Le dossier chimique syrien dans cet accord n’est qu’un paravent à conneries. Personne n’est plus dupe depuis belle lurette des ententes successives dans la région, du moins pour ceux qui suivent le chapelet des accords signés depuis l’accord du Caire jusqu’à « la corde » de Doha en passant par l’accord de Taëf. Car ce qui est en jeu dans notre région, ce sont les hydrocarbures de la Méditerranée. La guerre en Syrie a été déclenchée pour occuper l’Iran et la Syrie et empêcher ce tandem d’accéder au gaz méditerranéen. N’est-ce pas Roland Dumas qui a avoué avoir vu se proposer, il y a de cela quatre ans par des sujets de Sa Majesté, de participer à un coup contre la Syrie ? Après que les USA se furent rétractés de leur mascarade punitive contre la Syrie, il semble bien que les princes saoudiens et consorts vont s’occuper de régler le sort du marquis d’Assad.
Les lamentations et les jérémiades sur la situation dans notre région levantine ainsi que les commentaires acerbes et autres insultes contre la Russie et l’Amérique n’y feront rien : ces deux puissances mijotent leur tambouille. Poutine se fiche de Bachar comme de son premier samovar et Obama s’en contrefiche comme de son premier bol de corn flakes. Il semble plutôt que les récents accords russo-US soient le prélude à un Sykes-Picot énergétique au Levant. On aurait en gros le schéma suivant :
La Russie hérite du gaz
syrien méditerranéen, avec ou sans Bachar ; plutôt sans. La faillite chypriote a beaucoup lésé les Russes qui avaient placé leurs avoirs dans les banques de Chypre. Ils seront donc largement (ré)compensés.
Israël fait des affaires avec la Turquie. Un projet de gazoduc sous-marin serait à l’étude pour pomper le gaz israélien vers la Turquie – en passant par le Liban et la Syrie – pour alimenter l’Europe, puisque les infrastructures existent déjà en Turquie. Et puisque Israël s’est excusé auprès de la Turquie pour la bavure du Mavi Marmara.
L’Europe, les USA et la Grande-Bretagne s’occupent du gaz libanais et chypriote.
Les USA s’occupent déjà du gaz israélien.
Résultat : l’Oncle Sam est gagnant sur le plan énergétique.
Tous les remous qui secouent notre région sont directement liés au dossier énergétique méditerranéen, en vue de dessiner une distribution énergétique. Personne dans notre région n’a intérêt à ce que la Syranie mette la main sur ces vastes réserves méditerranéennes, sinon elle contrôlera un front stratégique allant de Naqoura à Alexandrette et prendra en otage toute la Méditerranée. L’Iran aurait déjà commencé à prolonger un gazoduc passant par l’Irak et aboutissant sur le littoral syrien.
En attendant, le plan de destruction de la région se poursuit de manière implacable. Un plan initié il y a quelques décennies par un certain Henry Kissinger.
Serge GÉLALIAN

