Trois jours après le rapt des deux pilotes de la Turkish Airlines sur la route de l'aéroport à Beyrouth afin qu'Ankara contraigne les rebelles syriens à relâcher les neuf pèlerins chiites libanais qu'ils détiennent depuis mai 2012 à Aazaz, l'ambassadeur de Turquie à Beyrouth, Inan Ozyildiz, s'est demandé mardi comment son pays pourrait-il être responsable de l'enlèvement des Libanais en Syrie alors que la Turquie n'y a ni ambassade ni consulat. "Comment la Turquie aurait-elle pu enlever les pèlerins? Aurait-elle un contrôle sur les territoires syriens", a ajouté le diplomate turc au quotidien as-Safir.
"Nos médiations en vue de libérer les pèlerins ont échoué à cause de la complexité du dossier", a en outre indiqué M. Ozyildiz. Selon lui, Ankara est intervenue dans cette affaire pour des raisons humanitaires et, en contrepartie, a été victime de deux enlèvements de ressortissants turcs en un an, a-t-il déploré.
Un groupuscule se faisant appeler "Les pèlerins de l'imam Rida" avait revendiqué, vendredi, l'enlèvement des pilotes turcs. Dans un message diffusé par la chaîne de télévision al-Jadeed, mais dont l'authenticité n'a pu être confirmée, les ravisseurs ont demandé aux autorités turques la libération des pèlerins chiites contre celle des pilotes.
Ce n'est pas la première fois que le groupuscule de l'imam Rida fait parler de lui. En août 2011, il avait détenu pendant plusieurs jours un ressortissant turc qui était en visite au Liban.
Alors que les proches des pèlerins libanais ont nié toute implication dans le rapt de vendredi, un des leurs, Mohmmad Saleh, a été arrêté dimanche par les Forces de sécurité intérieure qui ont pu intercepter un appel téléphonique entre lui et l’un des ravisseurs. Selon une source de sécurité bien informée citée par le quotidien as-Safir, Mohammad Saleh a révélé les noms des personnes impliquées dans l'enlèvement. Il a également affirmé que le rapt des pilotes a été effectué dans l'espoir d'un échange contre les pèlerins chiites.
Lundi, des sources des FSI ont révélé que leurs services de renseignements avaient prévu d’arrêter plusieurs autres personnes qui seraient impliquées dans le rapt des pilotes, notamment Ali Saleh, fils de Jamil Saleh, l’un des otages en Syrie, hémiplégique et suspecté d’avoir planifié le rapt.
L'arrestation de Mohammad Saleh a provoqué la colère des familles des pèlerins qui ont menacé, lundi, de prendre tout ressortissant turc à Beyrouth pour cible. La veille, elles avaient menacé de bloquer la route de l’aéroport et de paralyser le trafic aérien si Mohammad Saleh n’est pas libéré
Dans ce contexte, le quotidien al-Joumhouriya a rapporté que le président du Parlement Nabih Berry a intensifié ses contacts avec les autorités sécuritaires ainsi qu'avec le Conseil supérieur chiite afin que la route de l’aéroport ne soit pas coupée.
"Nos médiations en vue de libérer les pèlerins ont échoué à cause de la complexité du dossier", a en outre indiqué M. Ozyildiz. Selon lui, Ankara est intervenue dans cette affaire pour des raisons humanitaires et,...


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