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À La Une - Éclairage

Un mois de ramadan de plus en Syrie... et au Liban

Pour la troisième année consécutive, le mois de ramadan arrive, et la Syrie est encore en crise. La violence a augmenté et s’est étendue à la plupart des provinces syriennes, mais les données sur le terrain sont en train de changer, de l’avis même des chancelleries occidentales. Le régime dont on annonçait la chute au mois de ramadan 2011 est en train de reprendre l’initiative dans plusieurs régions, notamment dans la province centrale de Homs et autour de la capitale Damas, alors que les conflits et les incidents se multiplient au sein de l’opposition entre les extrémistes du Front al-Nosra et les cadres de l’Armée syrienne libre.

 

Une source proche du Hezbollah estime que si, lors du déclenchement des événements de Syrie, la confusion régnait, aujourd’hui il est possible de voir clairement les développements.
La source proche du Hezbollah explique ainsi qu’il est maintenant clair que les Américains et les Européens, ainsi que les Israéliens sont derrière ce qui se passe en Syrie depuis le début. Ils considèrent en effet qu’ils ont un seul ennemi dans la région dont la tête est l’Iran, le corps la Syrie, et les bras et les jambes le Hezbollah et le Hamas. Ils ont commencé par tenter de couper les membres de cet ennemi en menant une guerre contre le Hezbollah en 2006 puis une autre contre le Hamas en 2009. En vain. Ils ont alors cru pouvoir s’en prendre à la tête en songeant à une attaque des sites nucléaires puis en multipliant les sanctions économiques. En vain. Ils ont alors décidé de porter un coup au corps, c’est-à-dire à la Syrie, dans le but de détacher la tête des membres et de les rendre ainsi inefficaces. Ils ont donc profité de ce qu’il est convenu d’appeler « le printemps arabe » en Égypte et en Tunisie, et surtout après l’expérience libyenne, pour lancer un mouvement similaire en Syrie.

 

C’est ainsi qu’ont commencé les premières manifestations pour des revendications démocratiques. Ceux qui ont élaboré le plan ont cru que le régime de Bachar el-Assad est fragile et qu’il tomberait rapidement comme celui de l’ancien raïs Hosni Moubarak. Mais en voyant que les manifestations ne parvenaient pas à mobiliser une foule nombreuse, ni à se doter d’une place symbolique pour mettre la pression sur le régime, les parrains du projet ont opté pour la révolte armée, croyant ainsi pouvoir en finir rapidement avec le régime. C’est dans ce contexte que l’ancien émir du Qatar avait déclaré devant de nombreux auditeurs en 2011 que le « mois de ramadan serait sanglant cette année en Syrie et que le régime sauterait à la fin du mois ».

 

Les événements n’ont pas évolué dans ce sens et les ennemis du régime ont alors décidé d’utiliser la carte du Conseil de sécurité pour couvrir une opération militaire limitée ou la création d’une zone d’exclusion aérienne. Mais ils se sont heurtés à l’opposition ferme de la Russie et de son alliée la Chine. Ils ont alors eu recours à la fibre religieuse et confessionnelle, la seule en mesure de mobiliser les foules et d’attirer les combattants. C’est ainsi qu’à la suite des appels au jihad lancés par plusieurs ulémas extrémistes, dont cheikh Youssef Qardaoui, les jihadistes de l’islam ont afflué vers la Syrie, venus de tous les coins du monde, grossissant les rangs de l’opposition au point de devenir le véritable noyau dur sur le terrain. Ce dernier plan a réussi puisque les jihadistes se sont montrés des combattants féroces, ne craignant pas la mort, puisqu’elle est la porte vers le paradis. Toutefois, leur mode de vie et leurs pratiques ont rapidement commencé à choquer la population syrienne elle-même qui a vite déchanté de l’opposition, ainsi que les parrains occidentaux qui ne peuvent pas couvrir de tels actes, ni une opposition islamiste que par ailleurs, ils combattent au Mali et qui a multiplié les attentats contre eux en Libye et en Afghanistan. Il y a bien une tentative de rectifier le tir et de pousser l’Armée syrienne libre à reprendre l’initiative et à chasser les islamistes, mais pour l’instant, il n’y a eu aucun développement significatif sur le terrain dans ce sens.

 

Au contraire. Les reportages et les analyses se multiplient dans les médias occidentaux pour évoquer l’affaiblissement de l’opposition, ses divergences internes et son incapacité à reprendre l’initiative, face aux forces du régime qui sont en train de gagner du terrain. D’ailleurs, après avoir exigé le départ du président syrien Bachar el-Assad, l’Occident se fait aujourd’hui plus discret sur la question, tout en se déclarant prêt à une solution politique négociée. C’est ainsi qu’a été lancée l’idée de la conférence de Genève 2. Mais le problème, comme l’a déclaré le nouveau chef de la Coalition nationale syrienne, Ahmad al-Jarba, c’est que l’opposition ne souhaite pas participer à cette conférence dans cet état de faiblesse et de division. Il faut donc lui permettre de remporter une victoire sur le terrain pour qu’elle puisse y participer. Mais comment ? L’afflux d’armes et de fonds est surtout en train de profiter aux extrémistes d’al-Nosra, qu’aucun pays occidental ne peut couvrir officiellement.

 

Dans ce contexte, la source proche du Hezbollah précise que le principal souci de l’Occident est aujourd’hui d’empêcher le régime syrien de remporter une victoire éclatante. Le compromis devrait donc reposer sur l’équation suivante : pas de grande victoire ni de grande défaite pour amener le régime et l’opposition à conclure un accord. Mais pour l’instant, rien n’indique qu’on s’approche d’une telle situation. C’est pourquoi le sang continue de couler, le régime voulant écraser l’opposition et celle-ci espérant encore changer la donne sur le terrain. La prochaine échéance politique sérieuse devrait avoir lieu en septembre, lors du sommet du G20. D’ici là, la violence devrait donc continuer... et le Liban s’apprêter à accueillir encore plus de déplacés, sur fond de tumulte politique et sécuritaire. Un été apparemment peu engageant en perspective...

 

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