Vue générale de la localité de Khan el-Assal. REUTERS/George Ourfalian
Les rebelles syriens ont pris lundi la localité de Khan el-Assal, un important bastion du régime de Bachar el-Assad dans la région d'Alep (nord), rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Khan al-Assal était également l'un des derniers bastions du régime dans l'ouest de la région d'Alep, frontalière de la Turquie.
Des affrontements se poursuivaient lundi en début de soirée à la périphérie sud de la localité, que les rebelles tentaient de prendre depuis des mois.
C'est dans cette localité que le 19 mars, régime et opposition se sont mutuellement accusés d'avoir lancé une attaque à l'arme chimique qui a fait 30 morts selon un bilan de l'OSDH et du régime à l'époque.
Le 11 juillet, l'ONU a accepté l'invitation adressée par le gouvernement syrien à deux de ses hauts responsables à venir à Damas pour des discussions sur l'utilisation présumée d'armes chimiques dans le conflit.
Selon l'ONU, Damas refuse que les enquêteurs se penchent aussi sur des accusations similaires portées contre l'armée syrienne par Londres et Paris concernant des incidents à Khan al-Assal ainsi qu'à Homs (centre), le 23 décembre 2012.
De larges parties du Nord et de l'Est de la Syrie échappent au contrôle du régime depuis la militarisation de la révolte lancée en mars 2011.
Dans l'Est justement, un important mausolée musulman du XIe siècle a été détruit par des obus de l'armée syrienne lors de son offensive pour reprendre les quartiers rebelles du centre de Homs. "Les militants du quartier de Khaldyié à Homs (centre) ont rapporté la destruction par l'armée du mausolée de Khaled Ben Walid, un compagnon du prophète Mahomet", a affirmé l'OSDH.
(Pour mémoire : En Syrie, le Krak des Chevaliers endommagé par un raid)
Située à Khaldyié, sous contrôle rebelle, la mosquée attenante et portant le même nom avait déjà subi d'importants dégâts lors des multiples attaques des troupes pour s'emparer de ce quartier.
Une vidéo amateur mise en ligne lundi montre la mosquée, connue pour ses deux imposants minarets, et des amas de décombres, des monceaux de pierres et de morceaux de métal sur le site du mausolée.
"La mosquée Khaled Ben Walid a été bombardée et le mausolée a été complètement détruit", dit le militant anonyme qui filme la scène.
La vidéo montre également un inconnu qui lance : "Je m'adresse aux Arabes et aux musulmans : maintenant que le sanctuaire de Khaled Ben Walid a été détruit, comment pourrez-vous vous présenter devant Dieu? Pourquoi avez-vous abandonné Homs alors qu'elle est assiégée ?".
Né en 592 à la Mecque, Khaled Ben Walid, a été le principal chef militaire de Mahomet puis des deux premiers califes Abou Bakr et Omar. Il a été responsable des prises de Damas et de Homs, de la conquête de la Syrie, et a participé à la prise de Jérusalem. Il est mort vers 642 et a été enterré à Homs.
Le mausolée date de l'époque des Seljoukides (XIe siècle) et la mosquée actuelle a été construite autour du mausolée en 1265, à l'époque mamelouke.
"Symbole de Homs", ce mausolée "est important pour chaque musulman", a expliqué à l'AFP via internet le militant anti-régime Yazan, résident à Khaldiyé. "Les gens du monde entier venaient le visiter", a-t-il assuré.
Khaldyié et le vieux Homs, contrôlés par les rebelles, sont depuis plus d'un an assiégés par les troupes et bombardés presque quotidiennement. Depuis plus de trois semaines, l'armée a intensifié sa campagne pour les reprendre mais malgré quelques brèves avancées, ils ne sont pas encore tombés, assurent les militants.
La destruction de ce sanctuaire et la prise de Khan el-Assal interviennent au lendemain de l'une des journées les plus meurtrières depuis le début du conflit, avec 232 morts, en majorité des rebelles (114), selon un bilan de l'OSDH.
Crédit russe
Sur le plan diplomatique, le vice-Premier ministre syrien Qadri Jamil a déclaré lundi à Moscou que la Syrie espère obtenir un crédit de la Russie d'ici à la fin de l'année. "Nous espérons que cette question actuellement en discussion au niveau des experts sera réglée d'ici à la fin de l'année", a-t-il dit, selon la traduction de ses propos par les agences russes. Interrogé par l'agence Itar-Tass sur le montant du crédit, M. Jamil a répondu : "nous discutons encore" de la somme.
Le régime de Bachar el-Assad, dont la Russie est l'un des derniers soutiens, a un besoin urgent de ressources financières.
La Russie avait indiqué en juin qu'elle s'engageait à livrer les S-300 conformément aux contrats signés. La livraison de ces armes capables d'intercepter en vol avions ou missiles guidés, un équivalent russe des Patriot américains, inquiète en particulier Israël, qui redoute qu'elles ne tombent entre les mains du Hezbollah, allié de Damas.
L'installation d'un tel système de défense sol-air compliquerait tout projet des États-Unis ou de leurs alliés de procéder à des frappes aériennes, d'établir une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Syrie ou d'intervenir pour sécuriser ou démanteler des armes chimiques.
(Pour mémoire : Syrie : Washington et Moscou ne renoncent pas à Genève 2)
Efforts pour Genève II
La Russie poursuit par ailleurs ses efforts en vue d'organiser à Genève une conférence de paix internationale sur la Syrie, a déclaré pour sa part le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov.
"Nous poursuivons nos rencontres avec les représentants du gouvernement et tous les groupes d'opposition (syriens) pour les convaincre tous d'accepter sans conditions préalables l'initiative russo-américaine", a déclaré M. Lavrov au début de sa rencontre à Moscou avec M. Jamil. "Malheureusement, la plupart des groupes d'opposition, contrairement au gouvernement, ne manifestent pas d'intérêt", a-t-il ajouté. C'est pourquoi la Russie "appelle avec insistance les partenaires qui ont de l'influence sur la coalition" nationale de l'opposition syrienne, de la convaincre "d'abandonner sa position non constructive", a ajouté M. Lavrov.
Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, avait déclaré début juillet que les Etats-Unis et la Russie ne renonçaient pas à cette conférence internationale sur la Syrie même si elle devrait souffrir de nouveaux délais et se tenir après le mois d'août.
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Une info vient de paraitre , bandar ben sultan vient de se voir refuser d'armer les mercenaires par l'europedecadente, c'est peut etre une compensation pour des marchandages sur pas mal de choses . Alep tombera et tombera !!
16 h 41, le 22 juillet 2013