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Liban - L’Éclairage

Accusations en cascades entre 8 et 14 Mars après l’attentat de Bir el-Abed

« Vos attentats nous tuent mais ne nous font pas mal » ; « États-Unis, restez loin du Liban », pouvait-on lire sur des calicots accrochés près du lieu de l’explosion. Photo Ibrahim Tawil

La charge explosive qui a frappé le cœur de la banlieue sud est sans nul doute un message destiné au Hezbollah, le cinquième à ce jour, en guise de réponse directe à la participation du parti chiite à la bataille de Qousseir.
Selon des responsables sécuritaires, l’attentat de Bir el-Abed n’est que le début d’une nouvelle série d’attentats, les exécutants ayant désormais réussi à percer le système sécuritaire jadis impénétrable imposé dans les régions du parti de Dieu, en dépit des mesures de sécurité draconiennes et préventives prises par ce dernier.
Bien que le commandement du Hezbollah et les forces de l’ordre aient été préalablement informés d’éventuels attentats visant le parti chiite dans son propre fief, ils n’ont pas réussi à prévenir et à empêcher l’explosion de mardi dernier. Celle-ci devait porter le coup de grâce aux relations entre sunnites et chiites, comme l’a démontré la campagne frontale menée par les habitants de la banlieue sud contre des figures sunnites emblématiques auxquelles ils ont fait assumer la responsabilité du crime.
Déployées en toute hâte, les forces de l’ordre chargées de la banlieue sud ont imposé un cordon sécuritaire empêchant les journalistes – sauf ceux de la chaîne de télévision du Hezbollah, al-Manar, qui ont eu l’exclusivité de la transmission en direct – d’accéder aux lieux de l’attentat. Les médias ont été ainsi contraints de se référer à la chaîne du parti chiite pour recueillir les informations. Le Hezb a ainsi fait en sorte d’empêcher toute fuite et de distiller lui-même les informations qui parvenaient à la presse, assure un observateur.
Comme à l’accoutumée, les services de sécurité « occultes » se sont dépêchés de faire le nécessaire en recueillant tous les éléments pouvant aider l’enquête avant l’arrivée des forces légales.
À la faveur de la panique qui a saisi les habitants de la banlieue sud suite à cette explosion, les responsables du Hezbollah se sont vu contraints de minimiser l’ampleur de l’incident, se hâtant d’accuser Israël, les États-Unis et les takfiristes d’en être responsables.
Quoi qu’il en soit, le message a été bien reçu, assure un responsable sécuritaire, qui précise qu’il fallait clairement démontrer à la partie concernée qu’il est tout à fait possible de répondre à son implication en Syrie, en ciblant le parti chiite au cœur de son fief. Le message suggère en outre une mise en garde, à savoir qu’il ne s’agit là que d’une première réaction qui sera suivie par d’autres si le Hezbollah ne renonce pas à sa participation aux combats en Syrie aux côtés du régime syrien, en retirant ses combattants. Des éléments qui ont fait l’objet de rapports parvenus aux services de sécurité libanais.
Dans les milieux du 14 Mars, on ironise sur le fait que les députés du Hezbollah ont cherché en vain à faire croire que la banlieue sud ne se dérobe point à l’autorité de l’État. Preuve en est, dira un député du parti, la présence des services de sécurité officiels dépêchés sur les lieux pour enquêter et recueillir les éléments de preuves sur la scène du crime. Le camp du 14 Mars affirme pour sa part qu’aux fameuses chemises noires ont été substitués les porteurs de bérets rouges, une manière de dire que la présence du Hezbollah était occulte et dissimulée par les forces de l’ordre qui en référaient pour le moindre détail aux « forces du fait accompli ».
Les figures politiques du 8 Mars n’ont pas attendu pour lancer une attaque virulente contre leurs adversaires politiques, en particulier le courant du Futur, faisant imputer à ce dernier la responsabilité de la campagne de dénigrement visant l’armée après que cette dernière eut investi le QG d’Ahmad el-Assir.
Dans certains milieux du 8 Mars, on estime que l’explosion de Bir el-Abed est une conséquence directe des incidents de Abra, les forces du 14 Mars étant responsables d’un attentat survenu immédiatement après la réunion élargie tenue par leurs assises au domicile de la députée Bahia Hariri et au cours desquelles « des décisions secrètes » auraient été prises.
Le 8 Mars accuse aujourd’hui ouvertement le camp adverse de parrainer le fondamentalisme sunnite et de chercher à ternir l’image de l’institution militaire pour empêcher, par ricochet, le renouvellement du mandat du commandant en chef de l’armée, de manière à créer un vide à la tête de cette institution. Selon eux, les propos de Saad Hariri qui s’était prononcé en faveur du renouvellement du mandat du général Jean Kahwagi n’étaient que de la poudre aux yeux.
Une accusation que reproduisent illico les forces du 14 Mars en reprochant à leurs adversaires de chercher à généraliser le vide institutionnel, y compris à la tête de l’institution militaire.
La charge explosive qui a frappé le cœur de la banlieue sud est sans nul doute un message destiné au Hezbollah, le cinquième à ce jour, en guise de réponse directe à la participation du parti chiite à la bataille de Qousseir.Selon des responsables sécuritaires, l’attentat de Bir el-Abed n’est que le début d’une nouvelle série d’attentats, les exécutants ayant désormais réussi à percer le système sécuritaire jadis impénétrable imposé dans les régions du parti de Dieu, en dépit des mesures de sécurité draconiennes et préventives prises par ce dernier.Bien que le commandement du Hezbollah et les forces de l’ordre aient été préalablement informés d’éventuels attentats visant le parti chiite dans son propre fief, ils n’ont pas réussi à prévenir et à empêcher l’explosion de mardi dernier....
commentaires (4)

Ma Curiosity va bien au-delà de mars...!

M.V.

17 h 10, le 11 juillet 2013

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Commentaires (4)

  • Ma Curiosity va bien au-delà de mars...!

    M.V.

    17 h 10, le 11 juillet 2013

  • ET à propos...où est donc passé Assir ? c'est fou çà, on n'en parle presque plus...Assir,Assir,où es tu? on dirait bien que çà arrange tout le monde que tu ne sois nulle part.. Non?

    GEDEON Christian

    16 h 58, le 11 juillet 2013

  • L'ABRUTISSEMENT LES FRAPPE TOUS DE PLEIN FOUET !

    SAKR LOUBNAN

    13 h 28, le 11 juillet 2013

  • Y a rien à dire...ils sont tous bêtes à manger du foin..

    GEDEON Christian

    10 h 12, le 11 juillet 2013

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