Pourtant, souvenez-vous, il y a à peine quelques années, nous faisions des vœux qui nous paraissaient chimériques; la libération de Samir Geagea et la fin de la tutelle syrienne. D’autres attendaient le général Michel Aoun comme le messie revenant de Paris pour libérer le Liban. Là, personnellement, je n’osais dire à ces concitoyens qu’ils divaguaient complètement; avec ses antécédents, c’était impensable.
Un peu plus loin, d’autres Libanais rêvaient de libérer le Liban-Sud. Ce parti semi-clandestin ne demandait aucun portefeuille ministériel, même pas un siège de député, mais revendiquait hautement le sang des martyrs pour sa cause au travers de sanglants attentats-suicides. Déjà nous retrouvions une certaine vision exclusive. Nous pouvions nous demander pourquoi cette terrible exclusive. N’est-il pas possible, dans un même but, de voir les choses autrement ? D’autres Libanais, quoique prosyriens, sans oser l’avouer publiquement, sentaient cette tutelle de Damas trop pesante, à vrai dire humiliante. Mais pris dans les rets de la dialectique du panarabisme et de la cause palestinienne, leur bouche devait contredire les sentiments de leur cœur.
Enfin quelques-uns plaçaient leur espoirs dans un président de la République qui saurait avoir le courage de rénover l’État, en commençant par le sommet. Jusqu’à quand faudrait-il quémander une décision dans les antichambres et les couloirs du pouvoir damascène ?
Pour rejoindre l’actualité, je veux rappeler « l’occupation » du centre-ville, aux pieds du Sérail, pour «exiger», sous quarante-huit heures, la démission du président du Conseil.
Aujourd’hui, la circulation automobile est plus ou moins fluide au centre-ville, après dix-huit mois d’occupation et une évacuation naturelle sans violence. Vous vous attendiez à cela ?
Le président ne se sent plus soumis à de quelconques pressions insupportables venant de l’extérieur. Ne peut-on pas dire qu’il est entièrement libre? Il est même l’un des moins contestés de tous les chefs de l’État de la région. Même à l’intérieur, il fait quasiment l’unanimité.
Les prosyriens ne sont plus empêchés d’exprimer leur point de vue. Depuis le Liban, on peut en parler. On peut même militer ! Si la Providence favorisait leur espérance verraient-ils la Syrie attendue?
Le fameux Liban-Sud est libéré depuis le 25 mai 2005 ; le parti de Dieu a son canton confessionnel. Les avantages de la clandestinité demeurent, mais en ajoutant les honneurs publics; députés, ministres discutent sous les ors de la haute administration.
Le général est là ! En chair et en os, en paroles et en actes depuis une décennie. Toujours le même, il garde son style si particulier. Il n’y manquait que le cheval blanc ! Il a son bloc de députés, le plus nombreux du camp chrétien. Ses ministres sont dociles à sa politique audacieuse. Quand on songe à la difficulté de se faire obéir au Liban, nous ne pouvons qu’en être surpris. Même le nouveau patriarche l’apprécie.
Quant à moi, je n’arrive pas encore à croire que le « hakim » soit sorti... vivant du troisième sous-sol du ministère de la Défense, à Yarzé. Après onze ans, trois mois et vingt jours d’incarcération extrêmement sévère. Sans rancune, il soutient l’administration étatique libanaise. Enfin, vous rendez-vous compte qu’il n’y a plus un seul campement de l’armée syrienne sous les pins libanais ? De plus ce départ s’est fait sans même qu’une vitre soit cassée ? Normalement « le toit du pays devait tomber sur notre tête ». Vous rendez-vous compte de cela à sa juste valeur ?
Normalement, le Liban devrait être en guerre ; tous les ingrédients sont là. Les allumettes ne manquent pas. Mais pourtant le ciel est tranquille, tandis que les cigales chantent sous l’orbe du soleil.
Chers amis libanais, vous vous plaignez sans raisons. Vos vœux les plus chers, dans leurs diversités, furent exaucés au-delà de toutes espérances raisonnables. Alors, sommes-nous dans le pays parfait ? Sûrement pas ! Dans l’immeuble que vous habitez, deux ou trois anomalies heurtent votre attente du raisonnable dès l’entrée. Certes, nous nous devons d’aller toujours vers encore le meilleur, mais ce jour qui vient, actuellement, reste béni par la Providence. Ne sommes-nous pas des enfants trop gâtés ? Nous oublions les bienfaits obtenus et piquons des colères pour avoir encore plus.
Michel ROUVIÈRE


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
PLUTÔT : LE LIBAN AUX MAINS DE LA PROVIDENCE !
20 h 25, le 20 août 2013