En comptant sur une consommation également robuste grâce à des revalorisations salariales et à un taux de chômage parmi les plus faibles d’Europe, la croissance du produit intérieur brut devrait se situer entre 0,6 % et 1,0 %, estiment des économistes. Un membre du gouvernement a évoqué un chiffre de 0,75 % vendredi dernier dans des déclarations à Reuters.
La première estimation du PIB du deuxième trimestre sera publiée demain, le même jour que les chiffres de la France, de la zone euro et de plusieurs autres pays membres de cette dernière.
Le consensus établi par Thomson Reuters est de +0,6 %, après le maigre +0,1 % du premier trimestre, mais les bons chiffres de la production industrielle de juin publiés la semaine dernière permettent d’espérer mieux, explique Heinrich Bayer, économiste chez Postbank, qui juge désormais trop prudente sa prévision de +0,5 %.
Sur l’ensemble du trimestre avril-juin, la production industrielle a augmenté de 2,8 %, à la faveur d’un rattrapage après un hiver inhabituellement rugueux qui a frappé de plein fouet le secteur de la construction.
« On devrait avoir une croissance de l’ordre de 0,7 % au deuxième trimestre puis poursuivre avec un rythme de croisière de 0,3 % ou 0,4 % sur les deux derniers trimestres de l’année », prédit Carsten Brzeski, chez ING.
L’économie allemande a soutenu la croissance dans la zone euro pendant les premières années de la crise, mais elle a marqué le pas à la fin 2012, n’échappant à la récession début 2013 que grâce à la consommation privée.
Incertitudes sur la consommation
Pour Carsten Brzeski, les données de la production industrielle donnent à penser que les prévisions de croissance de la Bundesbank et du gouvernement – qui tablent respectivement sur +0,3 % et +0,5 % cette année – ont sous-estimé l’ampleur du mouvement de rattrapage au deuxième trimestre.
Pour autant, les économistes soulignent que la croissance ralentira de nouveau au deuxième semestre du fait de la faiblesse persistante de la demande dans la zone euro, où partent la majorité des exportations allemandes, et aussi du ralentissement en cours dans les marchés émergents, notamment la Chine.
En attendant, l’accélération de la croissance allemande est bienvenue pour les entreprises des autres pays de la zone euro qui fournissent les industriels allemands. Selon l’enquête mensuelle de l’institut Markit auprès des directeurs d’achat, l’activité manufacturière dans la zone euro a renoué avec la croissance en juillet pour la première fois depuis deux ans.
« L’Allemagne bénéficie fortement de la demande hors d’Europe, alors la hausse des carnets de commandes des exportateurs allemands est de bon augure pour la dynamique de la France, de l’Italie et des autres », observe Alexander Koch, chez UniCredit.
Si l’industrie allemande se porte mieux, des doutes se font jour sur la vigueur de la demande intérieure. Les chiffres du commerce extérieur publiés jeudi ont montré une baisse des importations en juin et les ventes au détail ont aussi été mitigées ces derniers mois, même si cette statistique fait habituellement l’objet de révisions importantes.
(Source : Reuters)

