Pour leur première réunion depuis l’été, les ministres des Finances ont pris le pouls des pays de l’Union monétaire, alors que de nouvelles mesures d’aide vont être nécessaires pour plusieurs d’entre eux, au premier rang desquels la Grèce.
Sauf surprise, ils ont donné leur feu vert au déblocage d’une nouvelle tranche d’aide pour Chypre, de 1,5 milliard d’euros sur les 10 milliards promis au pays, en se fondant sur le rapport positif de la troïka qui rassemble les bailleurs de fonds de l’île. Le versement se fera fin septembre via le fonds de soutien de la zone euro, le MES.
En dehors de cela, aucune annonce majeure n’a été faite compte tenu de l’imminence des élections du 22 septembre en Allemagne où les dossiers liés à la gestion de la crise sont politiquement sensibles, le pays ayant été le premier contributeur aux différents plans de sauvetage de pays de la zone euro depuis quatre ans.
Mais les dirigeants de la zone euro ont reconnu que les prochains mois allaient être intenses, avec la fin en vue des programmes d’aide de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne. « Il n’y aura pas une solution unique » pour la sortie du programme d’aide de ces pays, a prévenu le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn.
Avant de revenir sur les marchés, Dublin espère ainsi bénéficier de mesures d’accompagnement qui pourraient se traduire par une ligne de crédit de plusieurs milliards d’euros ou par un recours au programme de rachat d’obligations de la Banque centrale européenne (BCE), qui n’a encore jamais été utilisé.
Pour le Portugal, confronté à une reprise fragile et à des soubresauts politiques, l’horizon est moins dégagé et il est plus difficile d’envisager un retour complet sur les marchés dès mi-2014.
Sous pression, Lisbonne a d’ailleurs demandé jeudi à ses créanciers de lui desserrer la bride en revoyant l’objectif de réduction de déficit pour 2014. « Il est très important que le pays s’en tienne aux décisions déjà prises dans le cadre du programme, ce qui inclut l’objectif de réduction de déficit », a répondu le chef de file de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.
En outre, la zone euro va devoir surveiller dans les mois qui viennent la Slovénie dont le secteur bancaire croule sous de mauvaises créances dont le montant s’élève à 7 milliards d’euros, selon le Fonds monétaire international (FMI).
Le pays a récemment dû venir en aide à deux petites banques privées en leur fournissant des garanties publiques, faisant monter les spéculations sur un besoin d’assistance financière. Une option balayée hier par le ministre allemand Wolfgang Schäuble. « Si le pays respecte ses engagements, il pourra faire sans », a-t-il estimé. Ce que son homologue slovène Uros Cüfer a immédiatement confirmé. « Nous avons de l’argent sur nos comptes, nous sommes donc en mesure de nous en sortir par nous-mêmes », a-t-il affirmé.
Un bilan de santé de 10 banques slovènes, dont les trois principales, détenues par l’État est en cours. Les résultats devraient être connus d’ici à deux mois.
En outre, les ministres des Finances devaient discuter, à 28, de l’Union bancaire après le feu vert du Parlement européen jeudi à l’entrée en vigueur, prévue à l’automne 2014, du superviseur bancaire unique placé sous l’égide de la BCE.
L’institut monétaire devrait apporter des informations sur l’état d’avancement de ce projet. Avant qu’il ne voie le jour, une évaluation complète des actifs de quelque 130 banques européennes devrait avoir lieu début 2014.
Les ministres veulent avancer également sur un autre pilier de l’Union bancaire : le mécanisme de « résolution », pour régler le sort des banques en difficultés de la zone euro.
Ce projet se heurte aux réticences des Allemands qui le jugent, en l’état, incompatible avec les traités européens. Sur le fond, Berlin n’est pas favorable à un fonds de résolution commun, qui contraindrait les banques allemandes à financer les faillites ou les sauvetages de celles d’autres pays.
Une analyse juridique du Conseil européen, dévoilée vendredi, a mis en évidence que ce projet est bel et bien compatible avec le traité. Reste à convaincre les Allemands rapidement de façon à obtenir un accord sur ce dossier en décembre.
(Source : AFP)


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