« Faire tomber le gouvernement serait une erreur (...), il faut prendre en compte le contexte international et européen », a argué un ancien inconditionnel du milliardaire, le député Fabrizio Cicchitto. Il n’en reste pas moins que le Peuple de la liberté (PDL) de M. Berlusconi est agité de soubresauts depuis l’ordre surprise de démission donné samedi par le magnat des médias aux cinq ministres de son parti participant au gouvernement de coalition droite-gauche de M. Letta. Ceux-ci, réputés modérés, se sont pliés au bon vouloir de leur chef mais ont critiqué ouvertement sa stratégie, Angelino Alfano, ex-bras droit du Cavaliere, allant jusqu’à se dire « berlusconien autrement ». De mémoire de commentateur, c’est la première fois que cet avocat sicilien de 42 ans tient tête à son mentor. Hier d’ailleurs, il a appelé « tout le parti » à voter la confiance au gouvernement Letta, en défi ouvert au Cavaliere.
En vue du vote de confiance prévu théoriquement à mi-journée aujourd’hui donc, le gouvernement Letta bénéficie du soutien assuré de 137 élus et il lui suffirait d’une vingtaine de transfuges, parmi des déçus du Mouvement Cinq Étoiles de Beppe Grillo et les « colombes » du camp Berlusconi, pour avoir la majorité absolue (161). Des médias répètent volontiers qu’au Sénat circule l’hypothèse d’une scission du PDL avec la formation d’un nouveau groupement pro-Letta et pro-européen. Selon son entourage, M. Letta n’entend pas « vivoter » et veut se présenter au vote de confiance avec un programme pour gouverner l’Italie jusqu’en 2015, comprenant une réforme de la loi électorale (qui aujourd’hui n’assure pas de majorité stable) et des mesures de relance économique. La direction du Parti démocrate de M. Letta (membre de l’aile centriste) a en outre affirmé le « soutenir dans son opération de clarification » politique.
Les marchés et les partenaires européens de l’Italie se montraient très inquiets avant le vote de confiance, et le président (socialiste) du Parlement européen Martin Schulz a dit craindre « d’énormes turbulences politiques et sur les marchés » en cas de chute de l’exécutif Letta. Un ex-parlementaire du PDL Giorgio Stracquadanio a confirmé des « contacts à 360 degrés entre tous ceux qui jugent dangereux pour le PDL de perdre son rôle central dans le gouvernement ». Selon M. Stracquadanio, M. Berlusconi « n’est pas lucide » car il craint d’être placé en détention après la perte très probable d’ici à la mi-octobre de son immunité de sénateur. Le Cavaliere risque une arrestation dans le procès Ruby pour abus de pouvoir et prostitution de mineure et des poursuites pour corruption de sénateur.
(Source : AFP)


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