Après la menace du recours à la force, reprise en boucle par certaines figures médiatiques acquises au Hezbollah, ainsi que celle proférée par les ministres sortants de refuser de passer la main aux nouveaux membres du gouvernement et de camper dans les ministères, c’est hier rien moins que le blocage pour l’éternité (!) qu’a promis le vice-secrétaire général du parti, cheikh Naïm Kassem... toujours sur le ton de la menace.
« Il est tout naturel que le gouvernement soit à l’image du Parlement et que les blocs y soient représentés en fonction de leur dimension à la
Chambre, a affirmé cheikh Kassem. Le Premier ministre désigné, qui a été désigné par ces blocs, assume une responsabilité devant eux et devant le peuple libanais. Sa formule ministérielle doit s’en tenir aux dimensions des blocs parlementaires. Il n’est pas libre d’agir comme le souhaitent certains. Il est mandaté par ces blocs et doit respecter son mandat », a ainsi indiqué cheikh Kassem hier au cours d’une cérémonie de remise de diplômes.
« Le cabinet national rassembleur est celui dont les composantes ont la capacité de décider, a-t-il ajouté. Sinon, la question n’est pas d’accorder des portefeuilles ministériels à des individus ou de distribuer des postes et des fonctions. Nous ne recherchons pas des postes, mais la participation à la prise de décision, afin de construire le Liban et son avenir. Quant au gouvernement de fait dont ils parlent de temps à autre, il s’agit du cabinet de la destruction et du chaos. Aucun esprit sensé ne saurait faire pareille proposition », a-t-il dit.
Et de poursuivre : « Nous savons que la bande du 14 Mars ne veut pas d’un cabinet, mais d’une ferme. Ils veulent
contrôler la majorité à l’intérieur du cabinet. Ils veulent plus des deux tiers pour présider aux décisions cruciales. Ils s’en fichent que le pays sombre dans l’inconnu ; l’essentiel, pour eux, c’est que nous ne soyons pas partenaires dans l’édification du pays. Or cet inconnu, ce fossé va leur tomber sur la tête à eux et leur bande d’abord. Ils préfèrent cela au bien que nous leur proposons. C’est leur problème. N’ont-ils pas encore compris, au cours des cinq derniers mois, qu’ils ne sont pas en position de décider seuls et que leurs options locales et régionales vont d’échec en échec ? Ils méritent le Nobel du fiasco et des succès accumulés dans leurs échecs successifs », a affirmé Naïm Kassem.
« Ils ont parié sur la situation syrienne, ont pensé que leur bande de cannibales remporterait la victoire là-bas, et qu’à ce moment-là, la situation tournerait à leur avantage au Liban, a-t-il encore déclaré. Mais les cannibales n’ont pas réussi, et ils n’ont pu inverser la donne ici. Ce fut un échec retentissant. Ils ont parié sur la position américaine, ont estimé que les États-Unis agresseraient la Syrie. Ils étaient contents, alors même que cela contribuait à la destruction de la Syrie et son peuple, et, partant, de toute la région... Mais le projet de destruction systématique a échoué. Les projets de solutions politiques leur ont fait beaucoup de mal. Ils ont parié sur les pays de la région, mais ceux-là sont plongés dans la confusion et les échecs. Ils ont beau se lamenter à longueur de journée, ils ne peuvent rien faire. Il n’y a donc que deux solutions : un cabinet national, ou bien le maintien du cabinet chargé de l’expédition des affaires courantes ad vitam aeternam. Et c’est au 14 Mars de faire pencher la balance », a ajouté Naïm Kassem.
Et de conclure : « Nous souhaitons qu’il y ait un cabinet national rassembleur. Nous y aspirons et y œuvrons. Si vous ne le voulez pas, le cabinet chargé de l’expédition des affaires courantes est là. Le cabinet des trois huit, lui, est rejeté et impossible pour nous. Pourquoi ? Parce que les huit que vous voulez nous donner signifient que les deux tiers vous reviendront. Cela signifie que vous prendrez toutes les décisions cruciales à la majorité des deux tiers, sans en revenir aux huit, et les décisions administratives à la majorité absolue, sans en revenir aux huit. À quoi cela nous sert-il alors d’avoir huit ministres au gouvernement ? À quoi bon y figurer ? Lorsque nous refusons la formule des trois huit, nous refusons de nous retrouver au sein d’une ferme et de servir de faux témoins. D’ailleurs, votre gestion gouvernementale des années précédentes n’augure rien de bon. Nous voulons être auprès de vous au sein d’un cabinet d’union pour que vous vous contrôliez un peu, dans l’intérêt du pays et du peuple », a ajouté le vice-secrétaire général du Hezbollah.
Signalons par ailleurs que selon des sources du 8 Mars citées hier par l’agence al-Markaziya, « tout cabinet ne disposant pas de l’aval du Hezbollah ne passera pas, même s’il obtient la confiance à la Chambre. Il n’aura même pas la possibilité de distribuer les affaires courantes et ne pourra pas prendre en charge les ministères. Il sera confronté à une désobéissance civile politique, populaire et ministérielle, ce qui ouvrira la voie à de nouvelles crises, encore plus compliquées, et à encore plus d’instabilité ». Partant, la seule formule admissible par le Hezbollah, soulignent ces sources, est la formule 6-9-9, qui lui accorde le tiers de blocage. Ou cela, ou rien.


IL N'A PAS ENCORE CAVALÉ EN IRAN CUI'LA ?
16 h 06, le 28 septembre 2013