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À La Une - Liban

Le roseau pour préserver le cèdre !

Une première station d’épuration des eaux usées par une méthode très naturelle, celle du filtrage par les roseaux, vient d’être inaugurée à Bécharré, au Liban-Nord.

La station d’épuration des eaux usées par les roseaux.

Résultat d’une étroite collaboration entre la France et le Liban, le projet de station d’épuration des eaux usées par un filtrage à travers des roseaux, dans le quartier de Harim, est une première dans le caza de Bécharré, potentiellement reproductible dans tout le Liban.


Samedi, officiels, habitants et journalistes étaient réunis, sous un magnifique soleil bécharriote, pour célébrer la concrétisation d’un projet pilote de filtrage des eaux usées, planifié six ans auparavant. Cette station fonctionne suivant la technique des filtres plantés de roseaux qui permettent, notamment, de minimiser la consommation d’énergie et les coûts de construction, de traiter tous les rejets d’eaux usées et de réutiliser l’eau traitée pour l’irrigation.
Moyennant un financement et un appui de l’Agence française de développement (AFD) et des services de l’ambassade de France, suite à une étroite collaboration entre les députés de Bécharré, le ministère de l’Énergie et de l’Eau, et l’Office des eaux du Liban-Nord, le projet pilote participe à un dessein plus conséquent, à savoir : l’assainissement des eaux usées de tout le caza de Bécharré afin de préserver la vallée de Kadisha, classée au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1998.


Le projet pilote, dont le montant total des travaux est de 650 000 dollars, comprend de nombreux atouts, parmi lesquels un fonctionnement sans électricité – condition sine qua non au Liban –, une adaptation aux variations rapides de populations – la station peut desservir entre 200 et 600 habitants –, et une parfaite intégration dans le paysage. Simple et innovant, il est une nouvelle preuve de la possibilité d’améliorer les conditions de vie des habitants des villages sans pour autant bouleverser leurs habitudes. À ce titre, le projet s’inscrit également dans une perspective économique visant à limiter l’exode rural.

 

 


 

 


Projet écologique exemplaire
La cérémonie, parrainée par la députée Sethrida Geagea, était placée sous le signe de l’amitié franco-libanaise. En témoigne la présence de l’ambassadeur de France, Patrice Paoli. Malgré la forte dimension politique du rassemblement, l’accent a été mis sur le caractère exemplaire d’un projet écologique qui préservera les trésors de la Vallée sainte, berceau du grand poète Gibran Khalil Gibran, parmi lesquels la forêt des cèdres. Mme Geagea et M. Paoli ont tous deux souligné les vertus d’un projet dont ils espèrent voir la démarche répétée dans tout le Liban.


La plantation des roseaux doit ainsi préserver les cèdres. Mais pourquoi les roseaux ? Parce qu’ils permettent d’empêcher la formation d’une couche colmatante, grâce aux tiges qu’ils émettent, et de favoriser le développement de micro-organismes. Par leur résistance aux conditions rencontrées et la rapide croissance du chevelu de racine, ils sont souvent les plus utilisés dans les climats tempérés.


Et comme l’a dit si bien l’ambassadeur de France, après avoir rappelé la référence pascalienne de l’homme comme un roseau pensant, « (les roseaux) poussent beaucoup plus vite que les cèdres ! ».

 

 

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