Josefina Mazzanti Nacif Nacouzi retourne dans son village de Mtein et réalise le rêve de son grand-père.
« C’est lui qui m’a motivé et m’a tout enseigné sur le Liban, toutes les histoires que lui avait contées son père. Il me parlait comme si je connaissais ce pays. Nous eûmes de longues conversations au cours desquelles il me racontait les cèdres, les montagnes, la mer et toute la beauté de ce charmant pays. Depuis ma petite enfance, écoutant ses histoires, j’ai commencé à aimer le Liban, même sans le connaître.
« Mon grand-père n’est jamais retourné au pays. Le fait que son propre père n’a jamais pu rentrer au Liban l’attristait et l’éloignait de sa patrie, sa culture et ses racines. J’ai fait partie d’un groupe de jeunes d’ascendance libanaise dans le but de contribuer à rendre à l’Argentine tout ce qu’elle avait donné à mon grand-père, et pour lutter afin que la beauté du Liban soit mieux connue de tous.
« Mon amour pour le Liban a toujours été immense, et je nourrissais le rêve de découvrir le pays d’origine de mes ancêtres. Le jour où mon grand-père mourut, je lui promis, ainsi qu’à Dieu, que je serai celle qui reviendrait à sa patrie, à ma patrie, que je serai la personne qui travaillerait inlassablement pour le Liban.
« C’est ainsi que j’ai commencé à travailler pour le Liban au sein de la Jeunesse libanaise de San Juan et avec la Jucal (Juventud de la Unión Cultural Argentino Libanesa). Nous sommes plus de 300 jeunes luttant pour la cause libanaise et aimant ce pays sans le connaître. Nous œuvrons à faire connaître le Liban non seulement comme un pays doté d’une belle nature, mais aussi celui d’un peuple hospitalier et fort, entreprenant et lutteur. Le Liban est beaucoup plus qu’un beau paysage, c’est une histoire faite de force, de persévérance et d’espérance.
« J’ai lutté longtemps et par tous les moyens pour être en mesure de faire le voyage au Liban, mais ma situation économique et celle des 299 autres jeunes de mon groupe est difficile, nous ne pouvions voyager aussi loin. Pour cela nous nous réunissions entre jeunes, trois fois par ans, dans une de nos villes pour partager et vivre ensemble durant trois jours le Liban en Argentine.
« Cela aussi requiert beaucoup d’efforts, parce que les distances en Argentine sont très grandes et les billets assez chers. Pour cela, nous organisions des ventes de mets libanais, ainsi que des événements et des shows, afin de pouvoir rejoindre nos frères. Ensemble, nous faisions revivre le souvenir de nos grands-parents qui, avec tant de douleur abandonnèrent leur patrie. J’ai passé beaucoup de temps à lutter, à rêver toutes les nuits que je foulerai le sol de ce pays, je demandais à Dieu de m’aider à accomplir ce rêve. Chaque fois que je m’imaginais y être, je ne pouvais contenir mes larmes.
Le rêve de 270 jeunes
« Aujourd’hui je suis ici au Liban, vivant la plus belle expérience de ma vie, réalisant le vœu ultime de mon grand-père. Je suis sûre qu’il sera fier de moi et que, depuis le ciel, il m’aide dans mes entreprises.
« Mais il y a un vide dans mon cœur et pour cela je suis triste, car je sais qu’en Argentine, il reste 270 jeunes qui rêvent de voyager au Liban et qui travaillent pour ce pays. Ils pleurent parce qu’ils ne sont pas aujourd’hui avec nous, avec moi. Je ne m’explique pas pourquoi ils se priveraient de ce voyage : ils travaillent pour un pays qu’ils ne connaissent pas, tout en l’aimant profondément. Ils sont disposés à faire tout leur possible pour venir ici.
« Je voulais partager cette histoire avec vous pour que vous sachiez que vous n’êtes pas seuls, que nos grands-pères ont laissé une semence bien enracinée et nous ont inculqué l’amour pour le Liban. En Argentine, 300 jeunes sont prêts à lutter pour notre cause commune. Ce sont 300 personnes qui aiment leur pays, qui luttent pour lui et qui demandent à Dieu, tous les jours, que le Liban prospère. »
Cette page est réalisée en collaboration avec l’Association RJLiban.
E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine