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Liban - La Situation

Gouvernement : le tandem chiite prêt au compromis après l’explosion de Bir el-Abed

Sur le lieu de l’attentat, des messages adressés aux États-Unis. Photo Ibrahim Tawil

À toute chose malheur est bon, dit l’adage. En dépit de son ampleur et des failles sécuritaires qu’elle a dévoilées au grand jour dans un périmètre des plus verrouillés, l’explosion qui s’est produite à Bir el-Abed aura eu pour seul avantage de redynamiser en tant soit peu le processus de la formation du gouvernement, mis en veilleuse depuis plusieurs mois.


C’est ce que démontrent en tous les cas les activités des dernières 24 heures qui ont suivi l’incident de la banlieue sud, ainsi que les volontés combinées du président de la Chambre et du chef de l’État, conscients de l’urgence de mettre en place une équipe chargée de tenir le gouvernail.


Convaincu que la tragédie qui a frappé de plein fouet la banlieue sud dicte désormais le besoin d’accélérer la mise en place d’une nouvelle équipe dirigeante pour éviter au pays de sombrer dans un engrenage infernal, Nabih Berry s’est attelé à remettre la machine en marche. Lors de la réunion hebdomadaire du mercredi, il a laissé transparaître une détermination réelle de la part du tandem chiite de faciliter la formation du gouvernement. M. Berry avait pris soin auparavant d’annoncer clairement l’abandon du principe du tiers de blocage ainsi que la décision de négocier la gestation du gouvernement indépendamment du chef du CPL, désormais en conflit ouvert avec lui. Les sources proches de Aïn el-Tiné estiment d’ailleurs que M. Berry en a « ras le bol » du comportement de ce dernier, ce qui justifie la volonté de plus en plus marquée du tandem chiite de faire cavalier seul en matière de gouvernement.

 

(Reportage : « Il y avait du feu et de la fumée... mais nous sommes habitués à cela »)


À ce stade, M. Berry aurait déjà convenu avec le Hezbollah de confier les tractations au député Ali Hassan Khalil qui coordonnerait avec le Premier ministre désigné sur la base de deux principes : tout d’abord, la part de cinq ministres que se partageraient les deux formations chiites dans le cas d’un gouvernement de 24 membres ; ensuite, l’exigence d’une représentation directe du Hezbollah au sein de la nouvelle équipe.


Des sources proches du parti chiite assurent l’attachement de ce dernier à composer un nouveau gouvernement le plus tôt possible, et soulignent son désir de faire preuve d’ouverture et de bonne foi, à condition bien entendu que cette position puisse rencontrer au sein du 14 Mars une volonté similaire. Le Hezbollah craint en effet que le 14 Mars ne cherche à lui renvoyer la balle en l’accusant de se cacher derrière l’obstination du camp aouniste en cas d’obstruction du processus.


Encore faut-il que ce dernier puisse réduire ses conditions rédhibitoires et à y mettre du sien, d’autant que son conflit avec les autres composantes du 8 Mars devient de plus en plus explicite. C’est Michel Aoun lui-même qui l’a exprimé ouvertement lorsqu’il a affirmé qu’il est d’accord avec ses alliés sur les questions stratégiques mais pas sur les dossiers internes. Il reste à savoir si l’affaire de l’implication du Hezbollah à Qousseir, que le CPL conteste, est classée par le général Aoun dans les enjeux stratégiques ou sur la liste des sujets conflictuels internes. Les mêmes sources croient savoir que le CPL revendique aujourd’hui 5 ministres, une demande que le Premier ministre désigné ne serait pas disposé à lui accorder.

 

(Chronologie : Les répercussions du conflit syrien sur le Liban)


L’autre obstacle à contourner par Tammam Salam est celui que brandiront les forces du 14 Mars, qui persistent et signent : pas de gouvernement avec le Hezbollah, pas de gouvernement d’ailleurs avec aucune autre formation politique. Une position exprimée par le député Ahmad Fatfat, qui a répercuté hier l’avis transmis par Fouad Siniora au Premier ministre désigné.  « Nous avons essayé la formule d’un gouvernement d’union nationale qui a échoué. Nous avons également expérimenté le gouvernement monochrome qui s’est également avéré être un fiasco », a assuré le député avant de se prononcer en faveur d’un gouvernement « à l’image » du président et du Premier ministre désigné. Pour lui, la balle est « dans leur camp, et à eux de trancher ».
Les alliés du 14 Mars restent d’ailleurs convaincus que la dislocation apparente du camp du 8 Mars n’est qu’un bluff visant à obtenir, de manière détournée, le tiers de blocage. Par conséquent, si le Hezbollah décide de claquer la porte, les ministres du CPL suivront, au nom de l’alliance stratégique contractée entre les deux formations, s’inquiète Ahmad Fatfat.


Entre-temps, l’explosion meurtrière de Bir el-Abed continue de préoccuper les milieux sécuritaires et politiques, d’autant que les informations qui circulent à ce propos n’ont rien de rassurant. L’éventualité d’attentats visant la banlieue sud avait été sérieusement envisagée dans des rapports en provenance de puissances extérieures transmis aux services libanais et, par là, au Hezbollah, qui n’ont vraisemblablement pas réussi à les prévenir et à les démonter à temps. La série noire risque de se poursuivre, assurent les services de renseignements. Pour l’heure, c’est la piste fondamentaliste qui est retenue par les enquêteurs. La paranoïa est déjà en place.

