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Liban

Un quartier se mobilise contre un projet de construction dans une vallée de Mtayleb

Polémique Les habitants de la rue des Pins à Mtayleb (Metn) dénoncent un projet destructeur pour l’environnement alors que le propriétaire s’en défend.
18/07/2013

« Nous vivons dans la rue des Pins et il n’y aura bientôt plus un seul pin. » Voilà l’amer constat qui a poussé les résidents d’un quartier de Mtayleb à se mobiliser contre un projet de construction d’une salle pour mariages sur plus de 10 000 mètres carrés, qu’ils jugent « nocif à bien des égards ». Le projet en question a sensiblement modifié le panorama en détruisant une bonne partie de la vallée qui faisait tout le charme du paysage. « Lorsque je me suis installé dans le quartier, je me suis dit qu’il était impossible que quelqu’un puisse un jour construire sur ce terrain », affirme Ramy el-Khoury, ingénieur et chef de file du mouvement de contestation. Pour réaliser cet « exploit », le propriétaire a décidé de remblayer le terrain sur une vingtaine de mètres de hauteur pour achever de défigurer la vallée.


Pourtant, deux rapports d’expertise commandés par un habitant du quartier, respectivement en 2010 et 2011, démontrent clairement le préjudice que porte un tel remblai à l’environnement, puisqu’il fragilise davantage la vallée. Le propriétaire a tout de même obtenu un permis de construire en 2013, à la stupéfaction des habitants qui soupçonnent « une affaire de corruption » et une nouvelle preuve de la « faillite de l’autorité ». « Le problème, c’est qu’il n’y a pas de municipalité à Mtayleb et aucune autorité pour arrêter le projet », témoignent des habitants du quartier, qui s’étaient réunis chez M. Khoury.


Si les dommages causés à l’environnement ont déjà entraîné des actions en justice contre le propriétaire, intentées par des particuliers, l’aboutissement du projet devrait, selon les habitants, inévitablement entraîner une action en justice à titre collectif. En effet, ces derniers reprochent au propriétaire de vouloir construire une salle de mariage dans ce quartier strictement réservé aux habitations résidentielles. « Nous avons acheté ici pour la tranquillité du quartier, et les mariages libanais sont synonymes de klaxons et de feux d’artifice », raconte un habitant du quartier. La pollution visuelle s’accompagnerait alors à long terme d’une auxiliaire tout aussi dérangeante à savoir : la pollution sonore !

 


« Renforcer la stabilité de la vallée »
Le propriétaire du terrain, Khalil Succar, donne une version tout à fait différente des faits. « Le projet consiste à construire une salle de 2 500 mètres carrés et des jardins de 10 000 mètres carrés, je ne vois pas en quoi cela abîme l’environnement », a-t-il déclaré. Selon lui, le projet a obtenu l’aval de trois instances : la Direction générale de l’urbanisme, ainsi que les ministères du Tourisme et des Travaux publics et des Transports. Par ailleurs, l’ingénieur en charge du projet, Jacques Audi, prétend que « les fondations de la construction vont permettre de renforcer la stabilité du sol dans une vallée fortement fragilisée par la multiplication des constructions ».
« La salle de mariage sera insonorisée et les parkings seront souterrains », ajoute le propriétaire, en réponse aux craintes des habitants concernant une éventuelle pollution sonore.


Pas sûr que ces arguments suffisent à calmer la colère des habitants, mais ils témoignent de la difficulté de définir la limite, au Liban, entre l’esprit entrepreneurial et l’esprit citoyen.
« S’il arrive à réaliser son projet, il faudra qu’il nous invite à chaque mariage », plaisante un des habitants du quartier !

 

 

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