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À La Une - La Chronique De Nagib Aoun

Tous criminels

Il est trop tard et toutes les assurances du monde n’y changeront rien : les nouveaux loups sont dans la bergerie et achèvent dans le sang les forfaits déjà commis par ceux qui les y ont précédés. Un crime contre l’humanité perpétré sous les yeux clos d’un monde qui se prétend libre et démocratique, une abomination qui dépasse en horreur le génocide rwandais, de l’aveu même des Nations unies, une assemblée de Ponce Pilate réduite à dresser l’inventaire de l’apocalypse, conscience endormie, cerveau anesthésié.
Tous coupables, tous criminels : coupables pour avoir laissé faire, pour avoir permis que l’irréparable devienne réalité, criminels pour avoir armé les uns et les autres et maintenu un équilibre de la terreur, celui-là même dont payent le prix des millions d’innocents.
Une nouvelle Somalie se crée en Syrie, annonciatrice d’un chaos généralisé, une Somalie-bis où se perpétuent déjà de véritables épurations confessionnelles où les sunnites sont tués parce qu’ils sont sunnites et les alaouites parce qu’ils sont alaouites et que leur « gourou » et chef de clan a totalement perdu la tête.
La Russie et l’Iran sont criminels parce qu’ils continuent d’armer un régime génocidaire, bafouent les droits les plus élémentaires et bloquent toute solution susceptible de sauver la population d’une extermination certaine ; l’Occident dans son ensemble, les États-Unis en tête, est criminel parce qu’il possède les preuves du massacre et ne se décide pas à agir, criminel parce qu’il ne consent à aider la rébellion que dans les limites des équilibres imposés : ni vainqueur ni vaincu avec en prime la montée des extrémismes, l’invasion de jihadistes sanguinaires et autres hordes sauvages venues de la nuit des temps.
La Somalie-bis frappe à nos portes et les Libanais, toutes tendances confondues, continuent d’ergoter sur le sexe des anges, la Somalie-bis viole nos frontières et le Hezbollah continue de guerroyer sur les rives du Barada, ses hommes dussent-ils perdre leur âme dans ses eaux malsaines, mourir pour une cause dont ils ignorent les fondements et les aboutissants.
Le Hezbollah est criminel parce qu’il a raté une occasion en or, celle de perpétuer dans la mémoire arabe, dans le monde sunnite qui lui était acquis, son aura de Résistance pure et invincible ; criminel parce qu’il s’est obstiné, après la libération du Liban-Sud en l’an 2000, à vivre en dehors de la légalité et s’est attiré l’animosité d’au moins la moitié de la population libanaise.
Le Hezbollah est criminel parce qu’il s’est fourvoyé dans la sale guerre menée par le régime de Bachar el-Assad contre sa propre population, perdant irrémédiablement à Qousseir les galons gagnés sur les champs de bataille face à Israël ; criminel parce qu’il a fourni à tous les jihadistes du globe le prétexte idéal pour venir en découdre avec lui sur les décombres de la Syrie et ravivé les haines, longtemps contenues, entre sunnites et chiites.
Criminel, dans toutes ses composantes, est le camp dit souverainiste, parce qu’il a laissé flétrir l’espoir fou né un certain 14 mars, qu’il s’est empêtré, éparpillé, dans des calculs de boutiquiers, des conflits d’intérêts; criminel parce qu’il n’a pas osé aller jusqu’au bout de ses convictions ; criminel est le Courant patriotique libre parce qu’il a tourné le dos à un passé prestigieux, s’est désolidarisé de ses partenaires naturels et a fourni au Hezbollah une couverture chrétienne dont il s’est enorgueilli pour bétonner son aventurisme.
Tous criminels, alors que la Somalie-bis est à nos portes et que l’État assiste, impuissant, à la course débridée vers l’abîme...
Il est trop tard et toutes les assurances du monde n’y changeront rien : les nouveaux loups sont dans la bergerie et achèvent dans le sang les forfaits déjà commis par ceux qui les y ont précédés. Un crime contre l’humanité perpétré sous les yeux clos d’un monde qui se prétend libre et démocratique, une abomination qui dépasse en horreur le génocide rwandais, de l’aveu même des Nations unies, une assemblée de Ponce Pilate réduite à dresser l’inventaire de l’apocalypse, conscience endormie, cerveau anesthésié. Tous coupables, tous criminels : coupables pour avoir laissé faire, pour avoir permis que l’irréparable devienne réalité, criminels pour avoir armé les uns et les autres et maintenu un équilibre de la terreur, celui-là même dont payent le prix des millions d’innocents.Une nouvelle Somalie...
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