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Un espoir pour le Liban

Tribune
26/09/2013

Le Liban vit aujourd’hui un des moments les plus difficiles de son histoire. Répercussions de la crise syrienne, tirs aux frontières, violences dans certaines régions, attentats qui ont ensanglanté Beyrouth et Tripoli cet été : dans ce contexte national et régional très dégradé, les autorités libanaises s’efforcent de préserver la souveraineté, l’unité et la stabilité de leur pays fragilisé.


Comme elle l’a toujours fait, la France, au nom de l’amitié et de l’histoire, se tient aux côtés du Liban, de son peuple et de ses institutions. À notre initiative, le Conseil de sécurité des Nations unies a manifesté son unité. La solidarité internationale est en effet essentielle pour aider le Liban dans la crise. Les défis sont immenses et la situation demande une réponse urgente. Le 10 juillet, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité une déclaration de soutien au président Sleiman, à la déclaration de Baabda de juin 2012, à la Finul et au Tribunal spécial pour le Liban. Il appelle également à la formation d’un nouveau gouvernement et souligne l’importance d’une mobilisation internationale pour aider le Liban à accueillir les réfugiés syriens. Il existe un consensus sur ces objectifs : il s’agit désormais de passer de la parole aux actes.

 

(Lire aussi: De New York, Sleiman appelle les États amis à préserver la neutralité du Liban)


C’est le sens de la création sous l’égide du secrétariat général des Nations unies du Groupe international de soutien pour le Liban le 25 septembre 2013. Ce Groupe se fixe trois objectifs, définis avec les autorités libanaises : assistance humanitaire pour les réfugiés et les Libanais dans les régions les plus touchées, soutien aux Forces armées libanaises (FAL), appui budgétaire et financier à l’État libanais.
Les violences en Syrie ont mis sur les routes de l’exil plus de deux millions de Syriens et des dizaines de milliers de Palestiniens de Syrie. Le Liban a consenti un effort exceptionnel en accueillant plus de 800 000 d’entre eux. Cette présence massive de réfugiés pèse sur les infrastructures et suscite des tensions avec les populations locales. Les Nations unies, à travers notamment le HCR, l’Unrwa, le Programme alimentaire mondial, l’Unicef et les donateurs internationaux, se sont mobilisées pour venir en aide aux autorités libanaises, mais les besoins sont immenses. Il faut accroître la mobilisation et le nombre des donateurs au Liban. Pour ce qui concerne la France, le soutien renforcé de l’Agence française de développement viendra s’ajouter à l’aide que nous avons déjà apportée depuis le début de la crise. Il financera des projets en partenariat avec des ONG et les municipalités libanaises afin de renforcer leurs moyens au service des populations libanaises et pour améliorer l’accueil des réfugiés. Ces projets concerneront des domaines-clés dans les infrastructures ou l’éducation.

 

(Lire aussi: Le Liban sous la houlette des grandes puissances)

 

Notre Groupe s’est également fixé comme objectif d’aider l’armée libanaise. Celle-ci est le garant de la souveraineté, de la sécurité et de la stabilité du pays, mais elle est engagée aujourd’hui aux limites de ses capacités. Notre soutien recouvre plusieurs dimensions : entraînement et formation, y compris au profit des soldats libanais déployés en zone Finul ; dons de matériels ; soutien au plan d’équipement de l’armée. Sur ce dernier point, nous avons annoncé un renforcement de notre contribution à l’effort d’équipement de l’armée libanaise. Nous allons examiner avec les autorités libanaises la meilleure façon de répondre aux besoins de l’armée, y compris en garantissant les schémas de financement.


En même temps, le Liban se retrouve affaibli par une grave crise économique qui nécessite une réponse plus large. La crise syrienne pèse sur le niveau de l’activité libanaise, entraînant une dégradation de la situation économique et financière. L’initiative de la Banque mondiale est bienvenue dans un contexte où le Liban et sa population sont directement et durement frappés par les conséquences de la crise syrienne.

 

(Lire aussi: Au Liban, « 95 % des sociétés touristiques risquent la faillite »)


Pour porter ses fruits, cette mobilisation internationale doit être accompagnée par l’engagement des Libanais eux-mêmes. La dissociation avec la crise syrienne doit être poursuivie et respectée par tous les acteurs libanais qui y ont souscrit. Il est essentiel que puisse être formé un nouveau gouvernement afin de relever les défis auxquels le pays est confronté et d’assurer la stabilité, la sécurité et le bon fonctionnement des institutions. Le dialogue entre les Libanais doit être encouragé. Le respect des échéances institutionnelles doit permettre au pays de rester le modèle de démocratie plurielle qu’il incarne depuis longtemps dans la région, malgré les drames de son histoire.
L’objectif est clair : nous devons nous mobiliser pour aider les Libanais à préserver la stabilité et l’avenir de leur pays. C’est l’engagement de la France. Il n’y a pas un jour à perdre.

 

Par Laurent FABIUS,
Ministre français des Affaires étrangères


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