Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Histoire

Pèlerinage franco-allemand à Oradour, village martyr

François Hollande et Joachim Gauck ont rendu hommage aux 642 victimes d’un massacre par les nazis en 1944, accompagnés de l’un des trois seuls survivants.

De gauche à droite : François Hollande, Robert Hebras et Joachim Gauck, devant l’église d’Oradour-sur-Glane. Yoan Valat/AFP

Le président allemand Joachim Gauck et son homologue français François Hollande ont accompli ensemble hier un pèlerinage symbolique empreint d’émotion à Oradour-sur-Glane, lieu du pire crime de l’armée nazie en France il y a près de 70 ans. Cette visite, la première d’un dirigeant allemand, a été marquée par une image forte : dans l’église en ruine d’Oradour, les deux présidents main dans la main avec Robert Hebras, 88 ans, l’un des trois survivants encore en vie du massacre des habitants de ce village du centre de la France. À l’écoute du récit du vieil homme, les deux présidents se sont pudiquement pris la main du bout des doigts, face à l’autel brisé devant lequel gît la carcasse rouillée d’une poussette d’enfant. Le 10 juin 1944, 642 personnes – dont 205 enfants – y avaient été massacrées par une colonne de la division SS « Das Reich » faisant route vers la Normandie où les troupes alliées venaient de débarquer. Ce crime vieux de 69 ans a été l’occasion pour François Hollande d’appeler à « refuser l’inacceptable partout où il se produit ». « Notre présence est bien plus qu’un symbole (...) elle est l’affirmation d’une promesse. Promesse d’honorer partout et toujours les principes qui sont bafoués par les bourreaux d’hier, mais aussi d’aujourd’hui (...) Promesse de défendre les droits de l’homme chaque fois qu’ils sont violés, près de chez nous ou loin d’ici. Promesse de refuser l’inacceptable partout où il se produit. »

Amitié franco-allemande
Le président français a aussi vanté l’amitié franco-allemande, « un défi à l’histoire ». « Cette amitié, elle nous dépasse, elle nous oblige, elle fonde le projet européen », a-t-il déclaré. « Vous êtes la dignité de l’Allemagne d’aujourd’hui, capable de regarder en face la barbarie nazie d’hier », a encore affirmé M. Hollande à l’adresse du président allemand. « Nous n’oublierons jamais Oradour et les autres lieux de la barbarie », a répondu Joachim Gauck, saluant le « geste de réconciliation » de la France qui l’a invité à cette visite. Alors que les responsables et les principaux auteurs du massacre n’ont pas été jugés, il a assuré « partager l’amertume sur le fait que des criminels n’ont pas été traduits en justice, que les crimes les plus graves restent impunis », notant que le traitement judiciaire individuel de ces crimes « n’était pas achevé », puisqu’une enquête est toujours en cours à Dortmund. M. Gauck a également souligné à quel point son pays avait aujourd’hui changé et s’inscrivait désormais dans une Europe qui « ne peut survivre que sur le fondement de la liberté, de la dignité humaine, de la justice et de la solidarité ». Auparavant les deux présidents avaient parcouru le village détruit, pénétrant dans les ruines noircies de l’église où femmes et enfants avaient été rassemblés et brûlés tandis que les hommes avaient été abattus à la mitrailleuse.
Comme la poignée de main Kohl-Mitterrand (l’ancien chancelier Helmut Kohl et l’ancien président François Mitterrand) en 1984 près de Verdun, théâtre des pires boucheries de la Première Guerre mondiale, cette visite marque un moment fort dans l’histoire du couple franco-allemand, moteur de la construction européenne. Réduit à un rôle honorifique en Allemagne, Joachim Gauck a cependant tenu à faire passer un message politique à la presse mardi, premier jour de sa visite d’État de trois jours en France : « Si en France il y a quelqu’un qui imaginait que l’Allemagne veut dominer l’Europe, il se trompe. Non, cette Allemagne souhaite être une Allemagne européenne, cette Allemagne ne souhaite pas une Europe allemande », a-t-il déclaré. Le président allemand a acquis une indiscutable aura dans son pays, en présidant, après la réunification, de 1990 à 2000, l’organisme chargé des archives de la Stasi, l’ancienne police politique de la RDA. Joachim Gauck s’est déjà rendu en tant que président sur plusieurs sites de massacres nazis, notamment en octobre 2012 à Lidice, près de Prague, puis en mars 2013 en Toscane (Italie), demandant le pardon pour les fautes de l’Allemagne hitlérienne.
(Sources : agences)
Le président allemand Joachim Gauck et son homologue français François Hollande ont accompli ensemble hier un pèlerinage symbolique empreint d’émotion à Oradour-sur-Glane, lieu du pire crime de l’armée nazie en France il y a près de 70 ans. Cette visite, la première d’un dirigeant allemand, a été marquée par une image forte : dans l’église en ruine d’Oradour, les deux présidents main dans la main avec Robert Hebras, 88 ans, l’un des trois survivants encore en vie du massacre des habitants de ce village du centre de la France. À l’écoute du récit du vieil homme, les deux présidents se sont pudiquement pris la main du bout des doigts, face à l’autel brisé devant lequel gît la carcasse rouillée d’une poussette d’enfant. Le 10 juin 1944, 642 personnes – dont 205 enfants – y avaient été...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut