone M. Obama peu avant de quitter le sol américain, il a peut-être outrepassé le mandat que lui avait confié le très prudent et profondément anti-occidental guide de la révolution, avancent certains analystes.
De son côté, le chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général Hassan Firouzabadi, a qualifié de geste de « désespoir » les menaces israéliennes en réaction à l’offensive de charme diplomatique de Téhéran. « Aujourd’hui, l’option militaire est un choix rouillé et vieux, posé sur une table branlante », a affirmé M. Firouzabadi.
D’autre part, les pays occidentaux envisagent d’accepter que l’Iran poursuive des activités d’enrichissement d’uranium dans le cadre d’un éventuel accord sur son programme nucléaire, a déclaré le ministre lituanien des Affaires étrangères, dont le pays préside l’Union européenne. Une telle évolution représenterait un assouplissement des exigences contenues dans plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur un arrêt par l’Iran de ses activités d’enrichissement d’uranium.
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