Le corps du photojournaliste syrien Mourhaf al-Modahi, tué lors de combats opposant les rebelles aux troupes loyales au président Assad dans la ville orientale de Deir ez-Zor. Ahmad Aboud/AFP
Le président syrien Bachar el-Assad a affirmé hier qu’il se conformerait à la résolution des Nations unies sur les armes chimiques mais a dénié tout rôle à l’Europe dans le règlement de la crise syrienne.
« Bien sûr, nous allons la respecter et notre histoire prouve que nous avons toujours honoré notre signature sur tous les traités que nous avons signés », a-t-il ainsi déclaré au journaliste de la télévision italienne Raï News 24 qui lui demandait si son pays se conformerait à la résolution 2118 de l’ONU adoptée vendredi à l’unanimité.
Il a estimé que « bien évidemment » son pays assurera l’aide et la protection aux experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), dont un responsable a affirmé qu’il n’avait aucune raison de douter des informations fournies par le régime syrien.
En attendant, à Damas, un premier contingent d’une vingtaine d’experts internationaux en armes chimiques est attendu demain pour lancer l’une des opérations de désarmement les plus ambitieuses, dans un pays plongé dans la guerre civile. Il s’agit d’éliminer plus de 1 000 tonnes de produits toxiques (sarin, gaz moutarde) stockés dans tout le pays. L’ONU et l’OIAC cherchent des candidats prêts à travailler d’arrache-pied pour tenir des délais. Tous les sites répertoriés dans la liste remise par la Syrie le 19 septembre à l’OIAC devront avoir été inspectés au plus tard dans 30 jours.
La 2118
Quant à la résolution 2118, adoptée après d’âpres négociations russo-américaines, elle est la première du Conseil de sécurité depuis le début du conflit en Syrie. Elle fait obligation au régime Assad de détruire la totalité de ses stocks d’ici à la mi-2014. Mais les détails du plan élaboré par les Russes et les Américains le 14 septembre pour inspecter et nettoyer 45 sites de stockage restent à préciser, selon des diplomates. Les experts, eux, semblent sceptiques.
Pour Dina Esfandiary, une spécialiste de l’Institut international pour les études stratégiques de Londres, « on n’a jamais mené à bien une opération d’une telle ampleur, et sûrement pas en temps de guerre ». « (...) Les inspecteurs feront des cibles parfaites dans cette guerre civile. Quiconque voudra saboter l’opération – et je suis sûr que beaucoup voudront le faire – pourra les prendre en joue », a-t-elle souligné.
(Repère: Principaux points de l'accord russo-US sur l'élimination des armes chimiques syriennes)
De leur côté, Moscou et Pékin ont proposé leurs services pour l’opération syrienne. Les États-Unis, l’Allemagne et d’autres pays ont aussi offert leur aide technique ou financière. L’Italie a mis à disposition des appareils militaires C-130 pour transporter depuis les Pays-Bas jusqu’en Syrie les experts en armes chimiques, avec leur matériel.
Pour ce qui est de la résolution de la crise syrienne, le président Assad a dénié tout rôle à l’Europe dans le processus de la conférence de paix sur la Syrie, dite Genève 2. « Franchement, la plupart des pays européens n’ont pas la capacité de jouer un rôle dans Genève 2, car ils ne possèdent pas les atouts nécessaires pour réussir dans ce rôle », a-t-il souligné. « Ils ont adopté la politique américaine dans leur relations avec les différents pays » (de la région), a-t-il dit.
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12 h 28, le 30 septembre 2013