Toute personne aimable et généreuse possède en elle une bonté qui émane de sa conscience. Toute forme de sagesse émane de notre conscience. Cette conscience est le résultat d’un amas de normes, justes ou pas, inculquées tout au long de notre enfance et notre jeunesse jusqu’ à l’âge adulte. De par notre éducation, nous possédons une vision subjective des choses, des sentiments qui nous caractérisent, des comportements permis et d’autres interdits qui ne sont pas tous conformes aux normes de la logique universelle. Qui me dit quelle logique correspond à la vérité ? Comment comprendre que ma logique n’est pas juste, qu’elle a besoin de formation pour être sur la bonne voie ? Comment arriver à un certain degré de sagesse pour voir clair et juger juste ? La méditation, la prière, les activités physiques clarifient-elles suffisamment les pensées ?
Vivre heureux reste un art. Il faudrait prendre certaines mesures et appliquer certaines règles très simples qui pourraient être utiles. Supprimer les mauvaises ondes et les pensées négatives, et choisir de positiver sans cesse. Éviter les rabat-joie qui découragent et qui bloquent tout élan. Apprendre à ignorer un mauvais comportement, une injustice, une insulte qui entravent notre chemin. Se persuader que nul n’est mauvais, mais qu’il existe toujours des raisons à la méchanceté des hommes. Agir avec persévérance et indépendance en clarifiant notre pensée.
Cette vie est étrange tant elle est contradictoire. Elle est dure mais si belle. L’homme ne peut arrêter d’espérer, de rêver et de désirer. Le bonheur est en nous, c’est une forme de douceur, de caresse et de sérénité. C’est un bien-être, une attitude paisible, une sensation de contentement vis-à-vis d’une personne, d’un événement, d’une pensée ou seulement d’une chose. Des facteurs externes entrent en jeu en permanence et font que nous remettons en cause ce bien-être pour revenir vite à nos doutes, à nos incertitudes et à nos appréhensions. À chaque déception, à chaque difficulté qui surgit, nous ressentons la précarité du bonheur et souvent nous dressons un mur qui nous empêche d’être heureux.
Ce mur s épaissit avec le temps, et le cumul de déceptions finit par nous perturber l’existence. « Qu’est-ce que ta vie ? Le creuset de bonheurs évanouis, de plaisirs évaporés, de rêves inachevés, de sentiments usés. Un présent qui peine à espérer demain. » Romain Guilleaumes – (Amertumes).
Toute personne humaine est unique sur terre, d’où la richesse du genre humain. Toute personne a son propre tempo, sa propre harmonie qui lui permet de garder les traits de son caractère. Dieu nous a créés distincts, singuliers, et possédant un caractère et des propriétés spécifiques. Nous devons à tout prix nous épanouir et nous affirmer avec nos particularités. C’est un devoir de nous accepter et de chercher à être heureux avec les gens qui nous entourent, de les accepter aussi. Soyons en agissement continuel pour priser le bonheur, le sauvegarder et l’échanger avec les personnes que nous aimons.
Être libre représente une lutte continue qui demande de la finesse, de la délicatesse, mais aussi de la fermeté. Il s’agit de respirer à pleins poumons et d’avancer la tête haute, sans servitudes, sans soumissions et sans entraver la liberté des autres. C’est aussi apprendre à dire la vérité sans crainte ni scrupules, réfléchir sans préjugés et agir avec courage.
Nul ne doit perturber la marche naturelle d’une vie humaine, freiner l’épanouissement normal d’une personne, d’un peuple ou de son propre enfant. Il faudrait respecter la différence, surtout en éduquant nos enfants. Car certains parents croient bien faire en étouffant et en s’appropriant leurs progénitures. Un enfant est un être libre et unique, Il faudrait juste l’aimer, lui inculquer les valeurs de la vie, le guider en lui donnant le bon exemple, pour qu’il arrive à gérer correctement sa propre vie. Un enfant doit savoir choisir librement sa voie.
Libérons-nous de notre passé et regardons droit devant nous. Ne soyons pas restreints par le pouvoir des autres. La vie se déroule en un seul sens et il ne faudrait surtout pas rater le moment présent, sans lequel notre futur n’aurait plus de sens. Laissons de côté les regrets et les nostalgies, et avançons à pas sûrs et libres, sans nous retourner et surtout sans remettre en cause nos comportements.
Battons-nous pour garder le moral et luttons pour dénouer les amarres. Ça vaut la peine. Une seule solution pour remonter la pente : comprendre que la vie est indépendante de notre volonté, qu’elle avance sans nous, sans notre approbation. Que la vie a sa propre cadence, qu’il faudrait juste se laisser aller et trouver la mesure pour qu’elle nous entraîne dans sa marche heureuse, en laissant de côté nos angoisses et nos peurs.
Mais, bon sang, qu’est-ce que le bonheur ? Est-ce tout simplement ces étincelles éphémères de bien-être, très rares, mais ô combien réconfortantes ? Et qu’est-ce que la vie ? Est-ce cette lutte interminable, ce don de soi incessant, ces amours flétries, ces amitiés fragiles ? Est-ce ce cocktail de contradictions, de mises en cause, de réflexions et cette recherche permanente de sérénité insaisissable ?
Le bonheur, c’est d’avoir de la joie dans le cœur et d’apprécier les menus plaisirs de la vie. C’est désirer avec fougue, rêver et guetter comme les enfants. C’est vivre le présent en écartant les peurs et les illusions, aimer de tout son être et donner sans compter. C’est avoir la foi. C’est accueillir tout ce qui nous est offert avec gratitude et savoir dire merci. C’est positiver et savoir garder dans le cœur l’espoir que tout pourrait changer à notre avantage un jour.
« Qu’est-ce donc la vie ? Si personne ne me le demande, je le sais; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus. » (Saint Augustin).
Moi, je ne le sais toujours pas...

