Grand favori, Christopher Froome a assumé son statut depuis trois semaines pour s’adjuger son premier Tour de France, celui de la 100e édition. Jeff Pachoud/AFP
L’avenir : « Chris est un coureur exceptionnel », affirme le grand manitou de l’équipe Sky, son manager Dave Brailsford. Par ses performances, qui provoquent la stupéfaction des observateurs (et entretiennent le doute sur leur authenticité), mais aussi par ses caractéristiques inhabituelles pour un vainqueur du Tour, son caractère et son profil technique.
Dans les cols, il peut imposer une cadence de pédalage très haute, il l’a prouvé en sprintant à Ax-3 Domaines et au mont Ventoux. Dans la plaine, il est capable de tirer de grands braquets et développer une puissance élevée. À partir de ces éléments se dessine le profil d’un coureur athlétiquement supérieur, imprenable « à la pédale ». Pour preuve, sa série de victoires au Tour d’Oman, au Critérium international, au Tour de Romandie et au Critérium du Dauphiné.
« Physiologiquement, il a un énorme moteur », confirme son entraîneur Tim Kerrison. En revanche, Froome possède un bagage technique limité, explicable par son passé exotique. Au contraire de ses adversaires, il a appris sur le tard les rudiments du métier. Les pavés, les bordures et autres « vire-vire » (courses de clocher) ne font pas partie de sa culture cycliste. « J’ai des progrès à faire dans tous les secteurs, a-t-il reconnu à la veille de sa victoire. En montagne, dans les chronos et dans les descentes, un domaine dans lequel les gens me critiquent beaucoup apparemment. »
Le Britannique est apparu décidé à rester concentré sur le Tour. S’il a fourni une précaution d’usage sur la suite (« tout dépend du parcours »), il a insisté sur l’expérience acquise pendant ces dernières semaines : « Je pensais que les autres courses m’avaient préparé pour le Tour, mais, en fait, ce qui s’est passé est d’un autre niveau, la course et tout ce qu’il y a à la descente du vélo. Je reviendrai avec davantage d’expérience. »
Les adversaires : un changement de génération a pris forme à l’occasion de ce 100e Tour. À en juger par les quatre vainqueurs précédents. L’absence de Bradley Wiggins (33 ans), l’effacement de l’Australien Cadel Evans (36 ans), le retrait plus ou moins sensible de l’Espagnol Alberto Contador (30 ans) et du Luxembourgeois Andy Schleck (28 ans), lesquels peuvent encore nourrir quelques espérances de retour, ont redistribué les cartes.
À l’avenir, Froome va surtout être confronté à des adversaires du même âge, tel l’Italien Vincenzo Nibali, sur lequel il avait pris l’ascendant l’an passé. Vainqueur du dernier Giro, le Sicilien serait intéressé à relever le défi l’année prochaine. Ou à des coureurs plus jeunes, comme son dauphin 2013, le grimpeur colombien Nairo Quintana, révélation de cette 100e édition en montagne.
« Il sera un adversaire à l’avenir dans les grands tours, un grand concurrent », a convenu le Britannique. « Un jour, il gagnera le Tour », a prédit l’Espagnol Alejandro Valverde, chef de file de l’équipe Movistar du Colombien. Mais Quintana, encore vulnérable dans beaucoup de secteurs, affirme repousser à 2015 l’objectif maillot jaune.
(Source : AFP)
Le Kenya rend hommage au vainqueur du Tour, mais exprime quelques regrets
Le Kenya, pays de naissance du Britannique Chris Froome, vainqueur du Tour de France, a célébré hier la victoire du cycliste tout en regrettant de voir flotter le drapeau britannique et non celui du Kenya sur le podium, peut-on lire dans la presse kényane.
« Pourquoi l’avons-nous laissé partir ? Maintenant, la gloire va au Royaume-Uni, écrit Allan Bukulu, dans le journal Daily Nation. Mais peu importe, il a donné de la fierté au Kenya. Félicitations Froome. Nous te saluons », poursuit-il.
Chris Froome, 28 ans, a passé son enfance à Nairobi où il a appris le vélo avant de s’installer en Afrique du Sud à l’adolescence.
Le Daily Nation propose une photo de Froome célébrant sa victoire à la une tandis que le Standard a choisi comme titre de ses pages sports : « Tour, le roi Froome ».
David Kinjah, 43 ans, le mentor de Froome quand il a commencé le vélo et que le champion juge comme étant son « inspiration », est descendu dimanche dans les rues de Nairobi pour célébrer la victoire du Britannique avec d’autres cyclistes.
Mais il a aussi dit qu’il était déçu que ce succès soit considéré comme britannique, critiquant ce qu’il a qualifié de désorganisation de la part des autorités cyclistes kényanes.
« Nous pourrions célébrer aujourd’hui une victoire kényane », veut croire Kinjah.
Froome avait porté les couleurs du Kenya lors des Jeux du Commonwealth en 2006.


