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À La Une - Rapport

Pour 85% des Libanais, la corruption a empiré ces deux dernières années

La phénomène s’est aggravé dans la plupart des pays arabes, souligne Transparency International.

Plus d'une personne sur deux (53%) estime, à travers le monde, que la corruption s'est aggravée en deux ans. Reuters

La corruption s'est aggravée dans la majeure partie des pays arabes, notamment au Liban, depuis les révolutions en 2011, alors même que la colère de la population envers une élite corrompue avait été l'une des raisons majeures de ces soulèvements, note l'ONG Transparency International dans un rapport.

 

Sur quatre pays qui ont connu des changements de régime à la faveur du printemps arabe, une majorité de personnes interrogées dans trois d'entre eux - Égypte, Tunisie et Yémen - estime que le niveau de corruption a augmenté durant les deux dernières années.

 

En Égypte, 64% des sondés jugent que la corruption s'est aggravée. En Tunisie, cette proportion monte à 80%. L'exception est la Libye, où seulement 46% des personnes interrogées pensent que leur pays est plus corrompu maintenant que sous le régime de Mouammar Kadhafi.

 

En Égypte, 78% pensent que la police est corrompue voire extrêmement corrompue. La proportion est de 65% pour l'appareil judiciaire et de 45% pour l'armée, l'une des institutions les plus respectées du pays, qui a déposé mercredi dernier le président Mohamed Morsi.

 

L'enquête traduit également une montée du désenchantement dans nombre de pays arabes qui n'ont pas connu de soulèvement, mais où le "printemps arabe" n'en a pas moins accru les tensions politiques.

Au Liban, 85% des personnes interrogées trouvent que la corruption a empiré ces deux dernières années.

Selon le rapport, 69% des Libanais estiment que l'appareil judiciaire est corrompu, et 68% pensent que les partis politiques, le Parlement, les services de santé et les fonctionnaires sont corrompus. Ils sont un même pourcentage à penser que la corruption affecte les affaires, 67% que le système éducatif est corrompu, 65 % que les médias, les entités religieuses et la police le sont, et 63 % à estimer que l'armée et les ONG le sont aussi.

 

Au Maroc, 56% des personnes estiment que la corruption à augmenté ces deux dernières années, contre 60% en Irak. Le ratio n'est en revanche que de 39% en Jordanie, où 44% pensent que le niveau de corruption est resté le même. Cette enquête, fondée sur un échantillon d'un millier de personnes dans chaque pays, a été réalisée de septembre 2012 à mars dernier.

 

Globalement, plus d'une personne sur deux (53%) estime, à travers le monde, que la corruption s'est aggravée en deux ans.

Au cours des douze derniers mois, 27% des personnes interrogées pour ce baromètre mondial de la corruption affirment avoir dû verser un pot-de-vin pour accéder à certains services publics ou à certaines institutions. Dans 51 pays, les partis politiques sont considérés comme l'institution la plus corrompue et 55% des personnes interrogées pensent que l'action du gouvernement obéit à des intérêts particuliers.

 

"Les États doivent prendre au sérieux les voix qui s'élèvent contre la corruption et entreprendre des actions concrètes pour favoriser la transparence et inciter l'administration à rendre des comptes aux citoyens", avertit Huguette Labelle, présidente de Transparency international, citée dans un communiqué publié à Berlin au siège de l'ONG.

 

Transparency International recommande, entre autres, aux responsables politiques de rendre publiques leurs déclarations de patrimoine ainsi que celles de leur famille. Elle estime en outre que les formations politiques doivent déclarer leurs sources de financement et leurs revenus "de manière à indiquer clairement qui les finance et révéler ainsi les conflits d'intérêts potentiels".

 

Le regard que portent les citoyens sur l'action de leurs dirigeants pour lutter contre la corruption est plus sévère qu'avant le début de la crise financière en 2008, selon la même source. Ainsi, 31% d'entre eux jugeaient il y a cinq ans que l'action de leur gouvernement pour lutter contre la corruption était efficace. Mais ils ne sont plus que 22% à l'heure actuelle.

 


Pour mémoire

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