Au lendemain de l’invalidation de ses comptes de campagne par le Conseil constitutionnel, Nicolas Sarkozy est sorti de sa réserve en publiant hier un message sur son compte Facebook dans lequel il dénonce une « situation inédite » sous la Ve République et se déclare prêt à se « mobiliser » pour sauver l’UMP.
Pendant ce temps, de Tunis, le président François Hollande a appelé l’ensemble de la classe politique française à respecter les décisions du Conseil constitutionnel, qui « doit être respecté, pleinement respecté, entièrement respecté et personne ne peut suspecter, mettre en cause cette institution sans mettre en cause l’ensemble des institutions ».
Dès lundi, Nicolas Sarkozy sera présent à la réunion extraordinaire du bureau politique de l’UMP. Élargie à tous les parlementaires du parti, cette réunion doit se tenir à 17h00 au siège de la formation.
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Le message sur Facebook est suffisamment explicite pour laisser percer la colère de l’ancien chef de l’État, le seul à s’être jamais fait refuser ses comptes de campagne. Mais aussi suffisamment prudent, à quatre ans de la prochaine élection présidentielle à laquelle il pourrait aspirer à se présenter, pour ne pas dévoiler la façon dont il va s’y prendre. Selon M. Sarkozy, la décision du Conseil, qui prive l’UMP d’une dotation publique de 11 millions d’euros, crée « une situation inédite sous la Ve République » et « met en péril la formation qui doit préparer l’alternance tellement nécessaire au socialisme. Je dois assumer mes responsabilités en m’engageant pour la garantie d’une expression démocratique libre dans notre pays. Je vous demande de m’aider en vous mobilisant, comme je vais le faire, à cette fin », affirme l’ancien président. Dès l’annonce de la décision, Jean-François Copé, le président de l’UMP, est allé s’entretenir avec M. Sarkozy dans ses bureaux parisiens, les deux hommes décidant de lancer « une grande souscription nationale », mise en ligne le soir-même sur le site du parti. Une autre réunion entre MM. Sarkozy et Copé et leurs collaborateurs a eu lieu hier également, toujours dans les bureaux de l’ex-président.
Pendant ce temps, le maire UMP de Bordeaux Alain Juppé s’est lui abstenu hier de critiquer la décision du Conseil constitutionnel, estimant que « ses décisions s’imposent à tous », tandis que le président François Hollande a appelé à respecter le Conseil. La garde des Sceaux Christiane Taubira lui a de son côté réclamé hier « un effort de dignité au nom de l’intérêt général ».
Avec sa décision de ne plus siéger au Conseil constitutionnel dont il est membre de droit en tant qu’ancien président, M. Sarkozy n’est plus tenu au devoir de réserve auquel les Sages de la rue Montpensier sont soumis. Jeudi dans un communiqué, il avait expliqué qu’il démissionnait du Conseil précisément pour « retrouver sa liberté de parole ». À deux reprises, pourtant, M. Sarkozy était sorti de cette réserve imposée, la première fois le 8 août 2012 pour critiquer en creux l’immobilisme supposé de François Hollande dans la crise syrienne, la deuxième, le 25 mars dernier. Quatre jours après sa mise en examen dans un des volets de l’affaire Bettencourt, il avait assuré « qu’à aucun moment » dans sa vie publique il n’avait « trahi les devoirs » de sa charge.
« Envie, devoir, circonstances »
Poster un message sur Facebook, c’est s’assurer une large audience, mais sans le côté officiel que revêtirait une déclaration dans la presse ou à la télévision par exemple. Selon plusieurs de ses proches, Nicolas Sarkozy comptait adresser un message à sa famille politique, mais ne devrait faire ni 20h00 à la télévision, ni tribune, ni interview. Pour que l’ancien président puisse revenir sur la scène politique dans la perspective de la présidentielle de 2017, son ami Brice Hortefeux a l’habitude de dire qu’il faut trois conditions, « l’envie, le devoir, les circonstances », actuellement pas forcément réunies, affirmant au passage que Nicolas Sarkozy est « la cible de tous les pouvoirs ». Il faut aussi que Nicolas Sarkozy prouve qu’il a changé. Beaucoup de ses électeurs de 2007, qui lui reprochaient son hyperactivité, avaient préféré voter pour un adversaire socialiste « normal » en 2012. Sortir du bois trop vite, trop fort, risquerait de renvoyer la même image de lui aux Français. « M. Sarkozy prend ses distances avec le Conseil constitutionnel, cela ne signifie en rien qu’il revient dans la politique partisane », a assuré Geoffroy Didier, secrétaire général adjoint de l’UMP et l’un de ses fervents partisans. « Paradoxalement, c’est peut-être un mal pour un bien. Une dynamique positive est en train de se créer. Ça va mobiliser encore davantage les électeurs de droite autour de Sarkozy », qui reste le favori des sympathisants de droite dans tous les sondages, veut croire un élu UMP.
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Pendant ce temps, de Tunis, le président François Hollande a appelé l’ensemble de la classe politique française à respecter les décisions du Conseil constitutionnel, qui « doit être respecté, pleinement respecté, entièrement respecté et personne ne peut suspecter, mettre en cause cette institution sans mettre en cause l’ensemble des institutions ».Dès lundi, Nicolas Sarkozy sera présent à la réunion extraordinaire du bureau politique de l’UMP. Élargie à tous les parlementaires du...

