« On y va, on n’y va pas ! », « On y va, on n’y va pas ! ».
Jusqu’à la dernière minute, nous étions hésitants. Et pour cause. Prendre la décision de venir passer nos vacances dans le pays devient de plus en plus difficile, année après année.
Alors que pour les Libanais sur place, la situation est « normale » (« un peu de grabuge ici et là, mais ce n’est pas grave. Demain est un autre jour, boukra birou’o »), pour nous, les expatriés, le pays vit une situation qui est tout sauf « normale ».
Heureusement qu’ils ont la force de croire en cette « normalité ». À ceux qui se résignent à accepter l’incohérence, je tire mon chapeau car il faut de l’art pour jongler dans cette jungle qu’est aujourd’hui la vie dans le pays où aucun service n’est assuré et où l’on doit se battre pour obtenir l’essentiel.
Il m’a fallu une semaine pour obtenir un cellulaire car le ministre des Télécommunications a instauré un nouvel arrêté. Parfait pour la loi, mais il fallait faciliter les démarches aux « touristes » plutôt que de leur compliquer la vie. Un article a déjà été rédigé à ce sujet dans ce journal : « L’art d’empoisonner la vie des Libanais », je ne vais donc pas en rajouter, tout a été dit et bien décrit. Sans cellulaire et la ligne de téléphone à domicile coupée, c’en est trop.
J’appelle Ogero : une merveilleuse musique, un enregistrement parfait !
Presser sur le 1 si vous voulez parler à un représentant en langue arabe, sur le 2 pour la langue anglaise et sur le 3 pour la langue française. Mais les 2 et 3 étaient bilingues car ils me répondirent en arabe aussi, ou devrais-je dire, ils me répondirent quand même en arabe, même si j’avais choisi la langue étrangère. Mais ce n’est qu’un détail.
On me demande de presser sur le 2 si c’est pour une réparation de ligne, de rentrer sur le clavier du téléphone le numéro en panne, et on termine en m’assurant que la réparation sera faite dans un délai de trois jours. Parfait.
J’y avais cru... Mais cela dure depuis vingt jours, la moitié de mes vacances !
Depuis, j’appelle Ogero tous les matins et j’obtiens la même réponse : « Nous prenons note. Le technicien viendra réparer la ligne aujourd’hui ou demain au plus tard. » Même si différentes personnes me répondaient, je recevais la même réponse.
Alors ce soir, j’ai décidé de lancer un cri via L’Orient-Le Jour, à l’adresse d’Ogero et de tous les responsables dans ce pays : « De grâce, facilitez la vie des Libanais déjà assez compliquée. »
Le téléphone, le cellulaire ou autres ne sont que des « points de détails » parmi tant d’autres. Nous parlons la même langue, même si vous nous offrez d’autres options.
Nous devrions donc nous comprendre. Comment voulez-vous encourager les touristes à venir si vos concitoyens trouvent difficile de vivre dans leur pays ?
De grâce, ne me dites pas que cela vous est égal !

