De gauche à droite : François Hollande, Robert Hebras et Joachim Gauck, devant l’église d’Oradour-sur-Glane. Yoan Valat/AFP
Amitié franco-allemande
Le président français a aussi vanté l’amitié franco-allemande, « un défi à l’histoire ». « Cette amitié, elle nous dépasse, elle nous oblige, elle fonde le projet européen », a-t-il déclaré. « Vous êtes la dignité de l’Allemagne d’aujourd’hui, capable de regarder en face la barbarie nazie d’hier », a encore affirmé M. Hollande à l’adresse du président allemand. « Nous n’oublierons jamais Oradour et les autres lieux de la barbarie », a répondu Joachim Gauck, saluant le « geste de réconciliation » de la France qui l’a invité à cette visite. Alors que les responsables et les principaux auteurs du massacre n’ont pas été jugés, il a assuré « partager l’amertume sur le fait que des criminels n’ont pas été traduits en justice, que les crimes les plus graves restent impunis », notant que le traitement judiciaire individuel de ces crimes « n’était pas achevé », puisqu’une enquête est toujours en cours à Dortmund. M. Gauck a également souligné à quel point son pays avait aujourd’hui changé et s’inscrivait désormais dans une Europe qui « ne peut survivre que sur le fondement de la liberté, de la dignité humaine, de la justice et de la solidarité ». Auparavant les deux présidents avaient parcouru le village détruit, pénétrant dans les ruines noircies de l’église où femmes et enfants avaient été rassemblés et brûlés tandis que les hommes avaient été abattus à la mitrailleuse.
Comme la poignée de main Kohl-Mitterrand (l’ancien chancelier Helmut Kohl et l’ancien président François Mitterrand) en 1984 près de Verdun, théâtre des pires boucheries de la Première Guerre mondiale, cette visite marque un moment fort dans l’histoire du couple franco-allemand, moteur de la construction européenne. Réduit à un rôle honorifique en Allemagne, Joachim Gauck a cependant tenu à faire passer un message politique à la presse mardi, premier jour de sa visite d’État de trois jours en France : « Si en France il y a quelqu’un qui imaginait que l’Allemagne veut dominer l’Europe, il se trompe. Non, cette Allemagne souhaite être une Allemagne européenne, cette Allemagne ne souhaite pas une Europe allemande », a-t-il déclaré. Le président allemand a acquis une indiscutable aura dans son pays, en présidant, après la réunification, de 1990 à 2000, l’organisme chargé des archives de la Stasi, l’ancienne police politique de la RDA. Joachim Gauck s’est déjà rendu en tant que président sur plusieurs sites de massacres nazis, notamment en octobre 2012 à Lidice, près de Prague, puis en mars 2013 en Toscane (Italie), demandant le pardon pour les fautes de l’Allemagne hitlérienne.
(Sources : agences)


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