 

 

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À toute chose malheur est bon, dit l’adage. En dépit de son ampleur et des failles sécuritaires qu’elle a dévoilées au grand jour dans un périmètre des plus verrouillés, l’explosion qui s’est produite à Bir el-Abed aura eu pour seul avantage de redynamiser en tant soit peu le processus de la formation du gouvernement, mis en veilleuse depuis plusieurs mois.
C’est ce que démontrent en tous les cas les activités des dernières 24 heures qui ont suivi l’incident de la banlieue sud, ainsi que les volontés combinées du président de la Chambre et du chef de l’État, conscients de l’urgence de mettre en place une équipe chargée de tenir le gouvernail.
Convaincu que la tragédie qui a frappé de plein fouet la banlieue sud dicte désormais le besoin d’accélérer la mise en place d’une nouvelle équipe...
commentaires (8)

J'ai comme l'impression ..que c'est trop beau pour être vrai...

M.V.

17 h 07, le 11 juillet 2013

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Commentaires (8)

  • J'ai comme l'impression ..que c'est trop beau pour être vrai...

    M.V.

    17 h 07, le 11 juillet 2013

  • Faut-il chaque fois tuer des gens pour pousser les tribus à un accord concernant la formation du gouvernement ? Vrai pays de fous dirigeants irresponsables . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    15 h 48, le 11 juillet 2013

  • Si "le tandem chiite est prêt au compromis après l’explosion de Bir el Abed", c’est que le message de la voiture piégée est bien passé. Le grand amour entre Berry et Aoun n’a pas existé ; celui-ci pourrait avoir une autre marge de manœuvre en profitant encore des bêtises du 14 Mars dont ils ont le secret comme celle-ci "pas de gouvernement avec le Hezbollah…" Comment exclure pendant ces heures sombres, le Heßbollah, un parti aussi incontournable ? Sauf si le Hezbollah veut se consacrer uniquement à la lutte armée ! Tout se précise au moment des élections législatives (dossiers internes) et à mon avis les alliances restent les mêmes. En attendant, " La paranoïa est déjà en place."

    Charles Fayad

    13 h 59, le 11 juillet 2013

  • GMA,gMA,gmA,gma,ma,a...

    GEDEON Christian

    10 h 22, le 11 juillet 2013

  • PRIÈRE LIRE : MA BI7IK JILDAK ILLA DIFRAK... MERCI.

    SAKR LOUBNAN

    09 h 21, le 11 juillet 2013

  • ABANDONNER LE TIERS DE BLOCAGE ET NÉGOCIER SANS LE CPL ! LÂCHAGE DES PLUS ODIEUX ! Où SONT PARTIS LES EMBRASSADES CHALEUREUSES DE LA SIGNATURE DU FAMEUX "DOCUMENT" ? ON N'A PLUS BESOIN DU GÉNÉRALOPARAVENT-ISSIME ET ON LE SACRIFIE SUR L'AUTEL DES INTÉRÊTS PROPRES ! VOYONS SI LE GÉNÉRALOPARAVENT-ISSIME A APPRIS LA LEçON... MA BI7IKAK ILLA JILDAK... ALLEZ... POUR UN FRONT UNI CHRÉTIEN...

    SAKR LOUBNAN

    08 h 48, le 11 juillet 2013

  • LA SITUATION. Plus que jamais c'est la pagaille dans la politique libanaise. On ne sait plus qui est l'allié de qui, ni allié en quoi ou sur quoi. Ce qui est sûr c'est que le tandem chiite Amal-Hezbollah a lâché le général Aoun et lui a dit : "débrouillez-vous tout seul". Pour sauver la face -et autre chose- des députés du CPL et du Hezbollah s'évertuent, par des tournures de phrases tortueuses, à expliquer cet état de choses. "Nous ne sommes plus alliés sur le plan interne, disent-ils, mais continuons à l'être sur le "plan stratégique". Allez comprendre ! Devant cette étrange innovation en politique, les journalistes sont pris d'étonnement et demandent : "Et la participation du Hezbollah à la guerre en Syrie dans le cadre des visées stratégiques de l'Iran (et qui ouvre toutes les portes de l'enfer pour le Liban, Bir el-Abed n'en étant qu'une toute petite fenêtre), fait-elle partie ou non du dit "plan stratégique" ? Aucune réponse là-dessus. Il y a un joli mot en portugais pour traduire "pagaille"; c'est "bagunça". Et c'est bien ça : la politique au Liban est une grande "bagunça". Bonne journée.

    Halim Abou Chacra

    05 h 13, le 11 juillet 2013

  • AOUN A 2 GENDRES ET 2 FILLES CE QUI FAIT 4 PERSONNE. POURQUOI IL REVENDIQUE 5 MINISTRE POUR QUI LE CINQUIÈME ?

    Gebran Eid

    04 h 10, le 11 juillet 2013

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