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Affaire de respect

Ce n’est pas de confrontation mais de respect qu’est en quête l’Iran de Hassan Rohani.

 

Pour l’avoir affirmé dimanche dans un discours devant le Parlement ; pour avoir souligné qu’en l’élisant au premier tour le peuple avait, en fait, voté pour la modération contre l’extrémisme ; pour avoir enfin assuré que son pays ne cherchait pas à changer gouvernements et frontières dans cette partie du globe, le nouveau président iranien s’est d’ores et déjà assuré un préjugé nettement favorable auprès de la communauté internationale. Reste à savoir bien sûr dans quelle mesure Hassan Rohani pourra tenir ses engagements, étroitement surveillé qu’il est par le guide suprême, l’ombrageux Khamenei; qu’importe, on est loin – et c’est toujours ça ! – du style loubard mal débarbouillé et odieusement fanfaron qu’affectionnait Ahmadinejad.

 

Pour ce qui est du respect, celui-ci ne vient évidemment pas tout seul, même pour une nation aussi chargée d’histoire et de richesses culturelles que l’iranienne. Le respect, cela se gagne et c’est évidemment là l’affaire des dirigeants, non d’un peuple iranien dont de larges portions méritent la plus grande sympathie pour avoir courageusement, plus d’une fois, secoué le joug des mollahs au pouvoir. Quant au respect plus spécifiquement international, il ne viendra que le jour où l’Iran, tout révolutionnaire qu’il lui plaise de se décliner, se conformera à ses obligations. Internationales elles aussi, du moment que le respect ne saurait fonctionner à sens unique.


Le respect, encore lui, il est clair que Hassan Rohani l’attend surtout de Washington et de l’Union européenne. Il doit bien se douter cependant, car il n’y a pas que le dossier nucléaire, que c’est plus d’un théâtre proche ou moyen-oriental que sera jaugée – et jugée – la conduite future de la République islamique. Tout autant que la Syrie plongée dans une guerre civile dans laquelle se trouve profondément impliqué l’Iran, le Liban est, par excellence, un de ces terrains d’essai : ce même Liban où non contente de saper, l’une après l’autre, les institutions étatiques, la milice que parraine, arme et finance Téhéran s’ingénie à multiplier les aventures guerrières : cela sans parler de l’infamante étiquette terroriste dont elle se trouve aujourd’hui gratifiée par la quasi-totalité désormais des pays occidentaux.


Beyrouth n’est certes pas Washington, Paris ou Londres. Par Beyrouth aussi passe, néanmoins, la route du respect.

 

Issa GORAIEB
igor@lorient-lejour.com.lb

Ce n’est pas de confrontation mais de respect qu’est en quête l’Iran de Hassan Rohani.
 
Pour l’avoir affirmé dimanche dans un discours devant le Parlement ; pour avoir souligné qu’en l’élisant au premier tour le peuple avait, en fait, voté pour la modération contre l’extrémisme ; pour avoir enfin assuré que son pays ne cherchait pas à changer gouvernements et frontières dans cette partie du globe, le nouveau président iranien s’est d’ores et déjà assuré un préjugé nettement favorable auprès de la communauté internationale. Reste à savoir bien sûr dans quelle mesure Hassan Rohani pourra tenir ses engagements, étroitement surveillé qu’il est par le guide suprême, l’ombrageux Khamenei; qu’importe, on est loin – et c’est toujours ça ! – du style loubard mal débarbouillé et odieusement...