Rechercher
Rechercher

Liban

Sit-in pour l’adoption de la loi qui protège la femme de la violence domestique

Les manifestantes, hier, place Riad es-Solh.  Photo NowLebanon

Des activistes de la société civile ont organisé un sit-in, hier, place Riad el-Solh, pour pousser le Parlement à adopter une loi qui protégerait les femmes de la violence domestique. Ce sit-in, placé sous le thème « Votre silence les tue au quotidien », entendait interpeller aussi bien les hommes politiques que les femmes elles-mêmes.


Parmi les manifestantes, Hayat Morched a invité les autorités à adopter dès la prochaine réunion parlementaire la loi protégeant les femmes de la violence domestique, malgré le fait que le texte de loi ait été vidé de sa substance. « Et aussi, malgré notre refus de la prorogation illégale et non constitutionnelle de ce Parlement », a-t-elle précisé.
Selon la militante, « 24 femmes libanaises, au moins, ont été tuées entre 2010 et 2013 par un membre de leur famille », selon les données disponibles. « Il y a beaucoup de cas non connus, a-t-elle ajouté, car nombre de personnes n’osent rien dire. » Et d’indiquer que les femmes sont victimes au quotidien des pires formes de violence, de torture et d’humiliation au nom d’un pouvoir machiste. « Ces femmes victimes d’États machistes sont considérées par les députés et les hommes de religion de ces États comme des citoyennes de seconde catégorie », a-t-elle dénoncé, précisant qu’ils n’accordent aucune importance à leurs droits qu’ils estiment secondaires.


Mme Morched a de plus souligné que la femme est victime d’une société qui la considère toujours comme « la propriété d’un mari qui en abuse à sa guise ». « Dernièrement, a-t-elle précisé, Roula Yaacoub a appelé à l’aide, mais aucun voisin n’a répondu à son appel. Un soldat qui a tenté de la sauver a été chassé pour atteinte à l’intimité du foyer. Il n’a pu que constater son décès, plus tard », a-t-elle déploré. L’activiste a aussi soutenu qu’un député de la région n’a eu aucun scrupule à intervenir pour que le corps de la malheureuse soit remis à son époux, après que ce dernier l’eut assassinée. « Roula est décédée, mais de nombreuses femmes sont battues et maltraitées par leurs maris, a affirmé Mme Morched.

C’est pour ces femmes que nous sommes là aujourd’hui, pour leur dire que leur silence les tue au quotidien. Nous demandons surtout s’il n’est pas grand temps de les sauver et d’adopter la loi de protection de la femme contre la violence domestique qui croupit depuis des années dans les tiroirs du Parlement », a souligné Hayat Morched. Avant de demander, « combien de Roula, de Latifé faut-il encore enterrer pour que les députés de la nation réagissent enfin » ?

 

Lire aussi

J’accuse, le billet de Ziyad Makhoul


Des activistes de la société civile ont organisé un sit-in, hier, place Riad el-Solh, pour pousser le Parlement à adopter une loi qui protégerait les femmes de la violence domestique. Ce sit-in, placé sous le thème « Votre silence les tue au quotidien », entendait interpeller aussi bien les hommes politiques que les femmes elles-mêmes.
Parmi les manifestantes, Hayat Morched a invité...

commentaires (4)

LA NON ADOPTION DE CETTE LOI EST UNE " HONTE " ! HONTE ! HONTE !

SAKR LOUBNAN

15 h 53, le 15 juillet 2013

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • LA NON ADOPTION DE CETTE LOI EST UNE " HONTE " ! HONTE ! HONTE !

    SAKR LOUBNAN

    15 h 53, le 15 juillet 2013

  • "24 femmes libanaises, au moins, ont été tuées entre 2010 et 2013 par un membre de leur famille". les chiffres sont éloquents, non ! On ne va pas radoter sur le même sujet ! La violence conjugale, les violences au sein de la famille tuent au Liban. Il ne s’agit pas seulement de violence physique, mais très souvent verbale, blessante et pourrit la vie de couple. Le harcèlement moral au bureau, sont à bannir comme les invectives devant les enfants et la littérature en psychologie, sociologie est abondante à ce sujet. Le pire dans des cas pareils relève de l’indignation, de la bonne conscience et puis quoi ? Puis on attend la prochaine victime, une femme, une maman pour faire preuve d’indignation…. Surtout la récupération politique. Oui la politique (pas fier le politicien qui s’exprime par des mots en dessous de la ceinture !) s’emmêle pour faire bonne figure, et le mal est là… C’est pourquoi, je crois à l’action des FEMEN, qui font de la politique à leur façon, et c’est une bonne idée qu’elles s’organisent au Liban, quel que soit l’effet de leur action. Un brin de provocation ne fait pas de tort à leur cause… Les mesures à prendre sont à l’ordre du jour de quelle réunion ministérielle ? Pour compter "combien de Roula, de Latifé faut-il encore enterrer pour que les députés de la nation réagissent enfin".

    Charles Fayad

    14 h 52, le 15 juillet 2013

  • Nous ne sommes pas en Arabie bordel, ni en Iran, ni en Afghanistan, ni sous une dictature, il est complètement incompréhensible qu'une telle loi ne soit pas immédiatement adoptée, et sans réfléchir. En tant que citoyen libanais, je m'adresse à tous les parlementaires de mon pays pour leur dire qu'ils sont les premiers responsables de la mort de Roula Yaacoub et de toutes les exactions subies par les femmes au Liban. Et qu'on enferme en prison tous ces mâles inhumains. Femmes libanaises, de toutes confessions, descendez dans la rue, hurlez votre colère, nous sommes tous avec vous. Ils ont peur de vous. Allez-y, vous gagnerez.

    Robert Malek

    12 h 13, le 15 juillet 2013

  • rien ne bougera, car cela porte atteinte "à l'autorité de l'homme sur leus femelles ", car ces pauvres mâles doivent pouvoir se défouler chez eux. pour bouger, que lorsque qu'un député intervient, pour protéger le mari, son nom soit connu , et apparaisse dans les journaux ou des pancartes, car vous parlez d'un député de la région et vous ne dites pas son nom !!!!!!! député ou pas, il est coupable de crime !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Talaat Dominique

    11 h 04, le 15 juillet 2013

Retour en haut