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Cinema-

Carnet morose

Antoine Araman, un maillon essentiel dans la chaîne du film

En recevant son César, Jean-Luc Godard n’avait pas négligé dans sa longue liste de remerciements les ouvreuses du cinéma Pathé. Car pour ce grand cinéaste français, celles-ci contribuent dans la plus grande discrétion à la marche d’un film.
Il y a deux jours, s’éteignait une figure de l’usine cinématographique libanaise. Peut-être une figure pas très célèbre comme un producteur, un distributeur ou un réalisateur, mais une figure familière et très populaire.
Antoine Araman. Son nom ne vous dira pas grand-chose, mais qui ne connaît pas ce petit bout d’homme d’un âge certain aux cheveux blancs et à la taille fine qui s’asseyait, voire prônait derrière le box à guichet du cinéma Empire Sofil. Il était le roi de la billetterie. Un roi qui faisait peur, car il montrait ses griffes dès que quelqu’un voulait sortir du rang. Ce qui ne le rendait pas sympathique aux yeux de tous. Car la loi de Tony était rigoureuse et sérieuse (les Libanais n’apprécient pas toujours cela et privilégient la loi du désordre).
Il était donc au gouvernail de ce cinéma qui semblait marcher comme sur des roulettes. Rien ne lui échappait. Il avait le bon œil. Mais derrière le sérieux de ce petit bonhomme plein de vigueur se dissimulait un grand cœur. Un cœur qui battait tout le temps pour ce cinéma dont il était le serviteur fidèle. Un cœur qu’on croyait solide, mais qui a soudain flanché. Tout comme Jean-Luc Godard, cinéphiles et spectateurs tiennent aujourd’hui à remercier ces personnages qui sont légion et dont fait partie Antoine Araman. Ces figures sans nom qui travaillent dans l’ombre tout en étant les maillons essentiels de la grande chaîne du film.

Valérie Benguigui n’a pas eu le temps de se faire un nom

Elle est décédée le 2 septembre d’un cancer du sein. Elle avait 47 ans et venait d’entamer son véritable parcours de comédienne. Après avoir été longtemps abonnée aux seconds rôles (on l’a vue notamment dans La Vérité si je mens), Valérie Benguigui, comédienne de talent, commençait à se faire une place au soleil. Ce rôle tremplin elle l’a décroché dans le Prénom. Elle y brille d’abord sur les planches, sous la direction de Bernard Murat, donnant la réplique à Patrick Bruel dès 2010 au théâtre Édouard-VII. Elle décrochera tout comme ses camarades de scène une nomination aux Molières 2011 pour la meilleure comédienne dans un second rôle. La pièce à succès sera ensuite adaptée au cinéma par ses auteurs, Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte, et Benguigui y reprend son rôle. Le 22 février dernier, l’actrice, en recevant son César, affirme : « C’est dans ce métier que je me sens le plus moi-même et que je me sens la plus heureuse. » Et de poursuivre en contenant ses larmes : « Ça me donne confiance. On est toujours le plus mauvais juge pour soi-même, alors ça fait du bien que quelqu’un te dise “c’est bien ce que tu as fait, on t’aime bien”. »
« Visage familier », titreront certains journaux, « Épicurienne et aimant la vie », écriront d’autres, Valérie Benguigui était une comédienne qui avait du talent et qui gardait la modestie de ses débuts. À la cérémonie des Césars, elle avait également affirmé que c’était « l’année des surprises ». Celle-ci était plutôt une mauvaise.
Antoine Araman, un maillon essentiel dans la chaîne du film En recevant son César, Jean-Luc Godard n’avait pas négligé dans sa longue liste de remerciements les ouvreuses du cinéma Pathé. Car pour ce grand cinéaste français, celles-ci contribuent dans la plus grande discrétion à la marche d’un film. Il y a deux jours, s’éteignait une figure de l’usine cinématographique libanaise. Peut-être une figure pas très célèbre comme un producteur, un distributeur ou un réalisateur, mais une figure familière et très populaire.Antoine Araman. Son nom ne vous dira pas grand-chose, mais qui ne connaît pas ce petit bout d’homme d’un âge certain aux cheveux blancs et à la taille fine qui s’asseyait, voire prônait derrière le box à guichet du cinéma Empire Sofil. Il était le roi de la billetterie. Un roi qui...
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