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Nos lecteurs ont la parole

« Un jour vient quand le silence est trahison »

Par Walid FENDI
Les attentats « confessionnels » continueront de frapper, les armes chimiques de gazer, les milices armées d’intervenir tant que le régime de Damas sera capable de transformer la région en tas de cendres et de s’ingérer dans les affaires des pays voisins.
Les problèmes, les crimes, le sang et la guerre au Proche-Orient ont, en ce moment précis de l’histoire humaine, le même point d’origine, de focalisation et de conclusion : le régime criminel de Bachar el-Assad qui, pour contrer cette révolution démocratique et pacifiste qui a duré huit mois, a créé artificiellement un ennemi à combattre : « les islamistes ».
Les « terroristes » ont été libérés des prisons ; on leur a attribué des attentats faits par les moukhabarate ; et puis on les a aidés à revenir en Syrie après les avoir envoyés combattre les troupes américaines en Irak, etc.
Dans la logique de la stratégie qui combine la terreur et le terrorisme, le régime de Bachar el-Assad, en bombardant sa capitale à l’arme chimique, a, une fois de plus, fait le choix du crime contre l’humanité. Il a choisi le jour de l’arrivée des inspecteurs de l’ONU, chargés d’enquêter sur la question, pour montrer toute l’étendue de son impunité.
Grâce aux réseaux de propagande du régime et de ses alliés russes et chinois, le doute s’infiltre dans les médias. L’emploi d’armes chimiques est pourtant confirmé, mais il serait « soi-disant » impossible de savoir lequel, du régime qui dispose d’armes chimiques ou des rebelles qui n’en disposent pas, aurait employé ces armes.
Carla Del Ponte a, il y a trois mois, accusé les rebelles d’avoir utilisé des armes chimiques. Les propos de Del Ponte ont été démentis par la commission indépendante de l’ONU à laquelle elle appartient, mais on oublie le démenti.
Les États-Unis, en dépit des 100 000 morts par armes conventionnelles, n’ont aucune envie de presser la chute de Bachar el-Assad. Toutes les contestations sont aussi la conséquence de l’héritage de George Bush. Ce dernier, par ses mensonges sur les armes chimiques de Saddam Hussein, a durablement ruiné les possibilités d’intervention. On ne peut reproduire le raisonnement sur l’Irak car les USA voulaient intervenir pour certains pour des raisons connexes et stratégiques, ou même pour assouvir un fantasme idéologique.
Malgré toutes les déclarations établissant qu’il ne s’agit que de frappes punitives, malgré l’évidence que l’intervention constitue, de façon extrêmement limitée et extrêmement basique, une punition contre un régime qui gaze sa population, des voix s’élèvent pour contester la décision qui se prépare.
Mais ce n’est pas de solution qu’il s’agit ici. L’intervention représente, de façon extrêmement limitée et extrêmement basique, une punition contre un régime qui gaze sa population. Et au-delà du fait qu’il s’agit d’un moyen de dissuasion, c’est un principe que l’on jugerait essentiel et acquis au vu des expériences européennes passées mais qui, visiblement, ne fait toujours pas l’unanimité.
Avec cette « complexité » moyen-orientale et face à tous ceux qui confondent la Libye, la Syrie et l’Irak, et qui préfèrent le dictateur réel à l’islamiste fantasmé, Bachar pourra continuer de massacrer son peuple sans que personne ne puisse intervenir. « Cette décision risque de menacer les pays voisins » alors que la conflagration a déjà atteint le Liban, l’Irak et les pays de la région. L’escalade à l’échelle de la région dure depuis deux ans, Bachar détruit son pays en favorisant l’exode des réfugiés vers ces pays et en planifiant des attentats au Liban, ou même en abattant un avion de combat turc.
Dans ce contexte, il y a beaucoup de risques à ne rien faire. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, résume bien cette nécessité : « La seule option que je n’envisage pas, c’est de ne rien faire. »
Les attentats « confessionnels » continueront de frapper, les armes chimiques de gazer, les milices armées d’intervenir tant que le régime de Damas sera capable de transformer la région en tas de cendres et de s’ingérer dans les affaires des pays voisins.Les problèmes, les crimes, le sang et la guerre au Proche-Orient ont, en ce moment précis de l’histoire humaine, le même point d’origine, de focalisation et de conclusion : le régime criminel de Bachar el-Assad qui, pour contrer cette révolution démocratique et pacifiste qui a duré huit mois, a créé artificiellement un ennemi à combattre : « les islamistes ».Les « terroristes » ont été libérés des prisons ; on leur a attribué des attentats faits par les moukhabarate ; et puis on les a aidés à revenir en Syrie après les avoir envoyés combattre...
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