Le leader de l’opposition russe Alexeï Navalny durant sa campagne électorale à Moscou. Vasily Maximov/AFP
Dans un communiqué, le parquet russe prétend que plus de 300 personnes physiques et morales étrangères, ainsi que des donateurs anonymes issus de 46 pays (dont les États-Unis, la Finlande, la Grande-Bretagne, la Suisse et le Canada) ont donné de l’argent à M. Navalny et des membres de son équipe via un système de paiement sur Internet, financements interdits aux candidats durant leur campagne d’après la législation russe. Le parquet a envoyé les documents au ministère de l’Intérieur pour qu’il décide s’il est nécessaire d’ouvrir une enquête. Le député ultranationaliste Vladimir Jirinovski, qui avait demandé au parquet de procéder à des vérifications des comptes de campagne de M. Navalny, s’est réjoui de la nouvelle. « Il faut que l’affaire passe immédiatement devant les tribunaux, qu’il y ait une décision de justice, qu’il soit retiré de la course pour les élections et envoyé en camp. Comme (Mikhaïl) Khodorkovski », a lancé le député, dont le parti a un candidat en lice pour la mairie, dans une allusion à l’ex-patron de la compagnie pétrolière Ioukos et contradicteur du Kremlin, emprisonné depuis 2003.
Une invention de toutes pièces
L’opposant a, pour sa part, immédiatement réfuté ces accusations. « Le parquet a littéralement tout inventé », a-t-il écrit sur son blog. « Notre campagne est la plus transparente du point de vue des financements », a-t-il souligné.
Interrogé par la radio Écho de Moscou, le porte-parole du service de paiement en ligne impliqué, Yandex-Dengui, a indiqué que le parquet ne s’était d’ailleurs pas adressé à sa direction. L’opposant, qui risque déjà cinq ans de prison dans une affaire de malversations qu’il dénonce, avoue néanmoins ne pas être étonné de ces nouvelles allégations. « Il y a deux jours, on se disait au QG de campagne : comment va-t-on nous dénigrer à la télévision quand la hausse dans les sondages est évidente et que le cauchemar de la mairie et du Kremlin – un second tour – pourrait se réaliser ? » a-t-il relevé.
L’ex-vice-Premier ministre et opposant Boris Nemtsov, du parti RPR-Parnas que représente M. Navalny aux municipales, a lui aussi critiqué ces accusations. « La cote de popularité (de M. Navalny) augmente. C’est pourquoi on a décidé de le discréditer, en jouant la carte de l’espion américain. (...) Il est évident que ces accusations sont absurdes », a-t-il déclaré à la radio Écho de Moscou.
Selon un sondage du centre indépendant Levada diffusé mi-juillet, M. Navalny est seulement crédité de 8 % des voix, loin derrière l’actuel maire, Sergueï Sobianine, du parti au pouvoir, qui obtiendrait plus de 70 % des suffrages. Mais ces dernières semaines, l’opposant et son équipe ont multiplié les actions, notamment les rencontres avec des électeurs dans la rue afin d’inverser cette tendance. Hier soir, des débats entre candidats étaient prévus à la télévision russe. L’actuel maire a refusé d’y participer.
Selon la commission électorale de Moscou, M. Navalny a reçu à la date du 6 août plus de 718 000 euros pour sa campagne, contre 2,3 millions d’euros à M. Sobianine.
(Source : AFP)


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