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À La Une - L'impression De Fifi Abou Dib

Pluie d’étoiles

Dans les nuits qui viennent, sûrement cette fin de semaine, avec un peu de chance et s’il n’y a pas de brume et si la lune n’accapare pas le ciel, il pleuvra des étoiles. Comme chaque année à la même date, nous serons sur les terrasses, couchés sur le dos, guettant l’immensité obscure dans l’espoir qu’un astre égaré effleure nos cils dans sa course ou croise nos doigts. Ça ne fait pas mal, ça ne brûle pas, ça ne donne pas de verrues. Ça peut juste accélérer le vieillissement de quelques minutes, vu que cette magie-là se compte en années lumière. Des étoiles filantes, on en espère toute l’année, mais c’est la nuit des Perséides qu’elles apparaissent comme échappées d’une ruche qu’on aurait bousculée.


Cette nuit-là a toujours, malgré la canicule, un parfum d’automne. Quelque chose qui fraîchit au fond du fond de l’air, pas très clair encore mais prégnant. Un parfum plus vert sous les noyers plus lourds, un halo musqué dans le mouvement des platanes dont les feuilles partent sans bruit, comme on file à l’anglaise. Au bord de la route, le ruisseau peine à travers la mousse. Plus haut, le rocher qui l’abreuve est lui-même épuisé. Dans les champs, l’or, couleur sèche et poussiéreuse, a déjà tout envahi. Si ce n’est pas la fin, ça y ressemble. Est-ce la raison pour laquelle nous confions nos vœux à ces comètes d’une nuit ?


Que l’on accueille ou pas quelque dieu dans sa vie, le firmament donne des idées bizarres. Plus il vous pulvérise, plus vous vous sentez immense. Il y avait une balançoire au fond du jardin, un pneu attaché à de très longues cordes. C’était tout un art de la faire s’envoler, il fallait s’y mettre à plusieurs, il fallait de la force. Après, elle allait si haut que tour à tour nous donnions des coups de pied dans la voûte du ciel. La nuit des Perséides, elle nous emportait vers cette lumière effervescente, cette chorégraphie stellaire que l’aube viendrait effacer.


Dans un pays qui stagne, entouré de guerres farouches et d’une violence à laquelle rien ne semble pouvoir mettre fin, nous avons, une fois de plus, le sentiment d’avoir vécu une année pour rien. Si les étoiles filantes ont un pouvoir, à part celui de filer, qu’elles crèvent enfin le ciel et qu’on y voit plus clair. Sans l’espérance nous n’imaginerons rien. Vraiment rien. Et rien ne pourra changer.

Dans les nuits qui viennent, sûrement cette fin de semaine, avec un peu de chance et s’il n’y a pas de brume et si la lune n’accapare pas le ciel, il pleuvra des étoiles. Comme chaque année à la même date, nous serons sur les terrasses, couchés sur le dos, guettant l’immensité obscure dans l’espoir qu’un astre égaré effleure nos cils dans sa course ou croise nos doigts. Ça ne fait pas mal, ça ne brûle pas, ça ne donne pas de verrues. Ça peut juste accélérer le vieillissement de quelques minutes, vu que cette magie-là se compte en années lumière. Des étoiles filantes, on en espère toute l’année, mais c’est la nuit des Perséides qu’elles apparaissent comme échappées d’une ruche qu’on aurait bousculée.
Cette nuit-là a toujours, malgré la canicule, un parfum d’automne. Quelque chose qui...
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