L’Irak compte quelque 30 millions d’habitants, et rares sont ceux qui possèdent un compte bancaire, ou les moyens d’obtenir un emprunt ou de souscrire une assurance.
« Potentiellement, c’est un marché très, très riche pour les affaires bancaires », confie un diplomate occidental, qui souhaite garder l’anonymat.
« Potentiellement ».
Le secteur bancaire a le vent en poupe depuis plusieurs semaines après que les géants Citibank et Standard Chartered ont annoncé vouloir s’installer dans le pays.
« Nous voyons l’Irak comme le prochain gros marché », selon Mayank Malik, responsable de Citibank pour la Jordanie et l’Irak. « Nous voyons (le pays) comme un géant qui s’éveille », dit-il. « Et nous nous considérons comme des précurseurs. Nous voulons pouvoir profiter du fait d’être les premiers dans la place », ajoute le banquier.
Mais l’expérience d’un rival, HSBC, témoigne des difficultés à pénétrer un marché où la plupart des banques en place appartiennent à l’État et n’ont pas grande motivation à accepter la concurrence.
Par ailleurs, la législation en place en matière bancaire est archaïque, et l’infrastructure du pays souffre de multiples maux, à commencer par un manque criant d’électricité.
Citibank, dans un premier temps, compte servir ses clients déjà existants qui travaillent en Irak, parmi eux des compagnies internationales faisant des affaires dans le secteur du pétrole dans le sud du pays. Mais, sur le long terme, Citibank voudrait aussi pouvoir s’ouvrir à la banque de commerce et de détail, sans pour autant préciser son calendrier.
Les économistes de Citibank nourrissent de grands espoirs pour le pays qui pourrait compter 50 millions d’habitants et faire tourner une économie de deux mille milliards de dollars à l’horizon 2050.
Ceci représenterait une multiplication par 15 des chiffres actuels, ce qui hisserait l’Irak à la place qu’occupe par exemple l’Inde aujourd’hui.
Mais bien que M. Malik et d’autres affichent leur optimisme quant au potentiel bancaire du pays, bien des difficultés demeurent.
Quasiment au moment même où Citibank ouvrait le mois dernier une succursale en Irak, HSBC annonçait qu’elle vendrait sa participation de 70 % dans Dar Es Salaam, une banque locale.
HSBC a présenté cette liquidation comme faisant partie de sa stratégie globale, mais en 2005, son responsable Moyen-Orient déclarait au moment de sa prise de participation à Dar Es Salaam qu’il s’agissait là « d’un investissement à long terme ».
« À ce stade, nous ne pouvons faire de plus ample commentaire sur la structure de la transaction à venir, ni sur son calendrier », a déclaré un porte-parole de HSBC à l’AFP.
Analystes et diplomates pointent du doigt les difficultés pour percer le marché : absence de législation récente de nature à rassurer les Irakiens sur le bon fondement des institutions financières, présence de deux grandes banques d’État qui dominent le paysage et qui n’ont que peu de motivation à se moderniser, et une infrastructure vieillotte qui paralyse le dynamisme.
Pour les rares Irakiens qui détiennent un compte en banque, il est quasiment impossible d’utiliser des distributeurs de retrait en liquide ou de gérer son compte sur Internet, et dans bien des cas ils ne peuvent même pas s’adresser à une autre succursale de leur banque que celle où ils déposent leur argent.
Et bien que quelques cartes de crédit aient vu le jour, presque aucun magasin ne les accepte.
« Les conditions ne sont pas réunies pour que vous puissiez vous lancer dans la banque de détail », estime le diplomate occidental.
Les hommes d’affaires irakiens se plaignent souvent du fait que les banques rechignent à consentir des prêts ou exigent des garanties déraisonnables, ce qui pèse sur le développement du commerce.
Selon la Banque mondiale, les crédits et emprunts accordés par les banques irakiennes comptaient pour moins de 10 % du produit national brut en 2010. Pour le reste du Moyen-Orient, ce chiffre oscille autour des 55 %.
« On devrait arrêter de stocker les liquidités dans les banques d’État et plutôt les utiliser pour consentir des emprunts, afin d’aider au développement du secteur privé », estime Thamir Ghadhban, chef d’une commission d’experts auprès du bureau du Premier ministre, chargée de conseiller le gouvernement.
Selon M. Ghadhban, il faut informatiser la gestion bancaire, accélérer les transactions, réduire la paperasserie et diminuer le nombre d’employés.
Mais avant tout, il faut que les banques changent d’attitude vis-à-vis des clients, dit-il.
(Source : AFP)


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Si les "experts" sont optimistes,gare!Le propre des "experts" autoproclamés étant de se tromper toujours,et de piller les peuples la plupart du temps(c'est à dire sauf quand vraiment ils n'y arrivent pas),les Irakiens sont appelés urgemment à se méfier de leurs banques,sauf si elles sont strictement locales.Irakiens,ils vous ont assassiné,pillé,détruit....ne les laissez pas en plus vous piquer vos économies et vous endetter pour mille ans.Quand je pense à ces malheureux soldats américains qui croyaient se battre pour la" liberté" et qui ne se sont battus que pour les pétroliers,les banques et halliburton...le côté naïf des ricains m'étonnera toujours!
12 h 54, le 16 juillet 2013